Congo-Kinshasa: Ebola «urgence» sanitaire mondiale en RDC, la société civile attend du concret

La décision est accueillie diversement par la société civile. L'OMS a franchi le pas après la détection d'un premier cas d'Ebola à Goma, principale ville de l'est, toute proche du Rwanda et de l'Ouganda où deux personnes ont déjà succombé à la maladie depuis le mois de juin.

Débutée il y a près d'un an, l'épidémie d'Ebola a déjà 1698 victimes sur plus de 2500 cas. Et si à Kinshasa les autorités affirment toujours que la situation s'améliore, chaque jour en moyenne 10 nouveaux cas sont confirmés. Loin des pics de janvier et juin 2019, mais pas sous contrôle pour autant. Pour preuve, ces personnes « contacts » recherchées en Ouganda, comme au Congo. Ainsi que la nouvelle dégradation de la situation à Beni, foyer de l'épidémie.

Pour le président de la société civile de cette localité, Kizito Bin Hangi, la « réaction de l'OMS vient en retard, vient une année après. Si l'OMS avait pris cette décision avant, Ebola serait peut-être éradiquée ». Il souhaite à présent que les autres pays, en particulier les « États voisins » de la RDC se mobilisent pour « venir en appui à l'Etat congolais afin d'éradiquer définitivement cette maladie ». Mais aussi que ces mêmes États interviennent pour lutter contre l'insécurité, qu'il juge partiellement responsable de la résistance de l'épidémie.

L'insécurité freine toujours la riposte

En effet, il est encore difficile pour les services de santé d'atteindre les zones les plus reculées de la région, en raison de l'insécurité et du risque d'attaques contre le personnel de santé. Or, la seule manière de contenir la maladie, c'est d'arriver à identifier toutes les personnes qui ont été en contact avec des malades, parce qu'il y a un risque qu'elles aient contracté la maladie ou qu'elles finissent par être contaminées si elles ne sont pas vaccinées à temps. C'est ce qu'on appelle la chaîne de contamination et c'est ce qu'aujourd'hui, la riposte Ebola n'arrive pas à sécuriser.

Pour l'opposant Jules Vahikehya, élu de la province, la responsabilité de l'État congolais est engagée. Il veut que l'OMS « renforce » sa coopération avec les autorités congolaises pour « essayer de répondre aux erreurs qui ne permettent pas à la riposte d'atteindre ses résultats ». Il cite en particulier la « gestion du personnel local », ceux sans qui rien ne peut se faire d'après lui et qui sont pourtant, dit-il, « presque oubliés ».

Obtenir « l'adhésion » des populations locales

L'opposant a également l'impression que la riposte est aujourd'hui plus gérée par les partenaires que par le gouvernement lui-même. Or, à ses yeux, tout doit être fait pour « remettre la gestion d'Ebola dans le système national pour espérer avoir l'adhésion de tous les acteurs locaux ».

À l'heure actuelle, la tâche de la riposte est d'autant plus complexe qu'une partie des personnes « contacts » prennent la fuite. Certaines n'ont pas de signes d'hémorragie et pensent ne pas être malades. D'autres ont peur de mourir dans les centres de traitement ou d'être contaminés là-bas.

Et la région de Beni-Butembo-Bunia est une région commerçante avec des frontières toutes proches, c'est aussi une région où il y a des groupes armés et d'importants déplacements. Ce qui fait beaucoup de mouvements difficilement contrôlables.

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