Cote d'Ivoire: Michel Brizoua-Bi (président de la Commission de gouvernance de la CAF) - "Nous allons porter la CAF aux meilleurs standards mondiaux de gouvernance"

19 Juillet 2019
interview

L'avocat ivoirien aura la lourde tâche d'assainir la gestion et l'administration de la faîtière du football africain.

Comment avez-vous accueilli votre élection au poste de président de la commission de gouvernance de la Caf ?

Je ne perds pas de vue le fait que c'est un clin d'œil et une marque de reconnaissance à la Côte d'Ivoire, à ses hommes et à mes devanciers qui sont passés à la Caf. J'espère pouvoir, avec mon équipe, être à la hauteur de la tâche confiée à la Côte d'Ivoire. Je crois qu'à chaque fois que l'Afrique a eu à faire face à un certain nombre de défis, on a pensé à la Côte d'Ivoire. Nous avons un important chantier et si nous voulons que le football en Afrique ait des performances ascendantes, il faut que nous remettions en cause notre gouvernance pour que nous puissions avoir des performances dignes des attentes de tous les acteurs du football africain.

Quel est le diagnostic que vous faites par rapport au chantier qui vous attend ?

C'est un diagnostic très optimiste pour une raison bien simple. La Confédération africaine de football s'engage dans des réformes de gouvernance, après que nombre d'autres confédérations ont vécu des problèmes importants de gouvernance. Nous allons donc tirer profit des expériences des confédérations sœurs et essayer de porter la Caf aux meilleurs standards mondiaux de gouvernance. Nous sommes très optimistes parce que ce qu'il nous fallait, c'était une volonté politique forte. Et ce vote obtenu à l'assemblée générale est un message clair que l'Afrique adresse au monde. C'est-à-dire qu'au-delà de ses talents en matière footballistique et organisationnelle, elle peut être aussi aux premières loges.

Concrètement, en quoi consiste votre rôle à la Caf ?

Notre rôle est clair. Il s'agira d'abord de faire l'état des lieux de ce qui ne va pas, en dehors de ce qui peut se dire dans la presse. Et puis la gouvernance, en tant qu'Africain, c'est de savoir rendre compte. C'est un devoir de redevabilité envers nos mandants pour qui nous gérons le football africain. Il faut améliorer les process, la communication et améliorer aussi ce que nous devons aux communautés en Afrique. La Caf, semble-t-il, a des ressources et il faut qu'elles soient gérées au mieux pour que le premier regard porté sur elle soit respectueux.

L'Ag a révélé que le train de vie de la Caf pose problème. Comment allez-vous aborder ce dossier ?

Avec beaucoup d'humilité. J'ai écouté le rapport du président du comité d'audit, s'il est perçu un certain décalage, c'est qu'à un moment donné, il faudra que la Caf apprenne à vivre avec ses ressources et ses ambitions. Certainement qu'il faudra, sur ce chapitre, remettre à plat un certain nombre de pratiques et de procédures pour que les ressources allouées à la Caf soient utilisées de façon optimale pour le football.

Ce sont donc de mauvaises habitudes qu'il faut changer.

Je ne peux parler de mauvaises habitudes que je n'ai pas encore constatées. Je viens d'être élu, mais je présume que ceux qui ont pu examiner les documents pertinents sont qualifiés pour voir ce qu'il y a lieu de réviser. Il faut avoir un regard, certes sévère, mais aussi lucide parce qu'il y a eu un passé avec des acquis et des choses à améliorer. Nous savions qu'il fallait une volonté une politique forte et cela a été exprimé par les associations nationales. Maintenant, avec une équipe, le comité exécutif et toutes les parties prenantes, même les Fédérations, il faudra nous mettre aux bonnes pratiques. Je suis confiant.

Comment se fera la collaboration avec la Fifa ?

La mise en place de ce comité de gouvernance date de la réunion du comité exécutif du 11 avril, avant les scandales dont on a entendu parler. Tout cela pour dire qu'il y a des compétences en Afrique qui vont se mettre à travailler sur ce chantier et qui vont, par la suite, collaborer avec la Fifa et, peut-être, avec d'autres confédérations qui sont passées par des réformes importantes qui sont à saluer. Nous disons donc oui à la collaboration, mais il y a des compétences en Afrique et nous allons les mettre au service de la Confédération.

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