Cote d'Ivoire: Cacaoculture - Les trois clés de la Banque mondiale pour transformer le secteur

18 Juillet 2019

Un constat de la Banque mondiale. Alors que la Côte d'Ivoire est devenue le premier producteur mondial de cacao, en faisant passer ses récoltes de 550 000 tonnes par an (1980) à plus de 2 millions de tonnes (2018), cette hausse n'a pas fondamentalement changé les conditions de vie des producteurs.

C'est ce qui ressort du 9e rapport de la Banque mondiale sur la situation économique du pays présenté le 11 juillet dernier à l'auditorium de la Primature (Plateau).

Pour que le cacao « puisse enfin transformer » le pays, la Banque mondiale a proposé trois pistes. La première piste consiste à miser sur la technologie pour accroître les rendements et passer d'une croissance extensive à intensive.

En effet, le modèle actuel de création de plantations en défrichant les forêts, a atteint ses limites à cause de la rareté des ressources foncières. Par ailleurs, les planteurs de cacao n'ont pas d'autre choix que de privilégier la technologie pour accroitre leurs productions en raison des nouvelles exigences des consommateurs.

Ceux-ci imposent désormais un cacao socialement et environnementalement responsable. Selon des études, la réhabilitation des plantations basée sur l'utilisation de matériel végétal sélectionné, des entretiens adéquats et la gestion intégrée des déprédateurs entraîne des accroissements de rendements de 20 à 221 %, avec un taux moyen de rentabilité qui atteint 377 % par rapport aux plantations paysannes témoins.

La deuxième piste pour un secteur du cacao plus inclusif et responsable en Côte d'Ivoire a trait à la mise en place de mécanismes de traçabilité pour les acheteurs afin de garantir un produit responsable.

Selon le rapport, quelle que soit la stratégie choisie par le gouvernement, elle devra s'appuyer sur une connaissance précise du verger ivoirien et de la population des planteurs de cacao.

Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, le Conseil Café Cacao a récemment lancé le recensement exhaustif du verger cacaoyer national.

Ce travail fournira l'outil dont le gouvernement a besoin pour assurer la gestion de ce secteur stratégique. Enfin le troisième axe est relatif au développement de l'industrie locale de transformation.

L'objectif étant d'accroitre la valeur ajoutée retenue au niveau national à travers notamment les produits de niche. « Le prix du cacao sur le marché international varie en fonction de sa qualité.

Le cacao ghanéen obtient une prime par rapport au cacao ivoirien grâce à sa meilleure qualité essentiellement physique, de la même façon que le cacao certifié obtient une prime que les consommateurs acceptent de payer pour des fèves produites dans des conditions environnementales et sociales acceptables », indique le rapport.

Par ailleurs, le secteur devrait développer l'industrie locale de transformation du cacao pour répondre à la demande locale, développer un label d'origine plus attractif pour les consommateurs et tirer parti de la croissance de la demande asiatique de produits intermédiaires.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Cote d'Ivoire

Plus de: Patriote

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.