Madagascar: Métier d'enseignant - Réticence de la jeune génération

A la question qui veut devenir enseignant plus tard ? Un élève sur cinquante lèvera la main pour dire : « oui, moi ! ». Et encore, c'est une réponse plutôt timide comme si c'était un métier destiné aux personnes qui manquent d'ambition.

Les enfants n'envisagent pas de se lancer dans la profession d'enseignant, c'est qu'il y a bien une raison. En effet, quand on regarde de plus près la situation des enseignants, surtout ceux qui exercent dans le secteur privé, on ne peut ignorer le contraste élevé entre le salaire et le volume de tâches qui les attendent (confection des sujets, préparation des cours ou correction des copies). Ce sont surtout les chargés de cours qui en souffrent puisqu'ils sont payés à l'heure. Or, avec un taux horaire de 3.000 ariary pratiqué dans certains établissements, cela fait environ 150.000 ariary mensuel pour un enseignant qui tient trois classes. « Un salaire qui ne couvre que les frais de déplacement pendant trente jours » selon les explications de Tantely, une jeune enseignante. De quoi freiner donc la jeune génération dans l'exercice de ce métier pourtant si nécessaire au développement du pays.

Enseigner dans différents établissements. « Si on veut doubler notre revenu mensuel, nous devons travailler dans deux établissements différents », a confié cette même enseignante. « D'ailleurs, la majorité des enseignants, qu'ils soient déjà permanents dans une école ou non, recourent souvent à cette solution », a-t-elle ajouté. Ce qui pose parfois problème puisque le contrat de permanence signé avec un établissement stipule que l'enseignant doit toujours être disponible pour les besoins de l'école. « Choisir d'enseigner doit avant tout être une vocation et une passion, il ne faut pas espérer autre chose que la réussite des élèves et ce, malgré les difficultés du métier » pour madame Victorine. Ainsi, les élèves quand on leur demande leurs projets futurs, préfèrent pour la majorité se tourner vers des métiers qui font rentrer de l'argent. Ce qui peut se comprendre étant donné la situation actuelle, tout le monde souhaite réaliser des projets : construire une maison, épargner pour les études des enfants, passer d'agréables vacances en famille, équiper sa maison, ce que la plupart des gens ne peut se le permettre pour l'instant et encore moins les enseignants.

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