Afrique: EurAfrican Forum 2019 - Carrefour d'entrepreneurs ambitieux

Ils sont originaires du Bénin, du Botswana, du Cameroun, du Congo, du Ghana, du Kenya ou encore du Nigeria. Eux, ce sont ces jeunes loups aux dents longues qui croquent avec force le monde de l'entrepreneuriat. Eux, ce sont également ces hommes et femmes entre deux continents, parce que vivant en Europe ou aux Etats-Unis, mais nés de parents africains.

Cette double appartenance, ils en font leur principal atout. Leurs expériences entre deux terres sont nombreuses, et c'est avec enthousiasme qu'ils sont venus donner leur contribution à cette fusion d'énergies créatives convoquée à Cascais au Portugal, à l'occasion de la deuxième édition de l'EurAfrican Forum (4 au 5 juillet 2019). Erick Yong, ancien joueur de basketball, développe désormais l'esprit d'équipe dans un tout autre domaine, celui des start-ups. L'entrepreneur né en Allemagne de parents camerounais, actuellement le Président directeur général de GreenTec Capital Partners, a participé au panel numéro 4, intitulé : « Afrique, nouvelle frontière de l'investissement d'impact et de l'innovation ». Il a partagé son quotidien d'entrepreneur de la diaspora aux côtés d'autres jeunes Africains. Dans un entretien avec Cameroon Tribune, il dévoile les coulisses de son entreprise et ses aspirations.

Vous êtes à la tête de l'entreprise GreenTec Capital Partners qui accompagne les entreprises africaines dans leurs projets. Comment vous est venue l'idée de la créer ? GreenTec Capital Partners est né d'un constat : les véhicules d'investissement classiques ne sont pas adaptés aux pays africains. Aujourd'hui, il est difficile pour les entreprises du continent de trouver des compagnies désirant investir dans leurs projets, alors que dans la majorité des cas, leur premier besoin est d'ordre financier. Venant d'un environnement entrepreneurial, j'avais à cœur de développer un modèle d'investissement qui serait plus adapté aux entreprises en Afrique. Je me suis associé à un banquier allemand, et nous avons travaillé sur une approche où ce n'était pas seulement la question des finances la priorité, mais plutôt la création de valeurs entrepreneuriales.

Et c'est dans ce domaine que GreenTec Capital Partners œuvre actuellement. Nous avons une entité qui sert à mettre à disposition des experts opérationnels pour supporter les entreprises à hauteur d'une tranche de 100.000 Euros (près de 66 millions de F CFA), afin qu'ils développent leurs structures, et que derrière, ils puissent obtenir des investissements avec des critères plus standards. Nous avons constaté qu'il y avait beaucoup de besoins financiers pour la continuité des projets. C'est pourquoi nous créons aujourd'hui un fonds d'investissement de 85 millions d'Euros (près de 56 milliards de F CFA) qui intervient à la suite de ce support opérationnel. Etant d'origine camerounaise, j'ai un intérêt particulier pour l'Afrique. J'ai eu la chance de travailler et de collaborer avec des entrepreneurs à succès et d'apprendre.

C'est une opportunité d'échanger avec d'autres entrepreneurs et de leur faire bénéficier de cette expérience. Avez-vous des critères précis de sélection en ce qui concerne les entreprises avec lesquelles vous collaborez ? On s'oriente beaucoup vers tout ce qui est agriculture, parce que nous pensons que c'est un besoin stratégique pour l'Afrique. On regarde également tout ce qui est digital, parce qu'en Afrique il y a actuellement un challenge d'infrastructures, et la digitalisation permet de compenser cela en même temps qu'elle permet de s'adresser et d'aider plusieurs personnes à la fois.

On se penche également sur tout ce qui est ressources comme l'eau et l'énergie. Notre désir est de commencer à travailler avec des entrepreneurs qui ont déjà un pilote, les premiers revenus, une compréhension du marché, ainsi nous leur apportons les éléments complémentaires pour grandir. Quelle est la principale problématique rencontrée par ces jeunes entreprises qui ont parfois une durée de vie éphémère ? Les entrepreneurs doivent être conscients que se lancer dans un projet, c'est un long chemin où on place les premières pierres de façon à ce qu'on puisse en placer d'autres, ainsi de suite. Nous pensons que la culture entrepreneuriale doit de plus en plus être inculquée en Afrique. Il faut pousser tous les entrepreneurs qui ont une idée, un « business-model » à saisit les opportunités. Malheureusement, il n'y a pas chez la plupart des entrepreneurs africains, la capacité de voir plus loin et d'avoir ce recul quant à la longévité du business qu'on veut avoir.

Ce Forum Europe-Afrique vise à renforcer les liens entre les deux continents. Comment votre entreprise s'insère-t-elle dans cette politique ? En Allemagne, nous sommes le premier investisseur collaborant avec les start-ups africaines. Ce qui nous a donné une certaine légitimité par rapport à notre modèle d'investissement. Quand on a vu que ce modèle de support opérationnel combiné à des financements fonctionnait, on ne l'a pas gardé pour nous. Nous avons développé ce processus et nous l'avons partagé avec des entreprises et des entités en Afrique, qui à leur tour peuvent l'appliquer tout en utilisant nos ressources et nos financements afin d'aider d'autres entreprises. En procédant ainsi, nous contribuons en partageant une méthodologie qui tient en considération la valeur qu'une structure en Afrique peut apporter à des entrepreneurs. Ceci dans un cadre structuré qui leur permet de créer de la valeur pour l'entrepreneur, pour le partenaire local et pour nous en tant que groupe.

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