Cote d'Ivoire: Equipe de Côte d'Ivoire - Le pari sur l'avenir

16 Juillet 2019

Le rideau est tombé sur le parcours de la Côte d'Ivoire à la CAN 2019 (21 juin-19 juillet). Dans la cité antique, la ville bleue, connue pour son emblématique et historique Canal, les Eléphants sont tombés.

Pas avec les armes à la main. Mais avec les honneurs. Sur la pelouse du Nouveau Stade de Suez, au terme d'une prestation épique, de haut vol, Ibrahim Kamara et ses hommes sont passés à côté d'une qualification historique pour les demies de la première CAN à 24. Dans son duel face à l'Algérie, la Côte d'Ivoire n'a pas été, du tout, vernie. La cruelle sentence des tirs au but les ayant condamnés au retour au pays.

Juste à la porte du carré d'as. Une participation sur laquelle on épiloguera encore longtemps mais qui est pleine d'enseignements pour le futur du football ivoirien. Sur les bords du Nil, la sélection ivoirienne s'est construit une nouvelle âme.

Après des débuts de compétition hésitants où l'équipe a pêché dans l'animation du jeu, le capitaine Serey Dié et ses camarades ont balayé toutes les incertitudes face à l'Algérie.

Considérée comme la meilleure formation du tournoi avec quatre victoires en autant de rencontres pour neuf buts inscrits contre zéro encaissé, les Fennecs ne s'attendaient pas à une résistance des Eléphants.

Une équipe ivoirienne qui a bafoué son jeu face à l'Afrique du Sud, perdu ses repères devant le Maroc, et tâtonné face à la Namibie, en matchs de groupe. Un parcours pas du tout rassurant mais qui a eu le mérite de qualifier les Ivoiriens pour les huitièmes avec deux victoires et une défaite.

Loin d'être ridicule, la sélection ivoirienne a inscrit cinq buts contre deux encaissés. Une belle performance à saluer pour une équipe à l'animation de jeu approximative.

Face à une pimpante équipe malienne, la Côte d'Ivoire fait le dos rond, résiste aux assauts des Aigles, avant de placer un dard dans le cœur des Maliens par Wilfried Zaha. Les Eléphants inscrivent ainsi au passage leur sixième but en quatre matchs.

Mais en quarts de finale, les Ivoiriens se métamorphosent. Combatifs à souhait, alliant impact physique et prouesse technique, avec un engagement qu'on leur reconnaît rarement depuis quelques mois, les Eléphants émerveillent Suez. Les observateurs du football africain sont même surpris. Avec en tête les Guerriers du Désert.

Des Algériens qui pensaient faire d'une bouchée la chair d'Eléphants. C'était vraiment sans compter avec le patriotisme, la volonté de Serey Dié et de ses camarades à défendre le drapeau ivoirien. Une réaction d'hommes que ni le sélectionneur des Verts, Djamel Belmadi, ni ses joueurs n'avaient prévue.

Les larmes de joie de Riyad Mahrez, Soufiane Feghouli, Raïs Mbolhi, et autres, au terme des tirs au but, en disent long.

Les Eléphants, dont on ne vendait pas chère la peau avant la rencontre, ont montré que sur un match, ils peuvent chasser toutes les incertitudes. Ce qu'ils ont d'ailleurs réussi. Sans tomber dans une satisfaction aveugle, Kamara et ses hommes ont donné à croire en un futur encore plus radieux.

Et cela est possible. Il suffit juste de s'inscrire dans une stabilité. Une voie que la Fédération ivoirienne doit prospecter. En place depuis une année, le sélectionneur ivoirien a mis du temps à asseoir un groupe. Face au désistement de plusieurs cadres, il s'est résolu à construire un nouveau groupe.

Il ne peut agir autrement puisqu'il a une feuille de route bien définie. Qualifier l'équipe pour la CAN 2019 et bâtir un groupe capable de remporter le trophée en 2021, une édition initialement confiée à la Côte d'Ivoire.

Avec son monde et sa méthode, il a réussi le premier acte avec une qualification, la 23ème des Eléphants, à la phase finale de la 32ème édition. Au pays des Pharaons, la marche a été laborieuse.

Mais aussi, on ne peut pas dire que l'équipe technique a failli à sa mission. Au contraire, Kamara a répondu aux attentes de ses employeurs. Même si le statut d'antan de la Côte d'Ivoire impose à l'équipe de disputer au moins le carré d'as, atteindre les quarts de finale d'une CAN à 24 est aussi loin d'être un échec.

Pays hôte, l'Egypte n'a pas connu cet honneur. Tour comme le Maroc et le Cameroun. De grandes nations de football dont nul ne peut douter.

Mais à l'arrivée, ils ont apprécié le charme du football. Après donc l'Egypte où il remplit la première partie de sa mission, il revient au sélectionneur d'asseoir un réel projet de jeu avec des personnes capables de l'animer. En Egypte, l'animation du système de jeu mis en place par Kamara a failli.

La sortie de Jean-Michaël Séri du 11 en est une preuve palpable. Vu par nombre d'observateurs comme le leader technique de la formation ivoirienne à la CAN, Nicolas Pépé a tout simplement fait mentir tout le monde. Derrière, la blessure de Serge Aurier n'a pas également aidé le coach dans ses plans.

C'est dire qu'au Caire, il ne s'agissait pas d'un problème de système de jeu ou encore moins de stratégie. Mais juste des soucis d'animation du système mis en place. C'est donc à cela que doivent s'atteler maintenant Ibrahima Kamara et son staff.

Serey Dié et même d'autres joueurs partiront du groupe mais il faut d'ores et déjà œuvrer à combler le vide qu'ils laisseront. La CAN 2021 et 2023 doivent se préparer maintenant. Et la réussite de la Côte d'Ivoire passera par une certaine stabilité au niveau de l'encadrement technique.

Aliou Cissé au Sénégal et Gernot Rohr au Nigeria, tous deux demi-finalistes de la CAN 2019, sont des exemples. Nicolas Dupuis en place depuis mars 2017 à la tête des Zébus de Madagascar peut aussi être inscrit dans ce lot.

Avec la nouvelle génération de joueurs ivoiriens incarnée par Zaha, Pépé, Aurier, Wonlo Coulibaly, Souleymane Doumbia, Ghislain Konan, Ibrahim Sangaré, Angban Vincent, Cheick Comara, Fousseny Coulibaly, Ira Tapé, Yohan Boli, Kessié, Abdoulaye Bamba, Cornet,..., la Côte d'Ivoire peut croire en un lendemain meilleur.

Un vrai pari sur l'avenir avec un vrai projet, des hommes engagés, volontaires. Car même si demain donne à espérer, on peut aussi avoir des regrets.

De n'avoir pas eu le pied juste avec Max-Alain Gradel, Jonathan Kodjia, Wilfried Zaha, dans le jeu, et Wilfried Bony et Serey Dié sur les tirs au but.

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