Cote d'Ivoire: UNJCI - Laissez les journalistes choisir à partir des programmes, les gens veulent nous diviser (JC Coulibaly)

Jean Claude Coulibaly tête de liste de l"'Union de toutes les générations" à la présidence de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (Unjci) a rencontré les journalistes de Le Patriote, le journal dans lequel il exerce, pour leur partager sa vision le mercredi 10 juillet 2019.

Il a fait savoir à cette occasion qu'il n'est pas candidat du Rhdp comme certaines personnes le laissent entendre. Il s'est également prononcé sur le limogeage de son adversaire Franck Ettien du journal Le Rassemblement . Ci-dessous un extrait de son intervention.

« Vous savez, l'intolérance est la mère de l'ignorance. Ceux qui le disent, ils ne savent pas comment l'Unjci fonctionne. À l'Unjci, il n'y a jamais eu de politique et il n'en aura jamais. L'Unjci, c'est la confraternité.

Nos pères ont créé l'Unjci pour préserver la confraternité, pour éviter que dans nos différentes rédactions on soit catalogué et on soit instrumentalisé par le politique. Yao Noël, Diégou Bailly, Honorat De Yedagne et les autres ont créé Unjci pour faire sortir la politique du milieu des journalistes.

C'est pourquoi l'Unjci est une association apolitique. Et mieux pour vraiment surmonter toutes ces difficultés et ces interférences du non politique dans notre association, tu regardes bien dans les textes, pour constituer ton équipe, tu dois t'entourer de toutes les sensibilités de sorte que si tu es élu, ton conseil exécutif, ce n'est pas seulement une seule sensibilité politique qui s'y trouve; pour veiller les uns et les autres sur la confraternité, sur l'immixtion de la politique dans notre milieu .

Mon directeur central de campagne c'est Pierre Le Mauvais de la Voie originale. Regardes sur ma liste, je suis obligé de composer avec les personnes de "Notre Voie", "La Voie Originale", " Le temps". Je suis obligé de composer avec les gens de tous les bords politiques, les radios confessionnelles, les radios de proximité etc. Mais qui ont une sensibilité qui est différente de ma sensibilité.

Donc, celui qui dit que je suis le candidat du Rhdp, c'est tout faux. Il ne connaît pas comment l'Unjci fonctionne. Tous les présidents qui ont succédé à l'Unjci avaient une coloration politique. Yao Noël, il était proche du Pdci. Quand il a été nommé au bureau politique du Pdci en son temps, il a dû rendre sa démission, et c'est comme cela que Diégo Bailly, paix à son âme qui est proche du Fpi a pris les rênes de l'Unjci.

Ensuite, Honorat De Yedagne , le chantre de la confraternité. Pour lui, un journaliste doit être neutre et objectif. Ni neutre ni partisan. Quand il est arrivé, on connaît ses amitiés avec Laurent Gbagbo, il a géré l'Unjci comme nous le savons. Ensuite, il y a eu Amos Béonaho, directeur de publication à l'époque de " Soir Info" et on connaissait son inclinaison politique, il a géré l'Unjci.

Par la suite, il y a eu Criwa Zeli paix à son âme, il n'a jamais caché sa sympathie par rapport au Fpi. Ensuite, il y a eu Mam Camara, sa sympathie pour la gauche démocratique n'est pas à démontrer . Moussa Traoré est arrivé et tout le monde connaît sa sensibilité politique. De tous ces présidents, je dis bien personne n'a fait de l'Unjci un appendice d'un parti politique encore moins d'un pouvoir politique. Personne!

Nous avons vu Moussa Traoré ici devant les combats. La loi sur la presse devait être votée, il y avait des choses qui manquaient et puis il y avait des choses qui avaient été glissées. Mais il s'est retrouvé à l'Assemblée nationale avec une banderole, avec tout le monde pour dire qu'on ne pouvait pas être d'accord. Il y a des journalistes qui ont failli être jetés à la Maca. On sait ce que Traoré Moussa a fait pour ces journalistes. Nous savons les posts que nous avons postés sur Facebook pour dire que nous ne sommes pas d'accord. Comprenez qu'on est d'abord journaliste.

Les gens veulent nous diviser. Ils veulent nous faire un écran de fumée, faire de l'enfumage pour nous faire perdre l'essentiel. Nous sommes rentrés dans ces genres de considérations, où cela nous a amené ?

Aujourd'hui, tu fais dix ans, vingt ans dans le métier, tu es toujours le même, tu n'es même pas capable de construire une maison encore moins d'en acheter. Tu n'es même pas capable d'assurer un avenir à tes enfants alors que ce pays est riche. Regardez tous nos amis qui ont fait la Fac avec nous, qui ont un Bac+ 3, BAC+4 comme nous et qui ont décidé d'embrasser la carrière de Magistrat, d'avocat, de médecin. Ils sont unis là-bas. C'est dans la presse seulement, on voit des divisions, des querelles inutiles. On est prêt à faire palabres des gens, mais nous, nos problèmes, on n'en parle pas. On est prêt à parler du problème des autres mais quand il s'agit de nos problèmes, on n'en parle pas.

Moi, ce que je vous dis, je ne suis pas venu pour diviser. Je ne suis pas le candidat d'un camp. Je suis le candidat des journalistes. Si j'ai décidé de devenir le président de l'Unjci, c'est parce que je veux défendre les intérêts des journalistes. Je suis venu vous donner ma vision.

Ma vision, c'est qu'on arrête le soit disant pacte avec la pauvreté que nous avons tissé. Nous n'avons pas tissé un pacte avec la pauvreté. Ce pays est riche, ce pays peut nous donner 6 milliards voire 10 milliards pour que nous ayons un niveau de vie. Et le modèle que je viens de vous citer existe ailleurs dans les pays qui ne sont pas plus nantis que la Côte d'Ivoire. Pourquoi la Côte d'Ivoire ne peut pas faire ça ? C'est parce qu'on ne se prend pas au sérieux.

On rentre dans des combats par procuration, comme je viens de l'entendre : candidat du Rhdp, cela signifie quoi ? Dans l'Unjci, candidat du Rhdp, cela signifie quoi ? Cela signifie que Yao Noël était candidat du Pdci. Cela signifie que Diegou Bailly , Amos Béhonao, Honorat De Yedagne , Criwa Zeli étaient des candidats du Fpi ? Cela signifie que Mam Camara qui est proche de la gauche est avec la sympathie de la constance est avec la gauche démocratique ? Cela signifie que Moussa Traoré est le candidat du Rdr ? Il faut que cela s'arrête !

Il ne faut pas se tromper de combat. Ils veulent nous diviser. Il y a des gens qui pensent qu'ils peuvent utiliser ces artifices pour pouvoir atteindre leur objectif. Moi, je ne suis pas venu pour m'amuser à la tête de l'Unjci. Je vois le malheur, je vois la souffrance des journalistes de Côte d'Ivoire. Et, j'estime que pour mon passé syndical, ce n'est pas normal.

Nous avons un outil qui est l'Unjci, qui est solide, qui est crédible qui constitue une force. Si nous nous mettons ensemble, nous allons vraiment vaincre la contradiction principale que je viens de donner, que je viens de dire et c'est cela l'objectif.

Licenciement de Franck Ettien

Pour ce qui est du licenciement de Franck Ettien, dès que j'ai appris cela, j'ai été l'un des premiers à dire que c'était une décision inutile. Quand j'ai appelé en sa présence Max Domi c'est ce que j'ai dit. « Je ne suis pas d'accord, vraiment tu as fait ça, ce n'est pas bon ». C'est ce que je lui ai dit

Et, comme je suis le secrétaire général de l'Unjci, j'ai appelé Moussa Traoré pour l'informer de la situation. Pour lui dire que « voici une situation qui se présente, ce n'est pas bon. Comme tu es le président, appelle le directeur de publication et dis-lui que tu veux le rencontrer pour pouvoir échanger ». Depuis avant d'hier nuit (mardi 9 juillet) on gère ça. C'est maintenant les gens en parlent. Il a rencontré le Directeur de publication en présence de Ambroise Tété. Il a plaidé pour la réintégration de Franck Ettien. Cela n'a pas marché cette nuit. Le lendemain, quand on s'est vu, on a dit, « prends Kadi Fadika qui est directrice de Rti 2 qui est vice-présidente du bureau du conseil exécutif et qui est chargée de la liberté de la presse et puis prends un autre membre et vous allez négocier avec les responsables de Le Rassemblement ».

C'est vrai qu'il y a des problèmes mais, ils ont promis de continuer la médiation. C'est pourquoi vous avez vu le communiqué que nous avons publié hier ( mercredi 10 juillet ) et signé des mains de Moussa Traoré. Et c'est ce qui s'est passé. Nous, nous ne sommes d'accord, nous condamnons cela et c'est une décision abusive et inutile. Et cela tombe au mauvais moment.

Nous étions en train de faire une campagne civilisée et tranquille. Mais pourquoi, vous venez nous servir cela. Ce n'est pas normal, nous avons condamné et c'est ce que nous avons fait. Mais nous continuons les négociations, pour nous, Franck Ettien doit être réintégré. Moi, en tant que syndicaliste, je ne peux pas me réjouir du limogeage d'un de mes confrères. Qui de plus est un ami que j'ai appris à pratiquer pendant trois ans au conseil exécutif de l'Unjci, ce n'est pas possible. Je ne suis pas d'accord et cela je l'ai fait comprendre.

Je ne suis pas d'accord avec cette décision. Il faut que cela soit clair. Et Franck Ettien, même si c'est pour les motifs que vous venez de dire, je trouve que c'est vraiment maladroit. Nous n'avons pas besoin de cela. Nous sommes en campagne, il faut que tout le monde se concentre sur les programmes. Et laissez les journalistes décider à partir des programmes de choisir le futur président de l'Unjci.

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