Erythrée: Procès du «passeur» érythréen - La justice italienne reconnaît l'erreur d'identité

La cour d'assises de Palerme a reconnu ce vendredi 12 juillet une erreur d'identité dans l'affaire d'un Érythréen accusé d'avoir dirigé un vaste réseau de passeurs.

Son principal tort aura finalement été de porter le même prénom qu'un célèbre trafiquant de migrants. Pour les soutiens de Medhanie Tesfamariam Berhe, jugé devant la cour d'assises de Palerme, l'heure est au soulagement. Car l'homme derrière les barreaux depuis trois ans encourait 14 années de prison et 50 000 euros d'amende selon les réquisitions.

En juin 2016, les autorités italiennes avaient fièrement annoncé l'arrestation au Soudan d'un trafiquant du nom de Medhanie Yehdego Mered, après des années d'enquête sur ces réseaux qui ont envoyé des centaines de milliers de migrants en Europe, et des milliers à la mort. L'homme arrêté et jugé en Italie était soupçonné en particulier d'avoir affrété le bateau dont le naufrage avait fait plus de 366 morts le 3 octobre 2013 devant l'île de Lampedusa.

Mais au regard des nombreux éléments apportés par la défense - des témoignages, des photos, un test ADN -, le jury a admis qu'il y avait bien erreur sur la personne. L'Érythréen Medhanie Tesfamariam Berhe n'était pas Mered.

La cour d'assises de Palerme a tout de même reconnu le jeune homme coupable d'aide à l'immigration, pour avoir échangé par téléphone avec un passeur libyen. Mais la détention préventive déjà effectuée par Medahnie Tesfamariam lui permet de retrouver immédiatement la liberté.

Son avocat l'a accueilli à sa sortie de prison et a déclaré avoir déposé une demande d'asile, par crainte de le voir expulsé dès sa libération. L'un des soutiens de Medhanie Tesfamariam Berhe, contacté par téléphone, a fait part de sa joie. Mais aussi mêlée d'une pointe de tristesse, car tout cela n'aurait jamais dû se produire, a-t-il dit.

Des procureurs avaient accusé la presse de mener « une campagne pour couvrir le trafiquant » en relayant les incohérences de l'accusation. Ils avaient dénoncé nommément la militante et journaliste érythréenne Meron Estefanos, qui depuis le début, aide l'avocat du prévenu. Aujourd'hui, elle envisage à son tour poursuivre les procureurs, tout comme Medhanie.

« Oui, je le veux, bien sûr, c'est de la diffamation. Ils m'ont accusée d'aider un passeur alors que tout le monde sait que je combats les passeurs et trafiquants d'humains. Donc c'est insultant et ils m'ont accusée de mentir, ils m'ont accusée de manipuler les réfugiés qui témoignaient pour leur expliquer ce qu'ils devaient dire. Donc ce sont des accusations très sérieuses qu'ils ont lancées. Il était question d'action ou d'enquête contre moi, mais ils sont revenus en arrière en moins de 24h parce que c'est un mensonge. Ils voulaient juste me diffamer. Oui, bien sûr, nous allons discuter des poursuites qu'on peut engager contre les procureurs, et tout le monde impliqué dans cette affaire d'ailleurs. La Suède a été impliquée, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie, l'Angleterre. Il y a eu tellement de pays impliqués dans ce dossier et aujourd'hui il doivent indemniser Medhanie aussi vous comprenez ? »

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