Maroc: Le chômage continue de narguer les jeunes et les diplômés

La recette miracle pour endiguer le fléau se fait toujours attendre

Bien qu'il ait été déclaré au centre des attentions des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années, le chômage continue de faire des ravages.

Au grand désespoir desjeunes et des diplômés, premiers touchés par ce fléau, qui parfois doutent des capacités des pouvoirs publics à l'éradiquer ou tout au plus à le réduire de façon significative et durable. Année après année, la question du chômage demeure aussi poignante malgré l'élaboration d'une multitude de stratégies et programmes.

L'évolution du taux de chômage frise encore les 10% et risque de s'emballer. Ceci d'autant plus que les projections du Haut-commissariat au plan (HCP) font état d'un ralentissement de la croissance nationale pour l'année en cours. Ce qui n'est pas pour raviver le moral des ménages marocains qui touche désormais l'abîme.

A ce propos, rappelons que les résultats de l'enquête de conjoncture auprès des ménages relatifs au deuxième trimestre de l'année 2019 dans le volet « chômage » sont révélateurs du climat régnant au sein des foyers.

En effet, il ressort de l'enquête menée par cette institution publique que la perception par ces derniers de l'évolution du nombre de chômeurs laisse à désirer.

Selon le HCP, la majorité des ménages marocains(83%) sondés déclarent s'attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois.

Le Haut-commissariat en déduit que «le solde d'opinion est resté négatif à moins 76,9 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent où il a enregistré moins 75,6 points que par rapport au même trimestre de l'année précédente où il était à moins 61,7 points ».

C'est dire qu'en dépit de l'amélioration des indicateurs du marché du travail à laquelle fait allusion la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans sa dernière publication annuelle « Tableau de bord social», indiquant une baisse tendancielle du taux de chômage passé de 13,4% en 2000 à 9,8% en 2018, la question du chômage continuera de hanter les esprits, particulièrement des jeunes et des diplômés.

Et ce malgré le lancement, ces dernières années, d'une série d'initiatives visant la promotion de l'emploi et la réforme du marché du travail. C'est dans ce cadre qu'a été initiée la Stratégie nationale pour l'emploi (SNE) 2015-2025 qui cible notamment la promotion d'un emploi décent à travers une croissance riche en emplois productifs et de qualité, l'accroissement de la participation des jeunes et des femmes dansle marché du travail,souligne la Direction précisant que cette stratégie a pour principal objectif de réduire le taux de chômage à 8,5% à l'horizon 2021.

Dans sa dernière publication, la DEPF fait état d'une baisse tendancielle du taux d'activité et du taux d'emploi ainsi qu'une disparité de la répartition spatiale et sectorielle. Selon elle, la population active a connu un accroissement continu à raison de 90 mille actifs nets additionnels annuellement, passant de 10,278 en 1999 à 11,979 millions d'actifs en 2018.

Cependant, poursuit la DEPF, cet accroissement demeure inférieur à celui de la population en âge d'activité qui a augmenté de 371 mille personnes annuellement durant la même période, ce qui s'est traduit par une baisse du taux d'activité de 54,4% en 1999 à 46,2% en 2018.

« Cette baisse du taux d'activité, essentiellement en milieu urbain, s'explique par le recul important de l'offre de travail des jeunes âgés de 15 à 24 ans qui participent de moins en moins au marché du travail», précise-t-elle notant que certains prolongent la durée de leur scolarité et d'autresse retirent du marché du travail face aux difficultés croissantes d'insertion.

A noter aussi que la baisse du taux d'activité a concerné l'ensemble des tranches d'âge mais avec des niveaux différentiés. Ainsi, « pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce taux a reculé de 21 points entre 1999 et 2018, alors que chez les personnes âgées de 25 à 34 ans, il a baissé de 4,7 points et parmi celles âgées de 35-44 ans de 3,5 points ».

Soulignons qu'en dépit de l'accroissement du volume de la population active occupée, le taux d'emploi a, de son côté, baissé de 46,0% en 2000 à 41,7% en 2018 (- 4,3 point), selon la DEPF notant qu'il a également baissé de 1,0 point en milieu urbain et -6,3 en milieu rural.

Si le nombre de chômeurs a baissé, entre 2000 et 2018, de 1.367.769 à 1.168.000 personnes, permettant ainsi au taux de chômage de gagner 3,6 points de pourcentage en passant de 13,4% à 9,8%, il faut cependant relever que « cette évolution cache des disparitésselon le milieu de résidence, le sexe, l'âge et le niveau de diplôme ».

Aussi, à l'instar des années précédentes, le chômage reste encore élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans. D'après la DEPF, « il a atteint 26% au niveau national (43,2% en milieu urbain) en 2018 enregistrant ainsi une baisse de 0,5 point au niveau national, 1 point pour cette catégorie en milieu rural et une augmentation de 0,7 point en milieu urbain ».

Enfin, entre 2017 et 2018, le taux de chômage des diplômés a augmenté de 0,3 point pour atteindre 17,1% parmi ceux-ci contre seulement 3,5% pour ceux n'ayant pas de diplôme.

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