Congo-Brazzaville: Programme Congo-FMI - Les entreprises publiques visées par un plan de réformes

L'exécutif entend améliorer durant les trois prochaines années la gestion des sociétés d'État en pleine crise sociale et financière, à l'instar du Port autonome de Brazzaville, du CFCO, de la compagnie Congo télécom et de la Sopéco.

Au cours de sa conférence de presse tenue le 18 juillet dernier, le Premier ministre, Clément Mouamba, a indiqué que le groupe de la Banque mondiale devrait verser une enveloppe de quarante millions de dollars pour soutenir les réformes du secteur public en plus des fonds propres. Ce plan de réformes vise à renforcer la gouvernance du secteur public en lien avec le Plan national de développement 2018-2022.

En effet, presque toutes les entreprises publiques et paraétatiques ne sont pas épargnées par la crise économique que traverse le pays. Mais la situation des entreprises peut en partie être attribuée à la mauvaise gestion et au manque d'un mécanisme d'évaluation des performances.

Pour le chef du gouvernement, la solution passe aussi par la modernisation de l'ensemble de la chaîne administrative. « Il s'agit de renforcer le système fiscal, d'améliorer le système d'information des régies financières notamment des douanes et impôts. L'État mettra les moyens nécessaires pour la modernisation de l'administration et de ces entités paraétatiques. Ce système électronique en préparation permettra de protéger les flux financiers de l'État », a- t-il estimé.

La Société des postes et de l'épargne du Congo (Sopeco) est sous le feu des projecteurs ces derniers jours en raison de la crise sociale qui paralyse ses activités. Depuis le 17 juillet, les travailleurs de cette société ont entamé une grève illimitée pour revendiquer le paiement des arriérés de salaires. Les syndicalistes et la direction générale se livrent à un bras de fer puisque les grévistes réclament également le départ d'un de leurs dirigeants.

Une crise sociale persistance qui a de quoi inquiéter les quelques centaines d'agents de la Sopéco. L'état financier de l'établissement est quasi déficitaire, avec des charges sociales mensuelles qui sont estimées à environ soixante-treize millions de francs CFA contre des recettes mensuelles n'atteignant pas trente millions.

L'état actuel de la Sopéco est loin d'être un cas isolé. Après deux ans d'interruption du trafic entre Brazzaville et Pointe-Noire, le CFCO ( Chemin de fer Congo Océan) aussi peine à se relancer. La rupture de ce trafic a occasionné un grand manque à gagner à la société qui s'est vue incapable de régler certaines de ses charges sociales, notamment le paiement régulier des salaires du personnel et des cotisations sociales. A cela s'ajoute l'accident ferroviaire survenu le 30 juin, dans la zone de Ngondji, près de Pointe-Noire, qui a affecté les installations du CFCO et fait plusieurs morts.

Quant au Port autonome de Brazzaville, cette entité est presque en cessation d'activités. En plus, l'établissement a perdu une bonne partie de ses domaines suite à une opération de spoliation menée par des services de l'Etat. En fin 2018, sa dette fiscale et sociale était estimée à plus de cinq milliards FCFA.

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