Burkina Faso: Dialogue politique national - Un petit pas vers la réconciliation nationale

Photo: Sidwaya
TRAVAUX DU DIALOGUE POLITIQUE

Ils ont tenu dans les délais. Et, fait rarissime, sans que grand-chose, ou rien filtre de cette rencontre. Sans doute les participants ont-ils verrouillé le déroulement des travaux et donné des consignes strictes. Pour peu, on se serait cru à un conclave dans le saint des saints, Kosyam, érigé en Chapelle Sixtine pour l'élection d'un pape.

Une semaine après l'ouverture du dialogue politique national entre l'Alliance de la majorité présidentielle et l'opposition, la fumée blanche, pour coller toujours au jargon vaticaniste, s'est élevée au-dessus de la présidence du Faso. Il s'est achevé comme il a commencé : en présence du chef de l'Etat, du Tout-Etat et des quarante « dialoguistes » qui avaient été commis par leurs chapelles politiques respectives.

Dans notre éditorial de mardi dernier, nous conjurions les convives de la salle polyvalente de Kosyam de savoir « transcender leurs petits intérêts partisans et calculs d'arrière-boutique à un an des élections pour n'avoir pour boussole que l'intérêt général ». Il faut croire que notre préoccupation a été la chose la mieux partagée par les deux coprésidents, Simon Compaoré et Zéphirin Diabré, et leurs troupes respectives.

En effet, les travaux ont pris fin sur une bonne note, les deux parties ayant pu accorder leurs violons sur la quasi-totalité des points inscrits à l'ordre du jour :

qu'il s'agisse, entre autres, de la relecture du Code électoral, du calendrier électoral, de l'élection au suffrage universel direct des présidents de Conseils de collectivités territoriales, de la CENI, de la situation sécuritaire, de la réconciliation nationale, de l'unité nationale, de l'autorité de l'Etat et de la cohésion sociale, majorité et opposition sont parvenues à des positions consensuelles.

Bravo donc à tout ce beau monde, car ce n'était pas gagné d'avance ! D'autant plus que l'on sait les crispations qui existaient auparavant, les rancœurs, voire les haines qui se sont cristallisées entre les acteurs politiques devenus comme des ennemis jurés. Malgré tout, ils ont su transcender leurs ressentiments pour sauver la mère-patrie qui vit depuis près de quatre ans une situation sécuritaire sans précédent dans son histoire et dont l'un des antidotes reste l'union sacrée de tous les enfants du Faso.

Pour autant, on aurait tort de faire preuve d'allégresse béate juste parce que les deux camps ont pu coucher quelque chose de beau sur le papier. Car ce n'est pas dès aujourd'hui qu'ils partiraient volontiers ensemble en vacances.

Après tout, chaque entité doit retourner au rôle qui est actuellement le sien : aux gouvernants de gouverner et à l'opposition de s'opposer de façon républicaine certes, mais de s'opposer quand même. Le but du jeu étant bien entendu d'apaiser le climat sociopolitique plutôt que de déboucher sur une démocratie lyophilisée où il n'y aurait que l'unanimisme sur tout.

La preuve, l'un des nœuds gordiens entre les deux camps n'a pu être tranché, car ils ne sont pas parvenus à une position consensuelle sur l'utilisation de la carte consulaire comme document de vote des Burkinabè de l'étranger, ainsi que l'opposition le réclame à cor et à cri.

La balle est maintenant dans le camp de l'initiateur de ce dialogue politique, le président Roch Marc Christian Kaboré, qui a pris l'engagement de « transmettre toutes les propositions consensuelles au gouvernement et au Parlement dans le respect des attributions respectives de toutes les institutions républicaines ».

Prenons-le donc au mot et espérons que ce petit pas que viennent d'effectuer Simon et Zéphirin, l'un en direction de l'autre, augure la réconciliation nationale.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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