Ile Maurice: Baie-du-Tombeau - Une famille bientôt à la rue

Une sexagénaire et sa famille seront bientôt expulsées de leur maison située sur un terrain de l'État. Elles n'ont nulle part où aller et ne savent plus vers qui se tourner.

Cette petite maison au bord de la plage attire le regard. Pourtant, si on n'y prête pas attention, on pourrait facilement la rater. Située près du poste de police à Baie-du-Tombeau, cette maison en béton et tôle est entourée d'arbres et on ne la voit pas de la route. En passant par un petit sentier, on débouche sur la plage. C'est là qu'on rencontre Monique Marie. «Nous ne pouvons pas rester ici. Quand il pleut, la maison est inondée. En plus, avec les rats, on doit couvrir la nourriture tout le temps. Des enfants et une personne âgée habitent ici et peuvent tomber malades.»

En effet, ils sont 12 à partager les toilettes, la cuisine et la salle de bains. En entrant, au fond, il y a la pièce où sa belle-mère dort, et deux petites chambres qu'occupent ses enfants et cinq petits-enfants. Sa fille travaille de nuit et surveille sa nièce en bas âge le jour, quand sa belle-fille et son fils travaillent. Monique, 60 ans et retraitée, confie : «Ce peu d'argent-là, c'est surtout pour acheter des médicaments.» Son mari malade ne travaille plus et sa belle-mère, 87 ans, est atteinte de la maladie d'Alzheimer. S'ils ne trouvent pas vite un autre logement, tout ce beau monde sera expulsé.

Délai pour partir

Faisons un bond dans le passé. Trois ans de cela, la sexagénaire doit quitter la maison qu'elle louait près de l'usine St-Malo. Elle trouve refuge pendant un temps chez sa sœur, mais faute de place, elle s'en va à la recherche d'un autre logement. Par chance, un ami de son mari leur cède une maison sur la plage, à Baie-du-Tombeau. Pensant que tout est légal, ils paient Rs 3 000 par mois pendant un an avant de comprendre l'arnaque. En effet, des fonctionnaires du ministère du Logement et des terres les informent qu'ils n'ont pas le droit d'y rester car c'est un terrain de l'État. Le délai pour évacuer les lieux est fixé à janvier dernier. Quatre mois de cela, ils reçoivent un troisième avertissement, sans date précise cette fois.

Ce n'est pas faute d'avoir essayé mais Monique a du mal à trouver un logement. «On a cherché. Enfin, moi je ne peux pas trop ; je suis tombée et je souffre de douleurs aux pieds. Ma fille a cherché mais elle ne trouve pas. J'avais déjà économisé sur un compte PEL mais comme j'étais embarrassée, j'ai retiré l'argent.» Ses enfants ont essayé d'obtenir un crownland mais sans succès. Ne recevant aucune aide, ils n'ont nulle part où aller et aucun ami ou famille pour les aider. L'Assemblée de Dieu leur a, dans le passé, donné de la nourriture mais elle a récemment arrêté. Avec sa pension et l'aide de ses enfants, Monique dit être en mesure de payer un logement et lance un appel à l'aide au ministère du Logement.

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