Congo-Kinshasa: Un journaliste d'investigation passé à tabac après un reportage

communiqué de presse

Reporters sans frontières (RSF) demande l'ouverture d'une enquête pour vol de matériel, coups et blessure après l'agression d'un journaliste d'investigation qui enquêtait sur la situation des femmes qui travaillent dans le secteur minier à l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Armés et cagoulés, six individus, dont certains portaient des uniformes de l'armée et de la police selon les témoignages obtenus par RSF, ont dressé une barricade pour stopper le véhicule à bord duquel circulait Gaël Mpoyo, fondateur du site d'informations libregrandlac et collaborateur d'Africanews, à Kisango dans le Sud-Kivu à l'est de la RDC mardi 16 juillet.

Le journaliste a été roué de coups et souffre de plusieurs blessures au dos et au cou. Son matériel, plusieurs téléphones, un ordinateur, un trépied, une caméra et un enregistreur audio, lui a également été dérobé.

Il revenait d'un tournage dans le secteur minier de Kamituga pour documenter la situation précaire des "twangaises", ces femmes qui concassent des pierres, dans l'espoir d'y trouver de l'or ou des diamants dans les mines de la région et qui sont régulièrement victimes d'agressions sexuelles.

"Nous condamnons fermement cette agression qui aurait pu coûter la vie à un journaliste d'investigation courageux et déjà menacé pour ses enquêtes par le passé, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

Nous demandons qu'une enquête sérieuse soit ouverte pour identifier les auteurs de cette attaque.

Qu'il s'agisse de coupeurs de routes ou d'éléments des forces de sécurité qui ont sciemment visé ce reporter à la suite de son reportage, les autorités ont pour devoir de protéger les journalistes qui contribuent à documenter les atteintes aux droits de l'homme dans l'est de la RDC."

L'année dernière Gaël Mpoyo et son confrère Franck Zongwe avait fait l'objet de nombreuses menaces de mort après la diffusion de leur documentaire sur des expropriations menées sur un terrain revendiquée par l'ancien président Joseph Kabila. Les deux journalistes avaient été contraints de fuir leur domicile pendant plusieurs mois.

En 2018, la RDC est le pays d'Afrique subsaharienne dans lequel RSF a enregistré le plus grand nombre d'exactions contre les journalistes. Pour les seules agressions non suivies d'une arrestation, notre organisation a répertorié 25 cas.

Si les atteintes à la liberté de la presse sont en baisse depuis le début de l'année et l'arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi, elles sont encore loin d'avoir disparu.

RSF a récemment dénoncé la suspension de la chaîne RTVS1 appartenant à l'un des leaders de l'opposition, en dehors de toute procédure légale, une pratique courante sous le régime de l'ancien président Joseph Kabila.

La RDC occupe la 154e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2019.

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