Maroc: Le conseil d'administration du FMI achève les consultations de 2019 au titre de l'article IV

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Le 13 mai 2019, le conseil d'administration du Fonds Monétaire International (FMI) a achevé les consultations au titre de l'article IV avec le Maroc [1] .

La croissance économique a fléchi à 3 % en 2018, en raison d'un ralentissement de la croissance dans l'agriculture et le secteur tertiaire. Le chômage reste proche de 10 % et est particulièrement élevé parmi les jeunes. L'inflation globale a atteint 1,9 % en 2018 en partie à cause de la hausse des prix de l'alimentation.

L'assainissement des finances publiques a ralenti en 2018, le déficit budgétaire se stabilisant à 3,7 % du PIB, en raison de la bonne tenue des recettes de la TVA et de la maîtrise de la masse salariale, qui ont compensé en partie la baisse des impôts sur les sociétés et des dons, ainsi que la hausse des subventions au butane.

En dépit de la bonne tenue des exportations dans les secteurs de l'automobile et du phosphate, le déficit des transactions extérieures courantes s'est creusé à 5,4 % du PIB en raison de la hausse des importations d'énergie et de biens d'équipement, ainsi que de la baisse des envois de fonds, des dons officiels et des recettes touristiques.

Par ailleurs, l'investissement direct étranger net a augmenté considérablement pour s'établir à 2,5 % du PIB. Les réserves internationales ont diminué à 24,4 milliards de dollars, mais elles restent à un niveau satisfaisant, aux environs de 5,2 mois d'importation.

La capitalisation des banques est adéquate, et les risques pesant sur la stabilité financière sont limités. Les créances en souffrance restent relativement élevées, mais elles sont bien provisionnées.

Les limites réglementaires visant à réduire la concentration du crédit et la collaboration internationale des instances de contrôle visant à limiter les risques liés à l'expansion des banques marocaines en Afrique sont en train d'être renforcées.

Les perspectives du Maroc à moyen terme restent favorables : la croissance devrait atteindre 4,5 % d'ici 2024.

Cependant, ces perspectives sont exposées à des risques intérieurs et extérieurs considérables, notamment des retards dans l'exécution des réformes, un fléchissement de la croissance dans les principaux pays partenaires (en particulier la zone euro), une hausse des prix du pétrole, des risques géopolitiques et la volatilité des conditions financières.

Du côté positif, une baisse des prix internationaux du pétrole pourrait encore renforcer la résilience de l'économie et un approfondissement de l'intégration régionale dans la région du Maghreb pourrait devenir une nouvelle source de croissance à moyen terme pour le Maroc.

Évaluation par le conseil d'administration [2]

Les administrateurs félicitent les autorités pour la mise en œuvre d'une politique macroéconomique saine et notent avec satisfaction l'accélération des réformes qui a contribué à améliorer la résilience de l'économie marocaine et à en accroître la diversification.

Néanmoins, les administrateurs notent l'impact que pourraient avoir l'incertitude et les risques mondiaux sur l'économie marocaine, et appellent à continuer de s'engager à mener une politique économique saine afin d'accélérer la croissance et de la rendre plus inclusive.

Les administrateurs encouragent les autorités à poursuivre l'assainissement des finances publiques afin de maintenir la viabilité de la dette, tout en préservant les investissements prioritaires et les dépenses sociales à moyen terme.

Ils notent avec satisfaction la maîtrise des dépenses consacrées aux salaires du secteur public et le résultat des assises nationales de la fiscalité de mai 2019, qui orienteront une vaste réforme fiscale visant à accroître l'équité du système fiscal et à le simplifier.

Les administrateurs préconisent de continuer d'améliorer l'efficience et la gouvernance du secteur public grâce à une réforme de la fonction publique, à une mise en œuvre rigoureuse de la décentralisation budgétaire, à un renforcement de la surveillance des entreprises publiques et à un meilleur ciblage des dépenses sociales.

Les administrateurs notent qu'il reste approprié de mener une politique monétaire accommodante étant donné que l'inflation est modérée et que la croissance de l'économie et du crédit est terne. Ils saluent le début de l'assouplissement du taux de change l'an dernier, qui renforcera la capacité de l'économie à absorber des chocs extérieurs et à rester compétitive.

Ils encouragent les autorités à profiter de la conjoncture actuelle pour poursuivre cette réforme en la planifiant avec soin et en faisant preuve d'une bonne communication.

Les administrateurs notent que le secteur bancaire est sain et résilient, tout en soulignant qu'il est nécessaire de rester vigilant étant donné sa complexité croissante et son expansion internationale.

Ils appellent aussi à continuer de s'attaquer aux lacunes du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Les administrateurs notent que l'adoption de la loi sur la banque centrale et la poursuite des efforts visant à rendre le dispositif de contrôle davantage axé sur le risque et prospectif contribueront à améliorer la solidité du secteur financier.

Ils notent avec satisfaction l'adoption récente d'une vaste stratégie d'inclusion financière, grâce à laquelle les besoins de financement des groupes mal desservis et des petites et moyennes entreprises seront mieux satisfaits.

Les administrateurs soulignent qu'il importe de maintenir le rythme des réformes structurelles afin de passer à un modèle de croissance davantage tirée par le secteur privé et plus inclusive, tout en réduisant les inégalités et en protégeant les groupes les plus vulnérables.

Les administrateurs soulignent qu'il est nécessaire de revoir les politiques du marché du travail et d'opérer des réformes dans l'éducation afin de créer des possibilités d'emploi, en particulier pour les femmes et les jeunes.

Si les administrateurs notent avec satisfaction les améliorations qui sont apportées au climat des affaires, ils encouragent à continuer de renforcer la gouvernance et de lutter contre la corruption.

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