Soudan: Militaires et chefs rebelles parviennent à un accord

Les généraux au pouvoir et les meneurs du mouvement de contestation ont signé, le 17 juillet, un accord entérinant le partage du pouvoir pendant la période transition, après la destitution d'Omar el-Béchir en avril dernier.

Les deux parties ont paraphé une « déclaration politique », après une nuit de discussions visant à finaliser les derniers termes d'un accord trouvé, le 5 juillet. À l'issue de la rencontre, le numéro 2 du conseil militaire, au pouvoir, Mohamed Hamdan Daglo dit « Hemeidti », a salué un moment « historique ».

«Aujourd'hui, nous nous sommes accordés sur la déclaration politique», a déclaré Ibrahim al-Amin, un des meneurs de la contestation. «Pour le document constitutionnel, nous reprendrons les négociations vendredi», a-t-il poursuivi.

Cet accord constitue un premier pas vers un gouvernement civil, réclamé par les Soudanais depuis près de sept mois. Il prévoit la création d'un «conseil souverain», instance de transition chargée de gérer la transition pendant un peu plus de trois ans.

Ce conseil, qui repose sur le principe du partage des pouvoirs, sera composé de cinq militaires et six civils, dont cinq issus de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation. Les militaires présideront cette instance pendant les premiers vingt-et-un mois de la transition, les civils prendront ensuite la relève pour les dix-huit mois restants.

La question de l'immunité des militaires a compliqué les discussions. Ceux qui pourraient faire l'objet de poursuites après les violences survenues pendant les manifestations ont réclamé l'«immunité absolue». Un porte-parole du mouvement contestataire a dit refuser cette immunité. La question n'est pas encore complètement tranchée.

Le Soudan est secoué par un mouvement de protestation lancé dans tout le pays depuis le 19 décembre 2018, après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. Il a notamment abouti à la destitution d'Omar El-Béchir, en avril.

La tension entre militaires et protestataires s'est accrue après la brutale dispersion, le 3 juin, du campement de plusieurs milliers de manifestants installés, depuis avril, devant le siège de l'armée. Cette opération a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.

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