Congo-Brazzaville: Décentralisation - Des échanges autour de l'implication des citoyens dans le développement communautaire

Les premières universités d'été de Bacongo ont relancé le 18 juillet, au ministère de la Justice, le débat sur la mise en œuvre de la décentralisation avec la participation des communautés locales.

S'étendant jusqu'au 28 juillet prochain, la grande consultation participative et citoyenne des habitants du deuxième arrondissement de Brazzaville est entrée depuis le jeudi dans sa phase scientifique. Développant le thème sur : « La démocratie participative, comment stimuler l'implication des habitants au développement de leur quartier », cas de la ville de Lyon, 9e arrondissement, le député de la République en marche de la 2e circonscription du Rhône, le Français Hubert Julien-Laferrière a partagé son expérience avec l'assistance.

Selon l'invité d'honneur de ces assises, la France et le Congo ont tous une tradition décentralisatrice. De ce fait, les deux Etats ont fait des efforts pour décentraliser et donner plus la parole aux citoyens. En effet, l'ancien maire du 2e arrondissement de Lyon a rappelé que la France a commencé avec la décentralisation depuis 1983 avant d'intégrer le développement de la participation citoyenne en 2002. « Nous voyons bien qu'il faut pouvoir échanger nos expériences parce que la participation des citoyens ne doit pas s'organiser seulement dans la loi, c'est par la pratique. C'est à travers l'échange d'expériences que nous pouvons faire en sorte que les citoyens croient de plus en plus en leur démocratie, qu'ils y participent, mais bien sûr dans le respect des prérogatives de chacun », a indiqué le vice-président du groupe d'amitié France-Congo à l'Assemblée nationale de son pays.

Pour Hubert Julien-Laferrière, la participation des citoyens ne veut pas dire leur donner tout le pouvoir. Il s'agit plutôt, a-t-il poursuivi, de faire participer la population à la décision publique afin de faire vivre la démocratie et la confiance envers les décideurs. « J'ai bien senti que Bacongo a besoin que l'ensemble de ses citoyens puissent s'impliquer davantage dans le futur de la collectivité. Je crois qu'ici ... il y avait beaucoup du monde, à la fois des citoyens, des élus, des ministres. On a beaucoup de choses à s'apprendre mutuellement. La France et le Congo vont faire participer davantage des citoyens à la République », a conclu le député de la 2e circonscription de Rhône, précisant que cette rencontre a permis d'échanger les expériences entre Lyon et Brazzaville.

Rendre opérationnels les CGDC

L'autre communication portant sur le thème : « Le Comité de gestion et de développement communautaire, en République du Congo : qu'en est-il ? », a été développée par le directeur des compétences et institutions locales au ministère de l'Intérieur et de la décentralisation, Exaucé Mbemba-Samba. D'après lui, les Comités de gestion et de développement communautaire (CGDC) sont mis en œuvre dans le cadre de la décentralisation pour permettre à la population d'avoir un cadre de participation aux efforts de développement de leur communauté d'attache.

En effet, on parle de la décentralisation depuis 1973. Mais, il a fallu attendre 40 ans, notamment en 2013 pour voir le pays se doter des premiers outils de promotion de la participation citoyenne au développement local. En effet, le Congo a fait dans sa nouvelle Constitution une part belle à la décentralisation. Quant à la mise en place des CGDC dans les entités administratives de base (quartiers et les villages), les conditions ne sont pas encore réunies pour les rendre opérationnels, a expliqué l'orateur. « Je demande aux responsables de Vumbuka de consolider cette dynamique. Je peux vous rassurer que dans les mois qui suivent, le cadre juridique sera complété pour qu'effectivement, les CGDC aient tous les outils textuels pour un meilleur fonctionnement », a souligné Exaucé Mbemba-Samba.

En rappel, les universités d'été de Bacongo sont mises en œuvre par la Dynamique citoyenne pour des solidarités nouvelles « Vumbuka », en partenariat avec le Collectif des élus locaux de Bacongo (Celba). Pour le promoteur de ce concept, le conseiller Fabrice Donald Fylla Saint Eudes, l'organisation de ces assises a permis aux élus locaux du deuxième arrondissement de créer un cadre de concertation en vue de la mise en œuvre des projets d'ensemble.

Notons que cette conférence-débat s'est déroulée en présence de plusieurs invités dont le ministre d'Etat, directeur dE cabinet du chef de l'Etat, Florent Ntsiba.

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