Burkina Faso: Décès 11 gardés à vue - En attendant que les cadavres parlent

Qu'a-t-il bien pu se passer cette nuit fatidique du 14 au 15 juillet 2019 dans les locaux de l'unité antidrogue de la police nationale ? On sait seulement, de ce qui ressort des communiqués du Procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou et de la Police nationale, que onze personnes gardées à vue pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants sont mortes. Oui, vous avez bien lu, onze !

De mémoire de Burkinabè, c'est bien la première fois qu'on enregistre autant de décès en même temps dans un commissariat et même dans les différents² établissements pénitentiaires disséminés à travers le pays.

Répétons la question : que s'est-il passé ?

48 heures après, l'émoi n'était pas près de retomber, et l'on se perdait toujours en conjectures sur les raisons d'un tel drame. Et chacun y allait de son hypothèse, de ses supputations, ou encore de ses élucubrations.

On peut penser ce que l'on veut de nos forces de l'ordre, mais même s'il arrive que des éléments se rendent coupables de bavures policières ou «gendarmesques», on les voit mal, comme certains le supposent déjà, torturer onze personnes interpellées pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Quoi alors ? Seraient-ce les conséquences dramatiques d'une overdose généralisée qui, de l'euphorie des paradis artificiels, aurait conduit ses victimes vers l'au-delà sans transition ? Ou alors d'une asphyxie due à un problème de surpopulation dans la cellule où ils étaient enfermés ? C'est fort possible quand on apprend, de différentes sources, que les drogués étaient entassés à 30 dans un réduit qui en principe devait en contenir à peine le tiers...

Mais quelle que soit l'hypothèse retenue, l'événement est suffisammentgrave pour que ce fait divers soit devenu une véritable affaire d'Etat dans laquelle le Premier ministre, Christophe Dabiré, et son ministre de la Sécurité, Ousséni Compaoré, se sont investis personnellement. D'ores et déjà les autorités semblent en effet avoir pris toute la mesure de la situation en révoquant à titre conservatoire le commissaire Belem Richard, patron de l'unité antidrogue (même s'il n'en est peut-être pas lui-même responsable).

Une enquête administrative a été ordonnée à côté de l'action judiciaire pour que toute la lumière soit faite sur ce malheureux événement. Reste à espérer que les onze corps, dont le parquet a immédiatement requis l'autopsie, vont très vite parler pour situer l'opinion publique sur cette ténébreuse affaire.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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