Afrique: Les questions en débat au congrès scientifique sur le VIH-SIDA

Cinq mille chercheurs et scientifiques sont réunis à Mexico cette semaine pour parler du VIH/Sida, dans le cadre du plus gros congrès en la matière. L'occasion de faire le point sur les avancées de la recherche, et de présenter les nouvelles découvertes. Le contexte est particulier : la lutte contre la maladie progresse, mais bien trop lentement pour espérer la vaincre.

Alors que la recherche contre le Sida enregistre des avancées significatives, la situation évolue trop lentement pour espérer vaincre le fléau. Par endroits, elle se dégrade, même. Dans des pays instables politiquement, par exemple.

L'évolution de l'épidémie de VIH en Amérique latine, où le bilan est contrasté comme partout, est particulièrement analysée dans ce congrès mexicain. La tendance y est à la baisse, mais avec de fortes disparités régionales.

Le Venezuela inquiète les scientifiques, même si des mesures ont été mises en place. « Ceux qui sont restés font face à des systèmes de santé défaillants », explique Brenda Crabtree-Ramirez, responsable scientifique de cette conférence.

Conférence mondiale sur le VIH-Sida de Mexico: la situation vénézuélienne en question 23/07/2019 - par Simon Rozé Écouter

L'un des enjeux majeurs discuté dans la communauté scientifique à Mexico concerne le dépistage. Trop de personnes ne connaissent pas encore leur statut dans le monde. En Afrique de l'Ouest, une personne séropositive sur deux.

Or, sans traitement, ces personnes peuvent transmettre à leur tour la maladie. Une des solutions envisagées serait de leur proposer de se tester elle-même. Par exemple, les personnes qui gravitent autour des « populations clés ».

Cela concerne notamment les clients de prostituées, comme l'a démontré une étude en Côte d'Ivoire. Un programme de distribution de 500 000 « autotests » va être lancé dans trois pays : Côte d'Ivoire, Mali et Sénégal.

Les populations clés, les travailleuses du sexe mais également les homosexuels sont donc toujours autant frappées par le virus. Pour la première fois l'an dernier, ces dernières ont représenté la majorité des nouvelles contaminations par le VIH.

Discriminées, elles sont trop souvent laissées à la marge des programmes de soin. « Des pays criminalisent le VIH, les travailleurs du sexe, les usagers de drogue, les personnes LGBTQ. Ça n'aide en rien », lâche Shannon Hader, d'ONUSIDA.

Dans ce domaine, la science ne peut pas grand-chose. En Europe de l'Est, les populations clés sont concernées par 95% des nouvelles infections. Et aux États-Unis, 43% d'entre elles surviennent dans la communauté noire américaine.

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