Burkina Faso: MRP - Le Bishop Claver Yaméogo converti à la politique

Les cultes et bientôt les meetings politiques. Le bishop MC Claver Yaméogo a lancé officiellement le 13 juillet 2019 à Ouagadougou son parti politique dénommé Mouvement pour le rassemblement patriotique (MRP).

Chez les Yaméogo, la politique est une affaire de famille, mais en rangs dispersés. Après Hermann (UNDD) et Salvador Denis (RDF), le benjamin de la fratrie, César Auguste Roméo, vient de prendre la tête d'un parti politique nouvellement créé: le Mouvement pour le rassemblement patriotique (MRP).

Mais cette entrée dans l'arène politique du dernier fils du père de l'indépendance burkinabè, on ne l'avait pas vu venir. Après avoir eu mille vies du côté de la lagune Ebrié, il fut notamment rappeur et animateur télé, le P-DG de Radio Jam Ouaga était devenu pasteur.

On le connaît d'ailleurs mieux sous son nom de prêche : bishop MC Claver Yaméogo. Mais c'est à croire qu'il est du Seigneur comme il est de la politique, leurs voies sont impénétrables.

Le « révérend » ne voit d'ailleurs aucun antagonisme entre sa vie d'Eglise et son engagement. C'est ce qu'il a défendu devant les journalistes, qui n'ont évidemment pas tardé à poser la question.

Brandissant la bible des lois qu'il avait pris le soin d'apporter: « J'ai lu la Constitution, il n'est pas interdit à un Burkinabè de faire la politique.

Pour aider cette jeunesse, il faut être à des niveaux de décision ». Ce n'est d'ailleurs pas la première fois, poursuit-il, qu'on voit des hommes de temple servir en politique ou à un très haut niveau de décision.

« Il y a eu des pasteurs ministres, maires ; on a même un pasteur président du Conseil constitutionnel. Nous ne sommes pas venus pour faire de la politique politicienne mais de la politique de développement », a-t-il clamé.

Revenant sur la genèse de son parti, il a expliqué qu'au commencement était « un groupe de jeunes qui ont réfléchi sur leur devenir» et qui l'ont l'approché. Le président du MRP assure s'être à son tour confié à ses deux aînés, ses devanciers en politique, espérant obtenir d'eux des propositions.

« Mais ça ne s'est pas fait », regrette-t-il. Conséquence : trois frères, trois partis. Est-ce un capharnaüm des idées au sein des héritiers de Maurice Yaméogo ?

Non, assure le bishop, qui accepte bien cette « différence idéologique » avec ses « koro », prenant pour exemple le Rassemblement national en France où Marine la fille et Jean-Marie Le Pen le père ne parlent pas toujours le même langage.

Classé dans la social-démocratie, le MRP, qui a obtenu son récépissé le 16 avril dernier, affiche pour l'heure des ambitions modestes en ce qui concerne les prochaines joutes électorales. « Nous n'avons pas besoin d'aller trop vite en besogne, c'est mieux d'aller pas à pas.

Pour nous, l'ambition, ce n'est pas forcément la présidentielle », a ainsi indiqué le secrétaire chargé du développement rural, de l'environnement et du secteur minier du parti, Ahmed Zida, qui a lu la déclaration liminaire.

« Je ne suis pas là pour chercher un quelconque poste à la présidence, à un ministère. Peut-être député pour porter ma voix », précisera MC Claver Yaméogo, qui ne s'est pas prononcé clairement sur l'arrimage de sa formation à une des tendances politiques (opposition-mouvance-indépendant).

«Le MRP se fixe pour objectif le rassemblement de tous les Burkinabè dans leur riche diversité, sans distinctions d'origine, de sexe ou de religion, en vue de bâtir une nation moderne, libre et démocratique, résolument engagée dans une dynamique qui permette de répondre aux aspirations fondamentales de nos concitoyens, pour une société de liberté, de progrès par le travail, de justice et de solidarité », proclame le manifeste du parti.

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