Cameroun: Lutte contre les médicaments de la rue - Le Minsanté donne un avertissement

Manaouda Malachie a effectué une descente inopinée dans certains espaces commerciaux de la capitale hier, pour sensibiliser avant la répression.

Mouvement dans certains marchés de Yaoundé. Hier autour de 16h, le ministre de la Santé publique en personne y a fait irruption, alors que plusieurs vendeurs de médicaments vaquaient tranquillement à leurs occupations.

Sans que ces derniers n'aient le temps d'emballer leurs produits, ils étaient déjà nez-à-nez avec Manaouda Malachie. Et le patron de la Santé publique a pris les choses en main.

« C'est vous qui vendez ici ? », demande le ministre. « Oui Monsieur », répond le vendeur. « Vous les prenez où vos médicaments ? », ajoute le ministre. « On nous livre sur place, Monsieur », indique-t-il. « Qui vous livre ?», insiste le ministre.

« C'est un fournisseur », poursuit-il. « Savez-vous que la vente de médicaments dans la rue est interdite ? », questionne le ministre. « Je le sais.

Mais je me débrouille Monsieur le ministre », se justifie le vendeur. « Est-ce que vous allez vous débrouiller en tuant les Camerounais ? Ces produits vendus sous le soleil sont dangereux pour la santé.

Ce n'est pas bien. Pensez à vous reconvertir. Sinon, quel que soit le lieu où vous allez-vous installer, nous allons vous retrouver », a martelé Manaouda Malachie, sous le regard de plusieurs marchands et usagers du marché Mokolo à Yaoundé.

Et avant de laisser ce dernier, le ministre a clairement fait savoir qu'il est simplement venu sensibiliser. La prochaine fois qu'il effectuera une telle descente, ce sera pour agir. « Il vaut mieux que vous commenciez à sensibiliser les autres. Même vos fournisseurs.

Dites-leur qu'on ne peut plus vendre les médicaments ainsi », a-t-il déclaré. « J'ai compris Monsieur », répond le commerçant. Comme avec ce dernier, le ministre de la Santé publique a échangé avec plusieurs vendeurs de médicaments de la rue.

Du marché central au marché Mokolo, le ministre a réalisé que le phénomène est assez important. « Au marché central par exemple, il y a tout un pavillon.

Et ils ne vendent pas que des génériques. Ce qui est grave. Ceux qui le font doivent savoir qu'ils mettent la vie de nombreux Camerounais en danger. Notre objectif est de protéger les vies humaines », a-t-il indiqué.

Cette descente fait suite au communiqué récemment rendu public par le Minsanté. Communiqué qui intervenait après une réunion présidée par le Premier ministre, chef du gouvernement, qui avait décrié ce phénomène et demandé de prendre toutes les mesures pour le juguler.

Le ministre Manaouda Malachie affirme d'ailleurs ne pas être, du genre à se décourager avant l'atteinte de ses objectifs. « Peut-être que jusque-là, ils avaient opéré sereinement. Désormais nous n'allons plus les laisser dormir », a-t-il conclu.

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