Sénégal: Casamance - Des pourparlers réclamés pour "éteindre les signaux rouges"

Ziguinchor — Plusieurs organisations de la société civile ont souligné l'urgence pour l'Etat et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) de se parler afin "d'éteindre les signaux rouges" menaçant l'accalmie dans cette région sud du Sénégal.

Cette invite est contenue dans la déclaration finale d'un symposium clôturé dimanche à Ziguinchor à l'initiative de la Fondation Friedrich Ebert et du Réseau Dynamique de paix en Casamance.

"Plusieurs évènements menacent l'accalmie notée en Casamance. Nous exhortons l'Etat du Sénégal et le MFDC à tenir sans délai des négociations pour arriver à une paix définitive", lit-on dans le document parvenu à l'APS.

Des organisations de la société civile ont notamment alerté sur des "résurgences qui menacent l'accalmie notée depuis plus de sept années" au cours de cette rencontre organisée sur le thème : "Femmes et jeunes se prononcent sur la situation actuelle du conflit en Casamance".

"L'objectif était d'appeler les jeunes et les femmes à se prononcer sur les enjeux, les fragilités et les risques que courent à la fois le Sénégal et la région ouest africaine", a expliqué Nouha Cissé qui a introduit le thème "Conflit en Casamance : risques de résurgence dans le contexte d'un environnement apaisé".

"Le conflit est diffus. Il est aussi à caractère asymétrique  le Sénégal est entouré par des pays qui ont des instabilités politiques.

La Guinée Bissau n'est pas stable. La Gambie, malgré l'embellie avec l'arrivée du président Adama Barro connait des secousses internes", a fait remarquer Nouha Cissé, historien et observateur du conflit en Casamance.

Au cours de ce symposium les experts ont également fait état de "signaux rouges très préoccupants" en citant par exemple les "évènements tragiques de Boffa, la tentative de dynamitage du pont de Ndiambalang, les litiges autour de l'exploitation du zircon dans le Niaffrang, la forte pression sur le bois, le vol de bétail avec les risques d'affrontement entre communautés bissau-guinéennes et sénégalaises tout au long de la frontière".

Il a été aussi beaucoup question de la "culture du chanvre indien qui se développe de plus en plus dans plusieurs zones de non droit dans le sud du pays et les nombreux litiges fonciers conjugués au retour massif des populations déplacées (... )".

Les participants se sont préoccupés également de la "situation de centaines d'enfants réfugiés en Gambie et en Guinée Bissau, devenus de vrais apatrides car dépourvus de papiers d'état civil.

"C'est une bombe à retardement. Tôt ou tard, ces populations réclameront leur droit à un état civil. Il est urgent d'anticiper toutes ces questions ces résurgences par le dialogue et la concertation et non par le fusil", a prévenu Nouha Cissé.

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