Congo-Kinshasa: [Ministre de l'agriculture, pêche et élevage] Maï-Ndombe - Faustin Mbanzami promet de se battre pour gagner la bataille de la faim

Cadre de l'Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS), Faustin Mbanzami Mbimi figure parmi les 13 membres qui composent le gouvernement provincial de Mai-Ndombe que dirige Paul Mputu Baleilanga. Ressortissant du coin, Faustin Mbanzami Mbimi est né dans un petit village non loin de la cité de Mushi où il a commencé ses études primaires.

Pour la petite histoire, il était tout petit, lorsque son père qui n'était qu'un cultivateur, le poussait toujours à aller de l'avant. Il a décroché son diplôme d'Etat en 1990 avant d'aller continuer à l'Institut supérieur de Bandundu où il a fini d'abord son premier cycle puis la licence en pédagogie appliquée. Faustin Mbanzami est enseignant à l'ISPS/Mushi et est, en même temps, assistant à l'ISP/Bandundu. Il charrie une longue expérience dans sa carrière d'enseignant avec 21 ans de travail. Il a géré des écoles comme préfet et Directeur des études. En plus de cela, il est membre de la Commission justice et paix de l'Eglise catholique à Bandundu-ville. Nommé au ministère de l'agriculture, pêche et élevage, le seul et l'unique poste attribué à l'UDPS, Faustin Mbanzami se dit prêt à mettre toutes les batteries en marche pour lutter contre la malnutrition et la sous-alimentation dans ce coin du pays. C'est ce qu'il a laissé entendre au cours d'une interview exclusive qu'il a accordée à La Prospérité le jeudi 11 juillet dernier, lors de son séjour à Kinshasa.

Quel est l'état de santé de la province du Maï-Ndombe ?

La province du Maï-Ndombe est l'une des provinces qui composaient le grand Bandundu, le Maï-Ndombe se trouve au nord du grand Bandundu. Le Maï-Ndombe est un vaste territoire qui s'étend sur une superficie de 129 243 km carré avec 8 territoires et une population repartie à plus de 179 villages sans compter les cités. La province est composée majoritairement des agriculteurs, éleveurs et des pêcheurs. Comme on les appelle couramment "bana mayi", les habitants du Maï-Ndombe sont des riverains. Tout celui qui a habité Maï-Ndombe, a cultivé un champ, a élevé un bouc voire une poule ou a été quelque part en pêche. Cette pêche du type traditionnel ne suffit pas à satisfaire les besoins de la population, elle se limite à l'autosuffisance alimentaire. Voilà pourquoi, la charge qui nous a été confiée à la tête de ce mystère nous oblige à déployer beaucoup d'efforts de façon que cette-fois-ci, nous puissions moderniser cette agriculture, l'élevage voire la pêche avec tout ce que nous aurons à organiser comme séance de formation et des objectifs qui doivent nous aider à décoller afin de lutter contre le sous-développement.

Quel visage social présente actuellement la province notamment, dans les secteurs : hospitalier, les écoles et les infrastructures ?

Je peux affirmer que le visage est malingre. Une population qui souffre de la sous-alimentation. Et parce que vous parlez du social, oui, il existe plusieurs écoles avec le nombre qui pouvait satisfaire la population mais avec quelle qualité de l'enseignement ? Nous allons demander à un enseignant ou élève affamé d'écouter et s'attendre à des résultats escomptés comme le recommande notre loi-cadre en matière d'enseignement ? Les hôpitaux existent et n'arrivent pas à faire face aux besoins de la population. Nous pouvons trouver quelques hôpitaux de référence dans de grandes cités alors que la population de l'arrière province souffre. Il y a des mamans qui meurent en donnant la vie ; la population souffre aujourd'hui des maladies comme le paludisme et tant d'autres. Les universités oui, mais dans de grandes cités comme à Nyuki, il y a des instituts supérieurs à Inongo, Mushi et presque dans chaque chef-lieu des territoires mais la grande difficulté c'est la problématique du personnel. L'on peut encore penser à ce domaine c'est-à-dire augmenter le nombre du personnel. Ici je parle du personnel scientifique en augmentant également le domaine de la recherche scientifique cela pouvait encore nous amener à atteindre ces objectifs. Et en plus beaucoup d'institutions ne cadrent pas avec les réalités du milieu.

Comment se pratique l'agriculture dans la province du Maï-Ndombe ? Vous aviez dit toute à l'heure que c'était d'une manière traditionnelle, quelle est la politique que vous visez pour améliorer qualitativement et quantitativement la production ?

Oui, l'agriculture du type traditionnel, aujourd'hui pour pratiquer une agriculture capable de booster notre province il faut des coopératives, les gens doivent se mettre ensemble pour augmenter la production. Nous devons penser à l'évacuation. Voilà ce qui va nous amener à une complémentarité des secteurs. Pour l'évacuation, nous devons aussi rencontrer notre collègue chargé de transport et la production augmentée sera au bénéfice des habitants et provinces voisines. Nous devons aussi solliciter auprès de nos partenaires qui nous ont accueilli des semences améliorées puisqu'en ce 21ème siècle, parler de cette agriculture telle que nous sommes en train de la pratiquer, la mise enchères de certains terrains, on déboise sans penser reboisement. Nous devons penser à augmenter la production pour une autosuffisance mais également lorsque la production sera augmentée il faut une bonne politique d'évacuation, c'est-à-dire une coopération avec les provinces qui nous entourent voire aller au-delàs des frontières. Voilà ce qui a été le jalon tracé par rapport à notre domaine.

L'alimentation du congolais moyen à Kinshasa est beaucoup plus caractérisée par la consommation des chinchards alors que notre fleuve, nos lacs et nos cours d'eau regorgent beaucoup de poissons qui, à en croire certains, meurent de vieillesse, y a-t-il un moyen de renverser la tendance en inondant nos villes des produits de la pêche ?

Oui, le renversement de la tendance c'est possible, un peu de volonté politique suffit pour décoller. Le lac Maï-Ndombe, je ne parle pas du lac tout entier il y a des poches. D'après des études récentes, il y a une poche qui peut nourrir la République Démocratique du Congo pendant 30 ans. Voilà pourquoi, j'ai parlé de la volonté politique mais je pense qu'avec monsieur le Gouverneur de province, l'actuel à le voir et à l'entendre, cette fois-ci c'est sera une année de décollage. Je pense que nous devons encadrer nos pêcheurs comme nous l'avons dit tantôt en leur fournissant des filets et avec une réglementation. Cela va demander les ateliers de formation avec les experts qui viendront de tous les coins pour un encadrement pouvant nous amener à assurer la production et c'est possible que Kinshasa soit inondé au lieu d'attendre les poissons de mer qui viennent de l'Europe ou du Maroc, et de l'Inde.

En tant que membre de l'UDPS et le seul ministre du même parti dans cette province, quel est votre apport personnel pour qu'il ait de la visibilité du Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, dans ce coin dominé par les membres de l'ancien régime ?

Mon apport personnel c'est ce que je vais faire, vous savez je travaille dans un domaine qui est proche de la population. Si je gagne le pari, je mets un terme aux conditions alimentaires difficiles, cela ira en faveur du Président de la République. Je vais mettre toutes les batteries en marche pour mettre fin à la faim dans notre province.

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