Cameroun: « Les réseaux sociaux font parfois de la science fiction »

Pietro Lazzeri, ambassadeur de Suisse au Cameroun.

Les relations entre le Cameroun et la Suisse sont connues comme étant dynamiques et variées. Quelles en sont les perspectives ? La Suisse et le Cameroun entretiennent des relations amicales, anciennes et très variées. Nous sommes actifs dans les domaines de la migration, politique, l'économie, l'humanitaire, la sécurité humaine et l'aide au développement. Entre les deux pays, c'est une belle plateforme que nous entendons développer dans certains domaines. Pour être concret, cette semaine nous allons avoir ici au Cameroun une délégation qui va finaliser un accord sur la double imposition des entreprises pour augmenter et renforcer les investissements des entreprises suisses au Cameroun, mais aussi les entreprises camerounaises en Suisse.

Dans le domaine migratoire, il y a un accord qui existe déjà et qui se développe bien. Nous souhaitons aller vers l'établissement d'un partenariat. Dans le domaine de la formation professionnelle, nous avons déjà des projets très importants que nous allons renforcer. La formation et l'économie sont deux domaines où on peut travailler ensemble. La sécurité humaine qui est aussi un domaine où nous sommes très actifs. Notamment dans la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest où la Suisse essaye d'appuyer les parties pour arriver au dialogue. Il s'agit de la facilitation. Le Cameroun connaît quand même un essor en matière de grands travaux d'infrastructures. Malheureusement, l'on ne voit pas la Suisse s'impliquer dans ce domaine. Qu'est-ce qui fait problème ? C'est un domaine qui nous intéresse bien sûr.

La trentaine d'entreprises suisses en activité au Cameroun sont plus impliquées dans l'agroalimentaire, mais elles opèrent aussi dans d'autres secteurs. Nous sommes présents dans la construction avec le ciment. La Suisse est bien connue pour son excellence dans le secteur des transports et l'énergie. Là aussi nous pouvons faire beaucoup de chose ensemble. La construction des routes et des aéroports nous intéresse, mais au Cameroun, c'est un marché libre. Il faut que les entreprises gagnent aussi les appels d'offres. Dans le domaine de la construction, les travaux qui ont été effectués par plusieurs entreprises au niveau logistique et infrastructurel, des entreprises suisses ont fourni des services. Par exemple, les matériaux, du ciment et la logistique. Mais, nous pouvons faire plus.

Notamment dans le domaine où la Suisse est plus connue dans le monde : le train. Nous pouvons envisager une coopération dans le rail. Le Cameroun et la Suisse sont deux partenaires depuis de nombreuses années. Comment comprendre les derniers incidents qui ont affecté le dernier séjour du président Paul Biya à Genève ? Les relations entre pays sont comme les relations entre personnes. S'il y a de la qualité, la qualité demeure. Je crois que les autorités suisses ont agi pour préserver trois choses. Tout d'abord la sécurité du chef de l'Etat. Deuxièmement, l'ordre et la loi publique en Suisse.

En troisième lieu, il y a les relations bilatérales. Comment les manifestants ont-ils pu accéder à l'hôtel où résidait le président camerounais ? Ce qui est important, c'est de toujours trouver un équilibre et nous croyons qu'à Genève nous l'avons trouvé entre le droit de manifester et le respect des lois suisses. La police, en l'occurrence de Genève, a dû intervenir quand les manifestants n'ont pas respecté l'endroit qui avait été assigné pour manifester. On entend un peu partout que le président Paul Biya a été éconduit de Suisse. Est-ce la vérité ? Les réseaux sociaux ont beaucoup d'opinions. Je ne travaille ni au Conseil fédéral suisse ni à la présidence de la République. La Suisse ne chasse pas de président. La Suisse applique des lois dont les réseaux sociaux font parfois de la science-fiction.

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