Sénégal: Pr Aminata Sall Diallo plaide pour plus de femmes dans les sciences

Dakar — Le professeur à la faculté de médecine de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, Aminata Sall Diallo, a estimé, lundi, qu'il "faut régler le problème de la dissymétrie genre dans les sciences pour gagner le pari de la transformation" du continent.

"Si nous voulons gagner le pari de la transformation de notre continent, il nous faut également régler le problème de la dissymétrie genre dans les sciences.

Il y a peu de femmes célébrées dans les sciences alors qu'on constate qu'elles ont toujours existé dans toute l'histoire des sciences", a dit le professeur Aminata Sall Diallo lors de l'ouverture de la conférence scientifique annuelle de l'Académie Africaine des Sciences.

Le professeur à la faculté de médecine, de pharmacie et d'odonto-stomalogie intervenait sur le thème "Promotion de la culture scientifique : participation et l'engagement d'une femme à la science".

"Lorsqu'on montre des scientifiques, ce sont toujours des hommes, il y a beaucoup à faire pour rectifier ce manque de visibilité. C'est pourquoi il est important de montrer des modèles de femmes africaines scientifiques pour que les filles puissent s'identifier à elles. Les pionnières ont ouvert des brèches dans ce monde masculin, il faut tenir le flambeau", a t-elle souligné.

Pour le professeur, titulaire d'un doctorat en sciences biologiques à la faculté de médecine, d'un diplôme de troisième cycle de chimie, biochimie à la faculté des sciences techniques de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, "la masse critique de chercheurs pour transformer notre continent n'est pas encore atteint. Il nous faut accroître la compréhension du public sur ce que font les chercheurs, l'impact de nos recherches".

"Il ne faut pas agir au niveau de l'enseignement supérieur car dans les universités, les femmes ne représentent que 25 %. Il nous faut descendre plus bas au niveau du secondaire pour corriger le ratio hommes femmes, faire aimer la science à nos élèves, à nos enfants", a-t-elle ajouté, devant près de 300 chercheurs et scientifiques venant de 21 pays africains.

"Les investissements en Afrique dans le domaine de la recherche restent faibles, moins d' 1 % du PIB. Nous n'avons pas la souveraineté dans nos pays notamment dans la définition des politiques publiques. Il faut montrer que c'est rentable d'investir dans la recherche", a t-elle souligné.

Revenant sur son choix pour les sciences, le professeur titulaire à l'Institut Pasteur de Paris, d'une thèse de troisième cycle sur les "hépatites et d'une spécialisation en hépatologie", a expliqué "(son) amour pour les sciences est née au secondaire où (elle a) décidé d'aller à la recherche de l'infiniment petit".

"J'ai décidé d'être biologiste au détriment de la carrière d'économiste que me préconisait mon père", a t-il dit.

Pour Aminata Sall Diallo, également coordonnateur de programme au ministère de la Recherche scientifique, de l'Innovation et de la Recherche, "être scientifique, ce n'est pas être homme ou femme mais c'est être bon ou ne pas être bon".

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