Cote d'Ivoire: Droits de l'Homme - Les populations d'Attécoubé expriment leurs griefs au CNDH

23 Juillet 2019

Insécurité grandissante, manque de marché, coûts trop élevés des magasins, absence de projets pour la jeunesse, chômage, misère... Selon toute vraisemblance, les populations de la commune d'Attécoubé broient du noir.

Au cours d'une rencontre d'échanges qu'elles ont eue le lundi 22 juillet 2019, dans les locaux de la mairie d'Attécoubé, avec le Conseil national des droits de l'homme (Cndh), les populations n'y sont pas allées avec le dos de la cuillère pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de leurs autorités. Notamment, à la mairie et aux forces de l'ordre.

« Nous avons le sentiment que le bien-être de la population est le dernier souci de la mairie d'Attécoubé. Depuis plus de 7 ans, on n'a plus de marché à Attécoubé. Figurez-vous, on nous fait croire qu'il est en construction.

Mais on ne voit rien pointer à l'horizon. Nous sommes obligés de squatter des espaces çà et là. Et chaque fois, on nous chasse comme des moins que rien. On ne sait plus où aller vendre nos marchandises.

On a besoin d'un marché digne de ce nom », lance Mme Ouattara Nadjatta, la cinquantaine révolue. Et une autre femme d'ajouter: « il est impossible pour les pauvres de louer des magasins à Attécoubé.

Les box de 1,8 m2 coûtent 300 000 Fcfa par mois. Il y a des endroits où ils sont à 400 000 Fcfa par mois. C'est trop cher pour nous. Il faut les réduire ».

Traoré Ibrahima, un jeune de la commune, affirme pour sa part, que l'insécurité est devenue pratiquement un fait banal à Attécoubé. « Les "microbes" agressent tous les jours au vu et au su de tout le monde.

Mais nous ne pouvons pas réagir, car chaque fois que nous les prenons et que nous les conduisons au commissariat, ils ressortent le lendemain.

Et se montrent encore plus violents. Nous avons l'impression que les forces de l'ordre de la commune refusent de protéger la population. C'est d'ailleurs ce qui nous a poussé à manifester récemment », affirme-t-il.

Daouda Adama dénonce le désordre au niveau des syndicats de transporteurs. « Il y a trop de syndicats de transporteurs à Attécoubé. Et cela fait désordre ».

Autre préoccupation évoquée par les jeunes, le chômage. « La mairie ne fait rien pour nous aider à avoir de l'emploi. Nous sommes livrés à nous-mêmes. Il n'y a aucune opportunité d'emploi à Attécoubé », déplore Ibrahim Diarrassouba.

Pour sa part, la présidente du Cndh, Namizata Sangaré, a promis qu'un rapport sera fait au gouvernement pour qu'une solution soit trouvée à ces préoccupations.

« C'est le gouvernement qui nous envoie vers vous pour recueillir vos principales préoccupations, susceptibles de susciter des conflits dans la commune.

Nous voulons en fait comprendre les causes profondes des conflits dans le pays, afin de les désamorcer. Nous avons déjà visité plusieurs localités à l'intérieur du pays. Notamment, Anyama, Béoumi, Abengourou, Ferkessédougou, Aboisso, Tengrela, Touba », a-t-elle expliqué.

Elle a, en outre, demandé aux populations d'éviter, en dépit de ces griefs, de poser des actions violentes ou d'incivisme. « Attécoubé a toujours fait preuve de patience. Continuez sur cette lancée. Nous avons pris bonne note de vos griefs.

Nous allons adresser au gouvernement un rapport sur chaque localité visitée. Evitez la violence, la désobéissance vis-à-vis des autorités.

Par ailleurs, nous aurons une séance de travail avec vos autorités pour leur soumettre vos préoccupations. Faites-nous confiance ! », a-t-elle assuré.

La rencontre s'est tenue en présence du conseiller municipal Traoré Yaya.

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