Congo-Kinshasa: Du rififi au FCC - Bahati demande au Premier ministre d'identifier une nouvelle majorité

17 Juillet 2019

Le clan Kabila connait de fortes turbulences 6 mois après les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre 2018, lesquelles ont eu le mérite de faire vivre au peuple congolais, pour la première fois de son histoire, une passation civilisée du pouvoir au sommet de l'Etat.

Après sa suspension à durée indéterminée par la conférence des présidents du FCC (Front Commun pour le Congo), suivie de sa radiation, suite à sa décision de se porter candidat à la présidence du bureau définitif du Sénat, contre Thambwe Mwamba, le candidat plébiscité par cette famille politique, Modeste Bahati n'a pas quitté le navire seul. En effet, de nombreux partisans de l'ex-Président de la République, à Kinshasa comme en provinces, ont rallié sa cause.

On peut citer, dans le lot, Adèle Kayinda, une des co-fondatrices du PPRD, élue sur la liste de l'AFDC aux législatives du 30 décembre 2018, nommée illico presto présidente du groupement parlementaire de ce regroupement politique, en remplacement de Nene Ilunga, rester fidèle au FCC et à Joseph Kabila. Il y a également Vicky Katumwa, PCA de l'ex-Onatra, et Mbengele, ancien directeur général du FPI, opposant farouche d'Evariste Boshab dans la circonscription électorale de Mweka, au Kasai central.

Dans sa communication devant les médias, hier mardi 16 juillet 2019 au Palais du Peuple, Modeste Bahati Lukwebo a officiellement confirmé son divorce d'avec le FCC. Il a, dans la foulée, demandé au Premier ministre Ilunga Ilunkamba de procéder à l'identification d'une nouvelle majorité parlementaire, en tenant compte du fait que la plate-forme AFDC-A (Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés), est devenue autonome, et d'entamer de nouvelles consultations en vue de la formation du gouvernement.

L' « Autorité morale » de l'AFDC-A a également invité ses anciens camarades du FCC et leur chef de file, Joseph Kabila, de mettre immédiatement fin à leurs intimidations en direction des élus et mandataires de son regroupement politique ainsi qu'aux manœuvres de débauchage, sous peine de poursuites judiciaires. Eric Wemba

AFDC -A: Nouvelle Plate-forme politique au sein de la majorité parlementaire

La situation politique dans notre pays évolue à une vitesse de lumière. Aujourd'hui notre Regroupement politique, Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) est devant vous, femmes et hommes des médias, afin de fixer l'opinion nationale et internationale.

En date du 15 juillet 2019, la Conférence des Chefs des Regroupements du Front Commun pour le Congo a suspendu pour une durée indéterminée et sans une demande d'explication, son représentant à ladite Conférence, l'Honorable Sénateur Modeste BAHATI LUKWEBO, après qu'il ait dénoncé pour la nième fois la violation de la Charte du FCC quant au respect des critères de poids politique et de concertation préalable dans la répartition des responsabilités. L'injustice, la méchanceté, la haine, l'égoïsme à outrance, le chantage médiatique, la jalousie, les intrigues et les règlements de compte sont devenus le mode de gestion de cette plateforme politique. En RDC, des millions de personnes suivent de très près les démarches et autres comportements politiciens de mes ex-camarades réunis au sein du FCC. Ce sont des comportements condamnables.

Il est inconcevable qu'un Regroupement comme l'AFDC-A, deuxième force politique du pays, qui apporte au FCC 145 élus (44 députés nationaux, 70 députés provinciaux, 2 gouverneurs de province Kasaï central et Sud Kivu, 7 vices gouverneurs Tshopo, Tshuapa, Tanganyika, Equateur, Maniema, Kasaï et Kasaï central, 13 sénateurs et des membres des bureaux des assemblées provinciales; soit privé de la direction d'une institution au profit d'un indépendant qui vient seul et dont la candidature n'a fait l'objet d'aucun débat.

La réalité, c'est que l'AFDC-A est combattu pour son projet progressiste qui lutte pour la véritable démocratie en RDC, la bonne gouvernance et l'amélioration des conditions de vie de la population.

Ne dit-on pas en latin que : « SALUS POPULI SUPREMA LEX ESTO » c'est-à-dire LE SALUT DU PEUPLE EST AU-DESSUS DE TOUT.

Voilà pourquoi, le Regroupement Politique AFDC-A a décidé, après son exclusion injustifiée, de se constituer en plate-forme politique autonome dans la majorité parlementaire en vue de continuer à défendre les intérêts du Peuple congolais en vue de briser le paradoxe d'un pays nanti avec un peuple pauvre. Le Regroupement AFDC-A lance un appel à toutes les autres forces politiques soucieuses du bien-être de la population et du développement économique et social de la RDC de se joindre à lui pour l'atteinte de ces objectifs.

Nous saluons ce qui, de positif, a été réalisé par les différents gouvernements qui se sont succédés mais nous estimons qu'il est possible de faire encore mieux en capitalisant toutes les vertus républicaines et en plaçant au centre les préoccupations de nos compatriotes.

Ainsi est née ce jour la plate-forme politique AFDC-A en sus du FCC, du CACH et de LAMUKA.

Toutes les Institutions de la Républiques, les forces politiques et la société civile sont invitées à en prendre note.

CREATION DU REGROUPEMENT POLITIQUE AFDC-A

Le Protocole d'Accord portant création du Regroupement politique dénommé Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) a été signé en date du 17 mars 2018. Ce protocole avait été signé entre l'Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) et plusieurs autres sociétaires dont 31 Partis politiques et 21 Personnalités politiques. Les Partis Politiques y étaient représentés par leurs mandataires légaux. La Direction du Regroupement est assurée par le Président National et Autorité Morale du Parti politique AFDC nommé statutairement en qualité de Président du Regroupement politique AFDC-A par la Conférence des Présidents des Partis et Personnalités Politiques (cfr. Article 7 paragraphe 4 du Protocole d'Accord portant création du regroupement). Le Président du Regroupement est la seule Autorité habilitée à engager ledit Regroupement politique vis-à-vis des Autorités Publiques, des tiers et des organisations politiques. En cas d'empêchement, il désigne un intérimaire porteur d'un mandat spécial (etc. Article 7 paragraphe 4 du Protocole d'Accord portant création du regroupement). En date du 26 mars 2018, les noms des personnes autorisées les partis et les regroupements politiques ont été communiqués au ministère de l'Intérieur et Sécurité.

ELECTIONS PRESIDENTIELLE, LEGISLATIVES NATIONALES ET PROVINCIALES DE 2018

Les candidats députés nationaux et provinciaux, les sénateurs, les gouverneurs, les vices- gouverneurs et les membres des bureaux des assemblées provinciales se sont présentés sous le label de leurs partis ou de leurs regroupements politiques. Il sied donc de préciser que le FCC n'a pas de députés ni des sénateurs propres. Encore moins des gouverneurs et vices-gouverneurs. Ils se sont présentés au nom de leurs partis et regroupements politiques. Il ne peut en être autrement dès lors que le FCC n'a pas de personnalité juridique. Ceci nonobstant l'appui financier et logistique apporté aux partis et regroupements membres. A cet effet l'AFDC-A fort de son nombre de candidats députés nationaux et provinciaux (1.212) et de 32 partis politiques membres, remercie l'Autorité Morale du FCC pour l'appui de 650 dollars américains déboursé pour ses candidats. Le reste (caution et appui à la campagne électorale, logistique etc. ) a été payé par nous-mêmes pour tous les candidats et pour tous les chefs des partis politiques, y compris i' Honorable Stève Mbikay qui n'a jamais cotisé au regroupement mais pour lequel nous avons payé la caution ainsi que celle de tous les candidats proposés par son parti PT en sus de l'appui de 5.000 USD à sa campagne. Tous les candidats ont aussi reçu un appui à la campagne.

Pour dire vrai l'honorable Stève Mbikay, n'a jamais été élu ou désigné vice-président du Regroupement AFDC-A, car ils étaient 4 prétendants au poste de vice-président en charge du Kasaï Oriental et ne s'étant pas mis d'accord, le poste est resté vacant. Il ne peut donc prouver la qualité de vice-président dont il se prévaut dans sa recherche de postes ministériels.

De même, l'honorable NENE ILUNGA NKULU n'a aucune qualité pour engager et représenter le Regroupement AFDC-A au FCC et auprès des tiers au risque de nous obliger à engager des poursuites judiciaires à sa charge et à la charge de ceux qui tenteront de quitter le Regroupement au nom duquel ils ont été élus, en application de la Loi sur les partis politiques et aux règlements intérieurs de l'Assemblée Nationale et du Sénat.

C'est ici l'occasion de dénoncer les méthodes staliniennes du FCC qui s'active à débaucher nos élus et nos cadres, alors que la Charte du FCC interdit formellement l'ingérence dans le fonctionnement interne des partis et regroupements membres.

A son égard, également des poursuites vont. être engagées et nous demandons au CNSA de jouer son rôle en vue de préserver la liberté d'association et la démocratie dans notre pays.

L'AFDC-A est devenue un patrimoine national qui doit être sauvegardé par ce qu'il est le seul avec le PPRD qui a franchi le seuil de 1.250.000 voix exprimées par les électeurs. Ce patrimoine ne peut être démoli par des personnes animées de jalousie, de méchanceté, de peur de contradiction et d 'injustice,

Les intimidations, les menaces sécuritaires et même d'atteinte à l'intégrité physique de nous qui sommes légalistes et aux côtés de la population, mais nous ne nous détournerons aucunement de nos objectifs et c'est ce qui nous amène à confirmer notre candidature au poste de Président du Sénat.

Nous savons que leurs laboratoires fonctionnent jour et nuit pour examiner la possibilité d'invalider notre candidature, mais le Peuple ne le leur permettra pas.

Nous demandons donc à nos Gouverneurs et vice-gouverneurs, à nos députés, nos sénateurs, nos membres des bureaux des assemblées provinciales ainsi qu'à nos ministres provinciaux de s'opposer à toute forme de dictature et d'intimidations et de vaquer paisiblement à leurs occupations. Rien ne leur arrivera tant que les donneurs d'ordre n'ont ni légitimité, ni légalité.

Il suffit de voir comment les mêmes bonzes du FCC se sont rués sur nos élus en intentant des procès à la Cour Constitutionnelle et au Conseil d'Etat en vue de remplacer nos véritables élus pour comprendre leurs méthodes anti démocratiques. Tenez vous bien 138 procès. Pourtant au départ, ils nous en avaient déjà pris y compris mon siège à Bukavu. Pourtant, je détiens toutes les preuves de mon élection comme député national, bureau par bureau de vote, mais comme il fallait me barrer la route du perchoir à l'Assemblée Nationale, il fallait proclamer quelqu'un qui vient derrière moi sur la liste pour m'embarrasser.

Malgré tous ces tripatouillages, nous demeurons la deuxième force politique du pays après les arrêts rendus par les Cours d'Appel et de la Cour Constitutionnelle à l'issue desquels nous avons perdu 3 sièges à Lubumbashi, Kalemie et Tshangu.

Ainsi, nous ne pouvons nous empêcher de dénoncer :

Le débauchage des Députés de notre Regroupement politique AFDC-A avec promesse des postes et avantages alléchants;

La tentative de dédoublement de notre Regroupement politique AFDC-A et du Parti politique AFDC, en souvenir des actes posés par le passé en défaveur des Partis politiques, notamment UDPS, UDECO, MSR, MLC, PALU etc. ; et

Le montage des faux dossiers, menaces et autres insultes à notre égard,

En date du 03 avril 2019, après évaluation de la situation politique du pays, la Conférence des Présidents des Partis et Personnalités Politiques de notre regroupement politique AFDC-A, avait adressé un Mémorandum à l'Autorité Morale du FCC, dans lequel elle lui a rappelé qu'elle était la deuxième force politique du FCC et du pays. Et par conséquent, notre Regroupement politique AFDC-A membre du FCC doit être pris en compte dans le partage des responsabilités au Gouvernement, à la CENI, au niveau des Entreprises publiques et dans la diplomatie, etc. Ce mémo est demeuré lettre morte.

Suite à cette nième humiliation, la Conférence des Présidents des Partis et Personnalités Politiques de l'AFDC-A a investi, à l'unanimité, et ce, à travers une déclaration politique datée du 3 juillet 2019, l'Autorité Morale et Président National du notre regroupement politique AFDC-A en qualité de Candidat ou poste de Président du SENAT. La déclaration politique susvisée fût égaiement transmise à l'Autorité Morale du FCC et distribuée à tous les Présidents des Regroupements membres du FCC.

Aussi, en date du 7 juillet 201 9, la Conférence des Présidents des Partis et Personnalités Politiques de l'AFDC-A avait tenu une nouvelle réunion pour, non seulement constater et prendre acte de l'exclusion du Président et Autorité Morale de l'AFDC-A et de son Regroupement politique de la plate-forme FCC (cfr. déclaration lue à la veille par le Rapporteur du FCC) mais aussi reconfirmer l'investiture de l'Honorable Sénateur Modeste BAHATI LUKWEBO au poste de Candidat Président du SENAT.

Parmi autres résolutions prises le même jour. Il s'agit notamment de :

Reconnaitre officiellement l'autonomie de notre Regroupement politique AFDCA et sa conversion en plate-forme politique de la Majorité Présidentielle;

Donner mandat au Président National et Autorité Morale de notre Regroupement politique AFDC-A afin de prendre contact avec toutes les Institutions de la République pour les informer de notre autonomie politique et d'en tenir compte dans le partage des postes de responsabilités;

Eviter l'étouffement des partis et Regroupements politiques contrairement à l'autonomie prévue dans la Charte constitutive du FCC, etc.

Bien qu'ayant pris part active à la Conférence des Présidents des Partis et Personnalités Politiques de notre Regroupement politique AFDC-A et signé la déclaration qui avait confirmé l'investiture du Président et Autorité Morale en qualité de candidat Président du Sénat, un groupuscule des élus et de quelques cadres se sont désolidarisés du Regroupement par des Déclarations contraires à la décision prise auparavant.

C'est ici l'opportunité de confirmer que cette déclaration ne peut en aucun cas engager notre Regroupement politique AFDC-A, car n'émanant pas de la Conférence des Présidents des partis et Personnalités politiques.

Rappelle que, l'Honorable ILUNGA NKULU Néné, Présidente du Groupe Parlementaire AFDC-A à l'Assemblée Nationale, initiatrice de la dissidence, est signataire du communiqué daté du 11 juillet 2019, par lequel, nous citons: « ... demanda aux camarades membres du Regroupement politique AFDC-A qui occupent des responsabilités dans les institutions au niveau national ou provincial pour le compte du FCC, de bien vouloir clarifier leurs positions d'appartenance ou non au FCC, endéans 72 heures ».

Il apparait clairement que l'Honorable ILUNGA NKULU Néné ignore totalement les dispositions statutaires et règlementaires de notre Regroupement politique AFDC-A, car n'ayant pas qualité pour engager ni représenter celui-ci.

Pour son information et conformément au Protocole d'Accord précité, le Président National et Autorité Morale de l'AFDC-A est le seul habilité à engager le Regroupement auprès des tiers suivant Mandat lui confié par la Conférence des Présidents des Partis et Personnalités Politiques.

Vous remarquerez que l'Honorable ILUNGA NKULU Néné n'est pas membre de cette Conférence. A ce titre, elle ne peut se prévaloir des prérogatives de cet organe à moins qu'elle l'ait fait par ignorance.

Par, rapport à la forme de son Communiqué lacunaire, nous constatons, entre autres:

a. L'absence de logo, le cochet, l'adresse sociale, le numéro de téléphone, le site web, et le numéro portant enregistrement de son Regroupement auprès du ministère de l'Intérieur de notre pays;

b. L'inexistence de la fonction de Coordonnatrice dons la structure nationale de l'AFDC-A;

c. L'utilisation abuse et sans autorisation des insignes officiels de notre Regroupement politique AFDC-A ;

d. Les instructions erronées données, sans aucune qualité, aux élus de notre Regroupement l'AFDC-A en engageant le FCC, alors qu'elle n'a pas compétence,

Comme conséquences:

Primo, le mandat des Députés ou des Sénateurs exercé par les dissidents est un mandat du Regroupement et non des individus et encore moins du FCC ;

Secundo, les dispositions du Protocole d'Accord et du Règlement Intérieur du Regroupement politique AFDC-A étant claires, il est demandé aux dissidents débauchés de revenir à la raison pour éviter tout désagrément, car l' heure de dédoublement des Partis et ou des Regroupements politiques n'est plus d'actualité,

CONCLUSION

Nous demandons à Son Excellence Monsieur le Président de la République Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO et au CNSA de garantir le bon fonctionnement de notre regroupement et d'interdire toute ingérence extérieure;

Au Premier Ministre d'accélérer l'identification de la nouvelle majorité en considérant la nouvelle plate-forme AFDC-A et d'entamer les consultations pour la composition du nouveau gouvernement;

Aux dirigeants du FCC de cesser d'intimider nos élus et nos cadres, et de mettre fin au débauchage à ciel ouvert.

Nous demandons au Peuple congolais de continuer à placer sa confiance en notre Regroupement AFDC-A, car notre lutte part de la Conférence Nationale Souveraine en 1990 et se soldera par sa victoire et son bonheur,

Fait à Kinshasa, le 16 juillet 2019

Sénateur Professeur BAHATI LUKWEBO

MODESTE, PhD

Président et Autorité Morale de l'AFDC-A

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