Congo-Kinshasa: Déblocage exigé !

La scène politique congolaise, comme d'ailleurs la plupart le savent, a connu d'énormes secousses ces dernières années. Auparavant, la lutte était dirigée vers l'organisation, sans discussion, des élections présidentielle et législatives, tant nationales que provinciales. Pour y arriver, les acteurs politiques ont dû signer des accords politiques, le premier avec le parrainage de l'Union Africaine, et le second sous la férule de la Cenco.

Ces accords ont permis d'éviter le chaos, le déclenchement d'une guerre sans fin et de fixer de nouvelles échéances pour la tenue desdites élections. Finalement, le 30 décembre 2018, conformément au calendrier électoral publié par la Ceni de Corneille Nangaa, le 5 novembre 2017, sera organisé des élections pacifiques, transparentes et démocratiques.

A la compétition, Fayulu, Félix Tshisekedi, Shadary et 18 autres candidats se disputent le fauteuil présidentiel. Un seul en sortira vainqueur, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et qui fut investi le 24 janvier dernier au Palais de la Nation, en présence d'une foule immense venue participer et célébrer la première passation civilisée du pouvoir sur la terre de Lumumba et de Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Cependant, le temps, continuant son parcours, avance et ce même peuple atteint d'ici peu la date du 24 juillet. 6 mois après, quel bilan établir ? Les analystes politiques assistent à un bicéphalisme politique, conséquence de l'apprivoisement du pouvoir et de la gestion de la chose publique par la coalition FCC-CACH, excluant ainsi d'autres acteurs politiques ainsi que de la Société Civile à prendre part aussi à la nouvelle gouvernance.

Aucune collaboration avec ces derniers, aucun entretien, aucune discussion directe... A vrai dire, c'est une coalition renfermée sur elle-même, refusant toute contribution extérieure et de nouvelles plaintes et contestations, de part et d'autres, risquent de faire surface et créer ainsi un climat politique nauséabond. Veulent-ils, FCC-CACH, entrer dans une guerre d'esprits face à ce «prétentieux» camp adverse ?

Pendant près de 6 mois, les tractations de la composition du Gouvernement se prolongent et ne permettent pas à Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Premier Ministre nommé, d'être investi avec son équipe devant le Parlement. De plus, ils devront tous attendre la session de Septembre prochain pour être investi, prendre les rênes du pouvoir et débuter avec leur «boulot», à cause de la non convocation de la session extraordinaire et dont le temps a malheureusement expiré ce 15 juillet 2019, conformément au règlement intérieur de la Chambre basse.

L'avion ne décolle toujours pas, le train ne se met toujours pas en marche et la situation demeure la même depuis le départ de l'ancien président Joseph Kabila. S'agirait-il d'un mariage difficile ? Ou encore précoce, de ces deux regroupements politiques n'ayant pas encore atteint la maturité nécessaire afin de ne former qu'un ? La question trame encore et demeure sans réponse dans les esprits des congolais.

Coalition difficile et aussi partage du pouvoir complexe : d'après certaines langues, plus de 70% des postes du prochain Gouvernement seraient affectés au FCC et à son autorité morale, et seulement 30% à CACH et à Félix Tshisekedi. Déséquilibre constaté dans la proportion du pouvoir.

Si tel en était vraiment le cas, le résultat serait de constater la continuité du régime précédant et de son système qui, lui, créa la désolation dans le cœur de la population, l'accusant de mauvaise gouvernance. L'ombre passé demeurera...

Et, c'est dans ces difficultés que resurgit le Comité Laïc de Coordination, structure spécialisée en mobilisation des masses et en tenue des marches dites pacifiques, exigeant la démission sine qua none des juges de la Cour Constitutionnelle, dans un communiqué signé par ses dirigeants. Réfléchissons : au cas où ces juges ne démissionnaient pas et que le Président de la République ne les renvoyait pas, de nouvelles marches pacifiques seront-elles organisées ? Et si les autorités urbaines ne les autorisaient pas, l'on assisterait à de nouveaux bains de sang ? Ne serait-elle pas l'opportunité tant rêvée par les ennemis de la République pour fragiliser le pouvoir, d'instrumentaliser quelques groupes des députés de porter plainte contre Félix Tshisekedi auprès de la Cour Constitutionnelle pour exiger ainsi sa démission ? En effet, la guerre continue et la RD. Congo n'est pas encore véritablement sorti de l'auberge.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.