Congo-Kinshasa: Urgence mondiale ou pas, la riposte contre Ebola se poursuit

18 Juillet 2019

L'Organisation mondiale de la santé a donc relevé le niveau de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola au rang d'urgence sanitaire mondiale. Une décision qui laisse le docteur et ministre congolais de la Santé sceptique.

Au cours de l'interview qu'il a accordée à la DW, le ministre congolais de la Santé a pris acte de la décision des experts de l'Organisation mondiale de la santé. Cependant, Oly Ilunga Kalengar met en garde les ONG : "j'espère que cette décision n'est pas le résultat des nombreuses pressions de différents groupes (...) qui voulaient utiliser cette déclaration comme une opportunité pour lever des fonds pour les acteurs humanitaires", dit-t-il.

Le souhait du ministre est que les fonds alloués à la lutte contre Ebola puissent être gérés à bon escient. Un vœu qu'émet également Julienne Lusenge, coordinatrice de l'ONG SOFEPADI, Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral, basé à Beni.

Embarras et pragmatisme

Interrogée par la DW, Margaret Harris, la chargée de communication de l'Organisation mondiale de la Santé à Beni, n'a pas souhaité commenter ces propos, se contentant de se féliciter de la bonne collaboration de son institution avec les autorités congolaises.

Par ailleurs, pour être efficace dans la riposte, Narcisse Wega, coordinateur du projet des urgences de MSF (Médecins Sans Frontières) propose un ensemble de mesures à prendre. Il y a toute la stratégie à revoir, que ce soit dans la vaccination, que ce soit dans l'approche même de la prise en charge, en décentralisant davantage l'accès, en donnant une offre plus large à la population, suggère Narcisse Wega.

Pour contenir la propagation exponentielle de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a demandé à la communauté internationale de "redoubler d'efforts", en dépit des moyens humains et financiers colossaux déployés depuis l'apparition de la maladie.

Sur place, la riposte se poursuit

Entre temps, la mobilisation contre Ebola se poursuit au lendemain de la décision de l'Organisation mondiale de la santé. En visite à Goma, dans l'est du pays ce jeudi, le ministre de la Santé Oly Ilunga a demandé aux pasteurs et aux prêtres d'adopter un "comportement responsable" face à l'épidémie. "Ebola est une réalité, Ebola n'a rien de surnaturel, Ebola n'a rien de paranormal", a déclaré Oly Ilunga au cours d'une conférence de presse.

Selon le dernier bulletin du ministère de la Santé, en quelques jours, le virus Ebola a tué dix personnes dans la province du Nord-Kivu, soit un total de 1.698 décès depuis le 1er août 2018. Parmi eux 41 agents de santé. Huit des dix derniers décès ont été enregistrés à Beni, le principal foyer de l'épidémie avec Butembo-Katwa, à 50 km plus au sud. Par ailleurs, l'OMS dénombre "374 cas suspects en cours d'investigation" et "10 nouveaux cas confirmés". Enfin, 717 personnes ont pu être guéries alors que la vaccination de 164.757 habitants a permis d'éviter des milliers de morts, a conclu le ministre de la Santé.

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