Soudan: Signature d'une déclaration politique entre civils et militaires

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17 Juillet 2019

Après des semaines de discussions, un accord a été trouvé entre la junte militaire au pouvoir et les civils à l'origine de la révolte populaire qui a fait chuter Omar el-Béchir le 10 avril.

La "déclaration politique" a été paraphée par les deux parties sous la houlette du médiateur de l'Union africaine (UA), Mohamed El Hacen Lebatt.

Le compromis prévoit la mise en place d'un Conseil souverain composé de cinq militaires et six civils chargés de conduire la transition pendant les trois prochaines années. La présidence de cette transition sera tournante - les 21 premiers mois seront conduits par les militaires qui confieront les 18 mois suivants aux civils. Si la majorité des soudanais a salué la signature de cet accord, Ahmed Ahmed Abdalhalim, habitant de Khartoum, émet des réserves.

"Nous ne resterons jamais silencieux tant que nous n'aurons pas un gouvernement civil à part entière, parce que c'est ce que nous voulons. Nous ne voulons pas de la contribution du Conseil militaire, car tout le monde sait qu'ils mentent, qu'ils ne tiennent pas parole, parce qu'ils changent toujours de discours. Les membres du Conseil militaire sont des menteurs ", déclare-t-il.

Des désaccords subsistent

Il s'agit d'une étape supplémentaire vers la formation d'un gouvernement civil, l'une des revendications des contestataires. Cependant, les discussions vont se poursuivre.

Parmi les divergences qui demeurent, il y a la demande d'"immunité absolue" des militaires qui se heurte au refus catégorique des meneurs de la contestation.

La justice, c'est ce que réclame Iman Balla Tayfur, une jeune étudiante soudanaise qui a manifesté dans la rue mercredi (17.07.19), à Khatoum.

"En tant que révolutionnaires, nous voulons que justice soit rendue pour le sang de nos martyrs. Certains d'entre nous sont contre l'accord, peut-être que nous l'accepterons à l'avenir", affirme-t-elle.

Autres points de frictions qui doivent faire l'objet de compromis, la création d'un Parlement de transition et le retrait des milices encore présentes à Khartoum et dans d'autres villes du pays. Parmi elles, les ex-milices arabes Janjawids accusées en 2003 de graves crimes dans la province du Darfour.

Ces ex-miliciens arabes Janjawids forment le RSF, Forces de soutien rapide, mouvement dirigé par le numéro deux du Conseil militaire au pouvoir, Mohamed Hamdan Daglo dit "Hemeidti".

Plusieurs ONG de défense des droits de l'homme accusent les hommes du RSF d'avoir durement réprimé, le 3 juin, un sit-in des manifestants devant le QG de l'armée faisant une centaines de morts selon un bilan provisoire.

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