Gambie: Témoignages accablants contre Yahya Jammeh - Crimes horribles d'un pratiquant atypique

24 Juillet 2019
analyse

Atypique ! C'est sans nul doute le qualificatif qui convient le mieux au président gambien déchu, Yayha Jammeh. Connu pour ses excentricités, l'ex-locataire de State House prétendait guérir le Sida par des moyens sans aucun fondement scientifique, grâce aux seules «connaissances de sa famille » en médecine traditionnelle et «aux enseignements du saint Coran ».

Il cachait aussi un visage beaucoup plus hideux qu'on ne pouvait le soupçonner. En effet, non seulement l'on n'a jamais vu clair, malgré les demandes d'explications des acteurs de la lutte contre l'épidémie, dans la composition de son fameux remède miracle prétendument censé guérir « la maladie du siècle », mais celui qui tenait son pays aussi d'une main de fer, ne laissait pas de place à la contestation si fait que personne n'osait mettre en doute sa parole dans son pays, sous peine d'essuyer son courroux.

Yahya Jammeh est en train d'être rattrapé par son passé

Mais depuis la chute suivie du départ en exil du dictateur, à la faveur de la présidentielle de 2016 remportée par Adama Barrow, les langues commencent à se délier.

Son prétendu remède contre le Sida n'est pas loin de se révéler être une arnaque, et bien des atrocités de l'ex-homme fort de Banjul, commencent aussi à remonter à la surface. Ainsi, aux révélations faites sur l'assassinat du journaliste Deyda Hydara en 2004, viennent s'ajouter les cas de viols, d'abus et de violences sexuelles dénoncés par Human Right Watch.

Plus récemment, ce sont des témoignages glaçants et accablants qui ont été portés contre l'ex-chef d'Etat. Des témoignages portant sur la mort de migrants de plusieurs nationalités africaines froidement exécutés sur ordre de Jahya Jammeh qui voyait le danger partout, et qui avait traité ces derniers de mercenaires.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Yahya Jammeh est en train d'être rattrapé par son passé. Et ces témoignages accablants viennent s'ajouter à la liste déjà longue des excès et autres atrocités qui ont émaillé les deux décennies de règne du natif de Kanilaï.

Des crimes horribles d'un pratiquant atypique qui apparaissait presque toujours en public, chapelet et Coran en main, et qui était même arrivé à dire que « le Coran sera la seule Constitution en Gambie ».

Mais ses actes étaient visiblement aux antipodes des recommandations du Livre Saint. C'est pourquoi, au-delà des apparences, on se demande bien quel Dieu priait Yahya Jammeh dont la face hideuse apparaît de jour en jour, à la lumière de ces révélations troublantes.

De quoi gêner aux entournures son hôte équato-guinéen, le président Teodoro Obiang, qui lui a offert gîte et couvert dans son exil forcé, face à la soif de justice de ses victimes dont la liste ne fait que s'allonger.

En tout cas, l'on se demande quelle sera la réaction de l'homme fort de Malabo, face à ces révélations qui constituent autant de nouvelles tuiles sur la tête de son hôte.

Le natif de Kanilaï ne doit pas échapper à la Justice des hommes

Car, pour faire le deuil des leurs, les familles des victimes ont besoin que justice soit rendue. Et inspirées de l'exemple du procès de Hissène Habré, certaines victimes parmi ses compatriotes qui ne désespèrent pas de voir leur ancien président répondre de ses actes devant la Justice, ont, au lendemain de sa chute, lancé en 2017, avec le soutien d'organisations internationales de défense des droits humains comme Human Right Watch et Trial International, une « campagne internationale pour le procès de Yahya Jammeh et de ses principaux complices ».

Tout le mal qu'on leur souhaite, c'est que cette initiative puisse aboutir. Actes systématiques de torture des opposants politiques et des journalistes, exécutions extrajudiciaires, viols, détentions arbitraires et autres disparitions forcées, Yahya Jammeh a fait trop de mal à ses compatriotes pour espérer s'en tirer à bons comptes.

En tout état de cause, l'on espère que comme bien des grands criminels de l'histoire, Yahya Jammeh n'échappera pas à son passé sulfureux qui est en train de resurgir petit à petit, et finira par répondre de ses actes.

D'autant que, depuis sa chute, l'ex-homme fort de Banjul n'a jamais fait acte de contrition pour toutes les exactions et autres atrocités qu'il a commises.

C'est pour toutes ces raisons que le natif de Kanilaï ne doit pas échapper à la Justice des hommes, en attendant le jugement d'Allah qu'il prétendait craindre par- dessus tout, mais dont il n'hésitait pas à torturer et à terroriser les créatures.

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