Burkina Faso: Fête du 14-juillet - «La dernière» de Lapeyre de Cabanes

15 Juillet 2019

Cocktail, allocution de l'ambassadeur et exécution du Ditanyè et de la Marseillaise ont constitué les temps forts de cette soirée tenue à la Résidence de France. Prenant la parole, l'ambassadeur en fin de mission a surtout fait le point des engagements pris par le président français Emmanuel Macron lors de sa visite officielle au Burkina en novembre 2017. Une visite qui selon ses dires demeure le point principal de sa mission d'ambassadeur au Burkina.

Au cours de son séjour burkinabè, Emmanuel Macron avait pris plusieurs engagements dont les importants étaient, entre autres, l'ouverture des archives françaises concernant l'assassinat de Thomas Sankara, la restitution d'œuvres d'art spoliées ou volées pendant la période coloniale et présentes dans les collections nationales françaises, l'ouverture d'une maison dédiée à la promotion des jeunes talents dénommée « la Ruche » et l'accentuation de la coopération universitaire. Sur ces points évoqués, il a indiqué que toute les promesses ont été tenues.

En ce qui concerne l'affaire de l'assassinat de Thomas Sankara, il a confirmé que le juge burkinabè a effectivement eu accès auxdites archives comme promis : « Cet accès s'est fait dans le cadre d'une information judiciaire ouverte au Burkina Faso ; les documents déclassifiés ont été transmis par la voie diplomatique au juge compétent qui peut donc les utiliser à présent pour son enquête ».

Pour la restitution des biens culturels spoliés, le diplomate a précisé qu'un rapport a été publié à ce sujet il y a de cela six mois et les autorités françaises ont même commencé « à réfléchir à cette question avec le ministère de la culture, des arts et du tourisme, notamment aux conditions dans lesquelles le Burkina souhaite que ces restitutions se passent ».

Outre, cela il a indiqué l'ouverture de la Ruche et évidemment des actions entrant dans le cadre de la coopération et de la formation universitaire.

« La France répondra présent si le Burkina le demande ! »

Naturellement, la question de la menace terroriste s'est retrouvée également au cœur de cette célébration du 14-juillet à Ouagadougou. Xavier Lapeyre de Cabanes, a indiqué que la France demeurera aux côtés du Burkina pour vaincre l'hydre terroriste.

« Le climat d'inquiétude et de terreur imposé par des groupes utilisant le terrorisme pour imposer leur pouvoir, leur doctrine à des habitants qui n'en peuvent mais, a déterminé le contenu de ma mission bien plus que je n'aurais pu penser en arrivant.

Il était cependant devenu clair, dès le mois de décembre 2016, après le drame de Nassoumbou, que la menace terroriste était désormais systémique et que la France ne pourrait pas limiter son action militaire au Mali si le Burkina lui demandait son appui. En conséquence mon pays a répondu présent dès qu'il a été sollicité par les autorités burkinabè pour les aider à répondre à une attaque ».

A titre illustratif, il y a eu l'intervention des forces françaises en octobre 2018 au cours de l'attaque de la gendarmerie d'Inata, et celle qui a consisté à la libération des deux otages français capturés au Bénin.

Mais pour le diplomate, ces interventions ont été rendues possibles grâce à l'accord encadrant juridiquement ces interventions signé en décembre dernier lors de la visite du président du Faso.

« Mon pays continuera d'être aux côtés des Burkinabè pour lutter contre ces groupes et pour participer à la formation et à l'équipement des troupes participant à la force conjointe du G5 Sahel, aussi longtemps que les Burkinabè le jugeront nécessaire.

Je saisis cette occasion pour dire combien j'ai confiance dans les forces de sécurité burkinabè et dans leur efficacité pour faire reculer ceux qui veulent créer le chaos au Burkina, par la violence, et veulent opposer Français et Burkinabè.

En effet, depuis plusieurs mois, il est patent que les forces burkinabè ont gagné en efficacité. C'est donc avec espoir et un certain optimisme, même, que je vais quitter le Burkina, et je suis convaincu que mon successeur pourra vivre dans un Burkina moins déstabilisé par l'action des groupes terroristes » a confié l'ambassadeur.

Il a regretté que l'aspect sécuritaire ait éclipsé les autres domaines de la coopération bilatérale tels l'éducation, l'assainissement, le secteur énergétique, etc. Il dit partir avec le regret de n'avoir pas pu profiter des merveilles touristiques du pays des Hommes intègres.

L'ambassadeur quittera Ouagadougou dans trois semaines pour céder sa place à Luc Hallade dont la demande d'agrément comme ambassadeur de la France au Burkina a été accordé par le Conseil des ministres du 6 juin 2019.

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