Tunisie: Dépôt des candidatures pour les législatives sur fond de rivalités

22 Juillet 2019

Le dépôt des candidatures a commencé ce lundi. Les Tunisiens vont renouveler leur Parlement le 6 octobre. Les partis ont commencé à se mettre en rang de bataille... et à se chamailler en interne.

Les législatives du 6 octobre est présenté comme un test de démocratie, comme la présidentielle qui suivra en novembre.

"Nos bureaux sont prêts". Voilà ce que dit en substance le président de l'Isie, l'Instance chargée des élections en Tunisie, pour un dépôt des candidatures jusqu'au 29 juillet.

Nabil Karoui

Pourtant, le code électoral amendé n'a toujours pas été ratifié par le président Essebsi et jusqu'à présent c'est donc l'ancien code qui est toujours en vigueur.

Sa révision était destinée à empêcher notamment la candidature d'un magnat des médias, Nabil Karoui, un homme d'affaires très populaire malgré une action lancée en justice contre lui pour blanchiment d'argent.

Du rififi chez les islamistes

Chez les islamistes d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, l'ancien Premier ministre et chef de file du parti Ennahdha se présente à Tunis.

Sa candidature a suscité des luttes en interne, parce que Rached Ghannouchi a fait fi de la consultation des militants pourtant organisée dans les 33 circonscriptions électorales du pays.

Les sections locales dénoncent le centralisme du bureau politique.

Hatem Boulabiar, jeune membre frondeur d'Ennahdha, critique le manque de démocratie de ce processus de désignation : "C'est une question d'attitude: on est démocrate ou non."

Huit courants issus de Nidaa Tounes

L'autre grand parti tunisien, Nidaa Tounes, celui du président Essebsi, est loin de son succès de 2014. Ce parti aussi est rongé par des rivalités internes qui ont conduit huit partis différents à la scission.

Renouveau et manque d'engouement

Plusieurs médias prédisent une "vague de dégagisme" et l'arrivée de nouveaux visages à l'Assemblée, notamment des technocrates... mais les électeurs sont versatiles dans les études d'opinion ces derniers mois et risquent de ne pas être nombreux à faire le déplacement à l'isoloir, huit ans après la chute de Ben Ali.

La présidentielle aura lieu le 17 novembre, cinq petites semaines seulement après les législatives.

Le gouvernement tunisien va publier le mois prochain une nouvelle loi destinée à empêcher les imams d'aborder des sujets politiques durant la campagne. Et aux candidats de prendre la parole dans les mosquées.

Et puis une vidéo publiée la semaine dernière (17 juillet) et revendiquée par le groupe "Etat islamique" menace d'attaques djihadistes des endroits fréquentés par des touristes en Tunisie.

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