Afrique: Ces migrants subsahariens vivent sous les ponts d'autoroute

16 Juillet 2019

Des centaines de migrants subsahariens massés sous les ponts ou des maisons abandonnées, espèrent un jour vivre décemment dans les pays d'accueils. Précarité, racisme, rapatriement dans leur pays d'origine, leur quotidien est un enfer.

En Belgique, ils travaillent en noir pour quasi rien dans les entrepôt de chargement des conteneurs pour l'Afrique, dans les restaurants, dans les grandes surfaces etc. et le soir venu, ils regagnent leur camp sous le pont ou dans les maisons abandonnées.

Nous avons réussi à prendre contact avec Eyenga, une Camerounaise de 36 ans, arrivée en Belgique en 2010 et qui s'est retrouvée avec sa demande d'asile rejetée depuis 2012. Le 18 novembre dernier, elle était au rendez-vous devant un commerce de la commune d'Ixelles à Bruxelles. Elle était accompagnée de son ami guinéen, Mohaman 40 ans.

Tous deux ont d'abord voulu nous montrer leur «logis». Ils ont tous refusé que nous fassions des prises de vues sur leur logis. Nous marchons quelques centaines de mètres, et après avoir franchi un pont d'autoroute dans le ring ouest de Bruxelles, nous nous glissons dans leur sillage pour descendre le talus recouvert d'arbres et de buissons.

Trente mètres plus bas, on découvre l'abri installé sur une plate-forme en sable, avec l'autoroute comme plafond. Des matelas avec des draps y sont déposés. Des tringles ont été installées pour pendre les vêtements, un camping gaz et quelques casseroles pour se faire à manger. En bas du talus, un mur taggué. Un paysage désolé, presque lunaire...

Eyenga et Mohaman veulent d'abord raconter leur dernier hiver, particulièrement rude.

« Nous avons passé plusieurs mois dans un froid intense , raconte Eyenga. On a eu besoin de quatre couvertures chacun pour résister. Puis, tout était gelé. Pour se faire le café, le matin, l'eau était gelée. On n'avait pas envie de se laver. On n'avait plus envie de faire à manger. On a résisté comme on a pu. ». Ici, il n' y a pas de toilette, ni d'eau. Nous nous débrouillons comme nous pouvons et tentons de nous mettre à l'aise dans les cafés non loin d'ici ajoute t-elle. Pour l'eau, les habitants sont gentils. Il y a le robinet extérieur pour laver la cour ou les car-wash (Laveries). On peut en prendre quand on veut. On la ramène chez nous, pour se laver et pour faire à manger. En hiver, on allait se laver deux fois par mois au Samu social, rue Haute. Ça coûte 1,40 € par personne. Pendant la belle saison, on se débrouille avec les seaux

Eyenga veut alors nous montrer le «camp polonais ». Nous quittons le dessous du pont pour prendre la direction de la gare de Watermael Boitsfort. Sur le chemin, un autre talus mène à un autre tunnel. Cette saillie nous sert d'escalier. Et nous nous retrouvons dans un petit bois touffu et jamais entretenu. Il sert même de dépotoir pour tous les électroménagers rouillés dont on vous passe le détail. Cent mètres plus loin, nous déboulons sur «le campement». Pour l'heure, il n'y a personne. Mais nos guides nous indiquent qu'ils sont une vingtaine à vivre là, avec des enfants.

Eux-mêmes s'y sont installés voici un an et demi, quand ils n'ont plus réussi à payer leur logement ou quand ils se sont retrouvés du jour au lendemain, sans papiers.

Certains immigrés viennent surtout dans les capitales des pays à la recherche de travail, ou dans les grandes villes. C'est pour cela que les capitales aujourd'hui ont un taux de population immigrée élevée.

En dehors du cas d'Eyenga parmi tant d'autres, les immigrés sans papiers sont nombreux dans les quartiers défavorisés des grandes villes et de la capitale belge.

Depuis bientôt quelques années, le coût de la location à Bruxelles croît plus rapidement que les revenus. Malgré l'absence de bonnes données statistiques sur les liens logement-situation professionnelle, il est clair que le problème de logement est lié à l'exclusion sociale manifeste dans la Région de Bruxelles-Capitale.

A Bruxelles, celui qui dispose de trop peu de moyens financiers trouve difficilement un logement salubre et pour un prix abordable. Le droit constitutionnel au logement n'est pas assuré pour tous les citoyens. Cette partie aborde les différents problèmes rencontrés par la population en mal de logement et d'un certain nombre d'atteintes à la dignité humaine vécues au quotidien

De nombreux témoignages font état de personnes qui subsistent dans des logements surpeuplés, sans confort de base, avec un minimum de sanitaires, avec des parasites, des moisissures, des problèmes d'humidité, de pollution sonore, des installations de chauffage dangereuses ou inexistantes, un manque d'aération, de lumière, etc.

Pas mal de personnes voudraient quitter leur logement insalubre, mais ne trouvent pas d'alternative.

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