Afrique: La France reprend sa relation bilatérale avec le Burundi

(Photo d'archives) - Le projet du président Nkurunziza de briguer un troisième mandat a été qualifié d'inconstitutionnel.
22 Juillet 2019

Après une suspension de près de 4 ans, la France a repris discrètement début 2019 sa coopération bilatérale militaire avec le Burundi. Cette décision surprend car le pays est toujours sous le coup de sanctions de l'UE.

Cette information est longtemps restée secrète. Mais elle a été dévoilée mi-juin par l'actuel ambassadeur de France au Burundi, Laurent Delahousse, le 14 juillet lors de la célébration de la fête nationale française.

Selon M. Delahousse, à travers ce rapprochement, la France veut encourager le président Pierre Nkurunziza à ouvrir le jeu politique, dans la perspective l'élection présidentielle de 2020. Scrutin auquel, l'actuel président a promis ne pas participer. Mais cet argument ne convainc pas l'opposition, à l'image de Pancrace Cimpaye, coordonnateur du parti MSD en Europe (Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie fondé et dirigé par l'opposant Alexis Sinduhije) :

Selon une source proche de la Présidence burundaise et qui a requis l'anonymat, la coopération militaire se traduirait par la formation d'officier burundais en France et dans des institutions militaires sous-régionales, comme au Gabon ou au Sénégal. Mais pour l'analyste politique et spécialiste des questions de défense et de sécurités, Jean-Jacques Wondo, Paris veut surtout se repositionner dans la sous-région après une longue période d'absence :

"Depuis un certain temps, la France a été en quelque sorte chassée de la région. On peut compter à partir du génocide rwandais. C'est pour cela que le Burundi, malgré la situation qui s'y déroule, serait une porte d'entrée pour la France pour revenir discrètement dans la région. Mais la France est aussi présente militairement en Ouganda."

Dans le cadre de la reprise de cette coopération, la France a aussi octroyé au Burundi une aide directe à hauteur de 50 millions de dollars pour renforcer le secteur de l'éducation.

Sanctions de l'UE...

C'est en mars 2016 que l'UE a officiellement suspendu son aide directe au régime de Pierre Nkurunziza. La mesure a été prise en représailles des violences qui ont suivi la réélection en 2015 du président du Burundi après avoir brigué un troisième mandat que l'opposition et la société civile jugent illégale et illégitime.

Bruxelles avait maintenu tout de même son soutien financier à la population et son aide humanitaire.

Rappelons que l'UE est le premier partenaire extérieur du Burundi avec une aide globale estimée à 430 millions d'euros pour la période 2015-2020.

... renouvelées

N'ayant pas constaté d'amélioration du climat politique national, l'UE a décidé le 25 octobre 2018 de renouveler ses sanctions contre le régime de Pierre Nkurunziza. En plus de la suspension de son aide directe au pays, Bruxelles a reconduit l'interdiction de pénétrer sur le territoire de l'Union européenne de quatre pontes du régime qui auraient fait obstacle à la promotion de la démocratie ou faisant obstacle à la recherche d'une solution politique à la crise qui secoue le pays avec le gel de leurs avoirs financiers.

Violations des droits de l'homme

Par ailleurs, de nombreuses ONG de défense des droits de l'homme continuent de dénoncer dans des rapports, la persistance des cas de violation des droits de l'homme, notamment des arrestations arbitraires, les arrestations extra-judiciaires et les disparition forcées.

L'un des cas les plus emblématiques est celui de la disparition le 22 juillet 2016 du journaliste du groupe de presse Iwacu, Jean Bigirimana à Bugarama dans la province de Muramvya (Burundi). Pour commémorer ce triste anniversaire, les journalistes de ce groupe de presse ont organisé une cérémonie en son honneur à Bujumbura.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Deutsche Welle

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.