Algérie: Etablissements publics de santé - Vers "l'obligation" de l'activité de jumelage

Alger — Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, a exhorté, dimanche à Alger, les responsables du secteur afin de faire du jumelage entre les établissements publics de santé, une activité "obligatoire", qualifiant celle-ci de "choix stratégique".

S'exprimant à l'ouverture d'une rencontre nationale d'évaluation du jumelage et de la télémédecine, le ministre a instruit les Directeurs de la Santé et de la Population (DSP), les cadres de la Santé, les directeurs des établissements publics de santé et autres acteurs du secteur sur "l'obligation" de l'activité de jumelage entre les structures du nord du pays et celles du sud et des Hauts-Plateaux.

Cette pratique, consacrée à la faveur du décret exécutif n 16-197 du 4/6/2016 et consistant en l'envoi de missions médicales et paramédicales des CHU du nord pour assister celles du sud et des Hauts-plateaux, et qui a été jusque-là "volontaire et conjoncturelle", sera, désormais, effectuée en application d'un cadre juridique renforcé par des dispositions "incitatives".

Il citera, à ce propos, notamment la dotation par le ministère de la Santé d'un budget spécifiquement destiné à cette activité et incluant une indemnité d'intéressement de l'ordre de 25% du salaire mensuel du praticien, a-t-il soutenu.

Qualifiant le jumelage de "choix stratégique", le ministre a expliqué que celui-ci obéit à "la consécration effective des principes de généralisation, d'équité, de solidarité et de continuité de l'offre publique de soins sur lesquels repose le système national de santé", affirmant que cette pratique "ciblera prioritairement" les wilayas en manque de certaines spécialités.

Tout en soutenant que les établissements hospitaliers du sud et des Hauts-plateaux "ont bénéficié ces dernières années d'équipements importants et de plateaux techniques répondant aux besoins des professionnels de santé", M. Miraoui a ajouté que ces derniers s'y rendent davantage, grâce également à "un cadre juridique favorable".

Plus de 135.000 consultations médicales depuis 2016

Depuis le lancement de l'activité en 2016, un total de 96 conventions ont été signées entre 40 établissements hospitaliers du nord et 64 du Sud et des Hauts-plateaux ayant permis la réalisation de plus de 135.000 consultations médicales spécialisées et de quelque 15.000 interventions chirurgicales. 292 malades ont ainsi été transférés vers les établissements pilotes du Nord du pays, alors que 685 praticiens ont bénéficié de formations dans le cadre de cette formule de prise en charge sanitaire.

Tout en affichant son satisfécit quant à ce bilan, arrêté à la fin du 1er trimestre de l'année en cours, le ministre a assuré que les missions effectuées jusque-là ont permis de réduire "sensiblement" le nombre des transferts de malades du Sud et des Hauts-plateaux vers le Nord du pays.

Ceci, a-t-il poursuivi, tout en permettant "l'accompagnement" des praticiens spécialistes exerçant dans le cadre du service civil ainsi qu'une utilisation "plus rationnelle" des nouveaux équipements mis à la disposition des structures de santé du sud et des Hauts-plateaux.

Plaidant pour une "amélioration" du réseau de jumelage existant, le ministre a estimé que la rencontre d'aujourd'hui sert précisément à "examiner et corriger les insuffisances" qui empêchent cette perspective, notant que celle-ci passe par "la complémentarité et la coordination" entre les établissements d'accueil et les équipes médicales et paramédicales du Nord.

Il fera savoir, à ce propos, que son secteur envisage de "nouvelles formes" de jumelage, citant la télémédecine et la formation à distance ainsi que la télé-radiologie, avant de préciser que le secteur privé est mis à contribution notamment dans cette dernière discipline.

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