Afrique Centrale: Mogherini et Touadera lancent les projets de soutien au retour de l'État

La Centrafrique recevait vendredi 12 juillet la visite de Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente (sortante) de la Commission européenne. Elle s'est rendue dans la ville de Bouar avec le président de la République Faustin Archange Touadera. Une visite qui avait notamment pour objet le lancement de projets européens d'appui à la restauration de l'autorité de l'État.

Avec la rénovation du camp Leclerc et la construction d'armureries, le lancement des formations de l'armée en province par l'EUTM (Mission de formation de l'Union européenne) fait partie des projets européens. 500 nouvelles recrues Faca seront formées par l'EUTM en province. C'est une première, cela ne se faisait qu'à Bangui jusqu'à présent. À cette occasion, le général français Eric Peltier, le nouveau commandant qui a pris ses fonctions lundi, a pris la parole :

C'est d'abord l'émotion, l'émotion de l'officier européen et français, que je suis, parce qu'il y a 22 ans, ici même, capitaine parachutiste français, je quittais le camp Leclerc. Vingt-deux ans plus tard, général d'une mission européenne, je participe à sa réouverture. le deuxième sentiment, c'est la satisfaction. Satisfaction d'un chef qui voit sa mission entrer dans une nouvelle ère. Porteuse d'espoir, cette nouvelle ère est aussi porteuse d'un véritable enjeu, parce que le lancement de cette formation constitue un investissement pour l'avenir. Nous formons aujourd'hui les Faca de demain. Cette formation doit être marquée du sceau de l'exemplarité, gage de crédibilité de cette armée centrafricaine en reconstruction. Il s'agit de reprendre pied en province. Notre action ne s'arrêtera pas à Bouar, elle ne doit pas s'arrêter à Bouar. Nous poursuivrons le redéploiement des Faca sur l'ensemble du territoire centrafricain. Notre action s'inscrit dans le temps long en refusant une stratégie de coût.

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a détaillé les objectifs de ce soutien de l'UE en RCA :

« Toutes ces actions qui constituent un effort global de plus de 20 millions d'euros dont 12 millions sur Bouar, sont des contributions directes au retour effectif de l'État. Et en ce qui concerne les capacités de stockage de l'armement en attente des benchmark, définies par le Conseil de sécurité des Nations unies en vue de l'assouplissement du régime de sanctions qui s'applique à la RCA. »

Ces investissements sont faits dans le cadre de la vision politique des autorités centrafricaines, comme l'a rappelé le président Touadera : « La restauration de l'autorité de l'État, la création d'une armée républicaine et inclusive, le retour de la sécurité par la reconstruction et le déploiement des forces de défenses et de sécurité restent ma priorité. L'appui aux Faca et aux forces de sécurités intérieures, la réalisation de la vision d'une armée de garnison restent au cœur de nos préoccupations et de nos actions quotidiennes. C'est le message de cette visite et de la cérémonie d'aujourd'hui. Bouar et la citadelle du camp Leclerc étaient un symbole pour le pays. Un symbole de l'État. »

Bouar est une pierre symbolique importante dans ce pays encore contrôlé majoritairement par les groupes armés. Et où les autorités tentent de reprendre petit à petit le contrôle.

À Bouar a été officiellement installé le Comité de mise en œuvre préfectorale de la région voulu par l'accord de paix. Avec la fin du désarmement dans la zone, il devrait permettre le lancement prochain des unités spéciales mixtes de sécurité.

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