Sénégal: CAN 2019 - Passionnées de sport d'abord, femmes reporters ensuite

Des femmes reporters présentes à la Coupe d'Afrique des nations (21 juin-19 juillet) en Egypte, interrogées par l'APS, disent être arrivées au journalisme sportif pour assouvir leur passion du sport.

"Je n'imaginais pas faire autre chose que le journalisme sportif après avoir été dirigeante d'équipe du championnat national populaire et avoir joué au handball au Jamono de Guédiawaye", affirme Aby Diallo, reporter de Radio Sénégal, vêtue d'un tee-shirt et d'un blue-jean.

"Quand je voyais les femmes journalistes, je me disais que je devais faire comme elles", se souvient-elle, rappelant que quand elle était moins jeune, la gent féminine était peu nombreuse parmi les journalistes qui se dévouent à l'information sportive.

Aby Diallo, après avoir embrassé le journalisme sportif, a jugé nécessaire de "se donner les moyens" de l'exercer. "Comme Dieu fait bien les choses, j'ai connu mon futur mari autour d'une équipe de football", confie-t-elle.

L'époux de la reporter de Radio Sénégal est un Gambien qui venait jouer les "navétanes" (les championnats populaires de football) à Kaffrine, la ville natale d'Aby Diallo, située dans le centre du Sénégal.

"Ce n'est donc pas lui qui allait me dissuader de pratiquer ce métier", se rassure-t-elle, souriante.

Dimanche, jour de la demi-finale Sénégal-Tunisie, Soda Thiam, après avoir pris rendez-vous avec l'APS, s'excuse de devoir remettre à quelques minutes plus tard l'entretien, pour se donner le temps d'envoyer une correspondance à la radio privée sénégalaise RFM, qui l'emploie.

"Oui, la radio, c'est en fait la continuation de mon amour pour le sport en général, et le football en particulier", confie la reporter qui a entamé sa carrière par la radio communautaire Oxy Jeunes, qui émet depuis la ville de Pikine.

"Au début, en banc d'essai, on m'envoie couvrir un match de +nawétanes+ au stade Alassane-Djigo. Et celle que j'étais censée accompagner me tend le téléphone portable. Et c'est le grand saut dans l'inconnu, je tombais de trouille", se souvient-elle, parlant de son tout premier direct en radio.

"Je ne sais toujours pas comment les premiers mots sont partis, mais on m'a encouragée à persévérer", se rappelle Soda Thiam.

Partie de la radio émettant depuis la banlieue de Dakar, elle continue la chronique de l'actualité sportive tout en mettant sa voix au service de l'actualité internationale.

"J'aime la radio, et je suis folle à lier au sport", ajoute la reporter sportive, témoin du sacre du Sénégal en Coupe d'Afrique des nations de beach soccer, sur la station balnéaire de Sharm-el Cheikh (Egypte) en décembre dernier.

Soda Thiam parle d'un "compromis dynamique" entre elle et son mari, qui se charge pendant les weekends de la transporter au stade.

"Nous avons eu la chance d'avoir une mignonne petite fille, le jour d'un match Sénégal-Namibie à Dakar. Et notre mariage a été célébré le jour d'un... Namibie-Sénégal à Windhoek, aux éliminatoires de la CAN 2015", se souvient-elle dans un éclat de rire.

Sokhna Fall, de la radio Zik FM et de la chaîne Sen TV, Fatou Dieng, du quotidien sportif Record, Fatima Sylla, de la 2STV, et Coumba Dia Niang, de Gradins.net, avouent que tout reporter sportif mène sa carrière aux côtés des "acteurs du sport".

Fatima Sylla, une ancienne karatéka internationale, reconnaît avoir voulu faire du "militantisme médiatique" en allant faire du journalisme sportif pour aider à médiatiser l'art martial qu'elle pratique.

"J'ai constaté que les arts martiaux étaient les parents pauvres de l'actualité sportive", dit cette reporter plus souvent vue aux abords des parquets de basketball et des tribunes des stades qu'aux alentours des enceintes dédiées aux arts martiaux.

Sokhna Fall a pratiqué les arts martiaux et a joué au football. Au moment de choisir un métier, elle n'entendait "pas faire autre chose, loin des hobbys des garçons".

"D'ailleurs, on me voyait souvent comme un garçon manqué. Fille unique de ma famille, si je n'étais pas collée aux basques de mon frère, j'accompagnais un ami qui pratiquait le karaté. Et il m'a passé le virus de cette discipline", rappelle la journaliste native de Louga (nord).

Dimanche, pour se soustraire au stress causé par la demi-finale Sénégal-Tunisie, elle prenait un malin plaisir à se faire une beauté, avant le coup d'envoi du match, à la tribune de presse du stade du 30-Juin du Caire.

Fatou Dieng, vu également comme "un garçon manqué", est également passionnée de sport avant d'arriver au journalisme : "Jamais sans le sport".

"Et j'ai compris que le sport est un domaine où les femmes peuvent revendiquer une place pleine et entière dans la société", affirme Fatou Dieng qui taquinait la balle orange pendant ses vacances scolaires pour s'occuper.

La reporter de Record, qui vit avec sa grand-mère, précise que ses activités professionnelles n'empiètent pas sur ses tâches ménagères.

Mariée, Coumba Dia Niang, dit exercer le journalisme sportif dans un plein épanouissement. "C'est mon époux qui a trouvé le nom de mon site d'information", révèle-t-elle, affirmant bénéficier du soutien de son mari dans l'exercice de son métier.

"La question ne se pose pas, M. Niang est un gentleman et ne me parlez même pas d'une coépouse qui pourrait s'occuper de lui pendant les weekends", répond-elle, riant aux éclats, à la question de savoir comment elle jongle avec journalisme et vie conjugale.

"J'assure et je le rassure", dit Coumba Dia Niang, parlant de son conjoint. Elle n'oublie pas d'emmener sa boîte à maquillage, malgré la chaleur d'étuve qu'il fait au Caire.

"Pour être bien dans notre esprit, nous avons besoin d'être bien dans notre corps", confesse la journaliste de Gradins.net, prenant soin de son maquillage, dans un taxi où la climatisation est à fond, en ce jour de séance d'entraînement.

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