Congo-Kinshasa: Lutte contre la corruption - Jusqu'où ira Tshisekedi ?

Il est superfétatoire de dire que la corruption a été quasiment institutionnalisée en RDC. Elle rythme la vie nationale. Les arrêts iniques rendus par la Cour constitutionnelle en rapport avec les contentieux aux législatives nationales du 30 décembre 2018 en donnent une fois de plus la preuve.

Le chef de l'État, Félix Tshisekedi, a décidé de juguler ce fléau qui occasionne près de 15 milliards USD de manque à gagner au trésor public. Son engagement a été apprécié à juste titre dans la mesure où la réussite de la lutte contre la corruption va fournir au pays les moyens indispensables à son développement.

D'aucuns espèrent que Félix Tshisekedi va éviter les erreurs de Joseph Kabila qui, en son temps, avait nommé un conseiller spécial du chef de l'État en charge de la lutte contre la corruption, ci-devant Luzolo Bambi Lessa, mais n'avait pas assuré l'accompagnement nécessaire pour la réussite de la mission de ce dernier. Résultat : échec et mat ! Ne dit-on pas que le faux-pas de notre devancier peut nous aider à contourner l'obstacle ? L'opinion nationale ou internationale a applaudi de deux mains l'engagement du chef de l'Etat dans la lutte contre la corruption, fléau qui a gangréné tous les secteurs de la vie nationale. Jusqu'où ira-t-il ?

On l'attend sur le terrain de la concrétisation de ses bonnes intentions. En marge de la première édition de la journée africaine de lutte contre la corruption, Félix Tshisekedi n'a pas éludé le problème, tout en situant l'origine : « Au lendemain de la Révolution de l'AFDL, la corruption a été nourrie par des stratégies prédatrices violentes sous forme notamment de confiscation des biens que l'on convoitait.

Bien après le régime AFDL, la corruption s'est diversifiée dans ses formes au point même d'être normalisée et même banalisée. Tantôt, elle prend la forme d'accaparement et/ou le détournement des biens et deniers publics principalement pour servir à l'achat de voix lors des élections, tantôt elle se présente sous forme des pots-de -vin lors de rencontres avec des autorités de police, des magistrats, des inspecteurs des impôts ou même pour décrocher un marché public ou encore pour l'obtention d'un permis de construire ». Le chef de l'État est convaincu que la corruption est une gangrène qu'il faut éradiquer par tous les moyens.

Il sait également que s'attaquer à la corruption, c'est apparemment bousculer les vastes réseaux qui l'entretiennent aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur. Sans désarmer, il dit aller jusqu'au bout, c'est-à-dire démanteler les réseaux qui saignent terriblement le Trésor, tout en profitant allégrement des revenus tirés du secteur des ressources naturelles. Il est dans l'obligation de réussir là où son prédécesseur avait échoué.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Le Potentiel

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.