Congo-Kinshasa: L'AFDC-A se positionne comme une nouvelle plateforme politique au sein de la majorité parlementaire

Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale de l'AFDC-A, ne désarme pas. Suspendu à « durée indéterminée » du FCC, avant d'être finalement radié de la plateforme politique de Joseph Kabila, Modeste Bahati clame tout haut avoir retrouvé son « autonomie ».

Il se sent désormais libre de revendiquer ses droits, au regard du poids politique de son regroupement politique. Mardi devant la presse, Modeste Bahati a appelé le Premier ministre « d'accélérer l'indentification de la nouvelle majorité en considérant la nouvelle plateforme AFDC-A et d'entamer les consultations pour la composition du nouveau gouvernement ». C'est tout dire.

Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale de l'AFDC-A, a définitivement pris ses distances du FCC, plateforme politique de Joseph Kabila. Il ne se sent plus lié à ses engagements du FCC. Sa radiation du FCC n'a pas non plus ébranlé sa détermination à aller jusqu'au bout. Affranchi du FCC, Bahati revendique désormais l'appartenance de son regroupement politique, AFDC-A, dans la nouvelle majorité parlementaire.

Le dédoublement de son regroupement que tente d'activer le FCC est un coup d'épée, a dit Modeste Bahati, mardi devant la presse réunie dans la salle Kivu du Palais du peuple. Partie prenante de la « nouvelle » majorité parlementaire, Modeste Bahati et son AFDC-A attendent donc tirer leur épingle du jeu politique totalement reconfiguré.

Bahati se décharge sur LE FCC

« La situation politique dans notre pays évolue à une vitesse de lumière. Aujourd'hui notre regroupement politique Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDCA) est devant vous, femmes et hommes des médias, afin de fixer l'opinion nationale et internationale », a d'emblée lancé Bahati Lukwebo.

Il a rappelé à cet effet qu' « en date du 15 juillet 2019, la Conférence des chefs des regroupements du Front Commun pour le Congo a suspendu pour une durée indéterminée et sans une demande d'explication, son représentant à ladite Conférence, l'honorable sénateur Modeste Bahati Lukwebo, après qu'il ait dénoncé pour la nième fois la violation de la charte du FCC quant au respect des critères de poids politique et de concertation préalable dans la répartition des responsabilités », estimant que « l'injustice, la méchanceté, la haine, l'égoïsme à outrance, le chantage médiatique, la jalousie, les intrigues et les règlements de compte sont devenus le mode de gestion de cette plateforme politique. En RDC, des millions de personnes suivent de très près les démarches et autres comportements politiciens de mes ex-camarades réunis au sein du FCC. Ce sont des comportements condamnables ».

Puis de décharger sa colère sur la gourmandise du PPRD qui cherche à imposer sa loi au sein du FCC. « Il est inconcevable qu'un regroupement comme l'AFDC-A, deuxième force politique du pays, qui apporte au FCC 145 élus (44 députés nationaux, 70 députés provinciaux, 2 gouverneurs de province Kasaï Central et Sud-Kivu, 7 vices gouverneurs Tshopo, Tshuapa, Tanganyika, Equateur, Maniema, Kasaï et Kasaï Central, 13 sénateurs et des membres des bureaux des assemblées provinciales; soit privé de la direction d'une institution au profit d'un indépendant qui vient seul et dont la candidature n'a fait l'objet d'aucun débat ». Avant de révéler que « la réalité, c'est que l'AFDC-A est combattu pour son projet progressiste qui lutte pour la véritable démocratie en RDC, la bonne gouvernance et l'amélioration des conditions de vie de la population ».

C'est pour toutes ces raisons, a-t-il fait remarquer, que « le regroupement politique AFDC-A a décidé, après son exclusion injustifiée de se constituer en plate-forme politique autonome dans la majorité parlementaire en vue de continuer à défendre les intérêts du peuple congolais afin de briser le paradoxe d'un pays nanti avec un peuple pauvre », profitant en même temps de lancer un appel à « toutes les autres forces politiques soucieuses du bien-être de la population et du développement économique et social de la RDC de se joindre à lui pour l'atteinte de ces objectifs ».

Reconfigurer la carte politique de l'Assemblée nationale

Lorsque le FCC tente de débaucher dans les rangs du FCC, en se contentant du menu fretin, Modeste Bahati ne s'en alarme pas. Bien au contraire, il demande plutôt au chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et au CNSA (Conseil national de suivi et d'évaluation de l'accord du 31 décembre 2016) de « garantir le bon fonctionnement de notre regroupement et d'interdire toute ingérence extérieure ».

Au Premier ministre nommé, le professeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Modeste Bahati l'invite plutôt à « accélérer l'identification de la nouvelle majorité en considérant la nouvelle plate-forme AFDCA et d'entamer les consultations pour la composition du nouveau gouvernement », tout en appelant les dirigeants du FCC à « cesser d'intimider nos élus et nos cadres, et de mettre fin au débauchage à ciel ouvert ».

Inscrit dans le combat pour la sauvegarde de la démocratie, Modeste Bahati a invité le peuple congolais à « continuer à placer sa confiance en notre regroupement AFDC-A, car notre lutte part de la Conférence nationale souveraine en 1990 et se soldera par sa victoire et son bonheur ».

A tout prendre, entre l'AFDC-A de Modeste Bahati et le FCC de Joseph Kabila, le divorce est consommé.

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