Cameroun: Revente des médicaments dans la rue - Des idées à Manaouda Malachie pour mieux faire...

19 Juillet 2019

A lui seul, le ministre aura beau vouloir règlementer, il ne réussira pas sans l'accord des autres. C'est comme une guerre : elle ne se gagne jamais sans l'avis des populations. De belles volontés, on en a vu ; et pour commencer, celles de Paul Biya bien consignées dans son livre Pour le libéralisme communautaire dont personne ne sait aujourd'hui ce qu'il en est.

Parlant du problème de revente des médicaments dans la rue, il faut tout d'abord se dire qu'à cause du taux d'illettrisme au Cameroun qui dépasse 80% de la population, respecter les normes est absolument impossible ! Dans cet environnement camerounais là, comment peut-on gérer le problème de revente illicite de médicaments dans les rues au Cameroun pour le meilleur de tous ? Car actuellement au Cameroun, pharmacies, hôpitaux et revendeurs de médicaments cohabitent et la destruction des milliers d'emplois dans la revente des médicaments n'est pas la solution idéale si jamais il y'en a mieux. Par une alchimie, les trois pourront coexister, jusqu'à l'arrivée de la couverture médicale universelle qui devrait logiquement marquer la fin de la revente des médicaments.

Le décret règlementant ce commerce pourrait être le suivant :

est reconnu comme légal sur le territoire national la revente des médicaments par des particuliers sous le régime fiscal en cours;

ce commerce est soumis à l'obtention d'un agrément selon le formulaire ministériel de la part du particulier au pharmacien de son choix exerçant dans son département et sous visa final du préfet ;

le lieu d'exercice de ce commerce est une agence de ladite pharmacie ;

le pharmacien ainsi engagé est responsable devant la loi de tout acte posé par son agent ;

toute agence doit revêtir le logo et autres signes distinctifs de la pharmacie mère, de même que l'habillement du revendeur;

tout agent de revente doit justifier d'un minimum de diplôme relatif à la santé;

le dossier à déposer au préfet contre récépissé de dépôt comprend:

une demande timbrée de visa d'agrément de revente de médicaments

un formulaire d'agrément rempli et au timbre fiscal

le diplôme relatif à la santé du bénéficiaire

l'agrément de la pharmacie mère et le diplôme de pharmacien

le plan de localisation et au timbre fiscal

le certificat médical du bénéficiaire

l'extrait de casier judiciaire du bénéficiaire

les photocopies certifie conforme à l'original des CNI et acte de naissance

le visa du préfet se fait dans les 7 jours suivants sinon le bénéficiaire est libre d'exercer

le rejet d'une demande par le préfet est expressément notifié avec les raisons au demandeur qui peut se corriger.

Ainsi dit, le tour est joué : tout le monde a son compte. L'Etat a mis de l'ordre, les pharmaciens ont repris leurs droits sur les ventes de médicaments et les revendeurs poursuivent leurs métiers pour un Cameroun. Ensemble, on peut bâtir ce pays et le moderniser ; le problème, c'est que les bonnes idées sont toujours rejetées à Yaoundé...

Bien entendu, certains diront : quelle différence y'a-t-il alors entre ces propositions et les actions du ministre car toutes donnent priorité aux pharmacies ? La réponse réside en le fait la revente est désormais légale, que l'exercice est bien sous contrôle des compétents et que si les anciens revendeurs ne peuvent pas justifier d'un diplôme médical, ils pourront employer ceux qui en ont sans arrêter de fonctionner contrairement à la volonté du ministre.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

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