Somalie: Le pays a toujours besoin de l'aide de la communauté internationale, souligne un expert indépendant de l'ONU

25 Juillet 2019

La communauté internationale doit continuer d'aider la Somalie à renforcer ses institutions ainsi que le secteur de la justice et de la sécurité avant les prochaines élections, a déclaré Bahamé Tom Nyanduga, l'Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans ce pays.

« La Somalie a fait des progrès considérables dans les domaines socio-politiques, économiques et des droits de l'homme au cours des six dernières années, mais il reste encore beaucoup à faire », a indiqué M. Nyanduga à l'issue d'une visite d'une dizaine de jours dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Au cours de sa mission de 12 jours, M. Nyanduga s'est rendu à Mogadiscio, à Hargeisa et à Nairobi où il s'est entretenu avec des représentants du gouvernement fédéral et du Somaliland, ainsi qu'avec des représentants des Nations Unies, de l'AMISOM, des bailleurs de fonds et de la société civile.

L'expert indépendant onusien a félicité le peuple somalien pour sa résilience face aux attaques terroristes, aux catastrophes naturelles, aux violations graves des droits de l'homme et aux problèmes de la pauvreté et du manque de biens de première nécessité. « La Somalie doit également faire face à de nombreux autres problèmes, notamment la persistance des conflits, les inégalités, la discrimination et le chômage des jeunes, ainsi que le respect des droits socio-économiques et culturels », a déclaré M. Nyanduga.

Mettre fin au problème endémique de la violence sexuelle

L'expert onusien a exprimé sa préoccupation sur le retard pris dans la création de la Commission nationale des droits de l'homme et concernant le manque de progrès sur le projet de loi sur les infractions sexuelles. Il a ainsi appelé à agir pour mettre fin au problème endémique de la violence sexuelle et sexiste, en particulier les allégations de viols collectifs à travers le pays. « Une réponse judiciaire et policière forte contribuera grandement à l'élimination de la violence sexuelle liée aux conflits et d'autres formes de violence sexiste », a-t-il déclaré.

M. Nyanduga a exhorté le gouvernement fédéral et le parlement fédéral à s'attaquer en priorité à ces problèmes afin de renforcer la protection des droits de l'homme dans le pays. Il a également insisté sur l'importance de respecter le droit à la liberté d'expression et d'opinion des journalistes dans un contexte où des informations font état d'actes d'intimidation, d'arrestations arbitraires et de harcèlement persistants.

L'expert a invité la communauté internationale à accorder une attention particulière à la crise de l'eau, qui est source de conflits meurtriers réguliers en Somalie, et à aider le gouvernement à trouver des solutions durables à long terme. « L'accès à l'eau est une nécessité fondamentale de la vie et un droit humain fondamental, et contribuera de manière significative à la paix et à la réconciliation entre les clans », a-t-il souligné.

De façon générale, il a exhorté la communauté internationale et le gouvernement fédéral somalien à s'attaquer aux effets négatifs du changement climatique sur la population et à garantir l'accès aux droits de l'homme fondamentaux tels que droits à la santé et l'éducation pour tous les enfants, en particulier pour les filles.

Un nombre croissant de femmes au parlement et au gouvernement

A l'issue de sa visite en Somalie, M. Nyanduga a salué le nombre croissant de femmes au parlement et au gouvernement, insistant sur l'importance de la participation des femmes aux affaires publiques, à la paix et à la réconciliation, ainsi qu'à la prise de décisions sur des sujets qui les concernent directement.

A cet égard, il a exhorté le parlement fédéral à inclure dans le projet de loi électorale un mécanisme spécifique visant à garantir la représentation des femmes, des clans de minorités et d'autres groupes vulnérables au Parlement, plutôt que de laisser cette tâche à la commission électorale. « Si ce n'était pas le cas, on risquerait de perdre les acquis de 2016 », a-t-il mis en garde.

L'expert s'est également félicité de la création de centres d'arbitrage des conflits dans plusieurs États de la Somalie. Ces centres jouent un rôle de plus en plus essentiel dans le règlement des affaires civiles locales. Par ailleurs, M. Nyanduga a fait état de progrès dans plusieurs domaines, notamment le recouvrement du territoire par les forces de sécurité somaliennes, les troupes de l'AMISOM et les forces bilatérales. L'expert présentera les conclusions de sa mission dans un rapport détaillé qui sera présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en septembre.

L'ONU condamne les attaques terroristes à Mogadiscio

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et son Représentant spécial en Somalie, James Swan, ont condamné les attaques terroristes meurtrières perpétrées mercredi dans la capitale Mogadiscio.

Des attentats ont visé les bureaux de l'Administration régionale de Benadir et aux alentours de Villa Somalia, la présidence du pays. M. Swan venait de rencontrer le gouverneur de Benadir et maire de Mogadiscio, Abdirahman O. Osman, juste avant les attaques.

« Le Secrétaire général adresse ses sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes », a déclaré son porte-parole adjoint, Farhan Haq, dans une déclaration publiée mercredi soir.

M. Guterres a réitéré le soutien total et la solidarité des Nations Unies avec le peuple et le gouvernement fédéral somalien. « L'ONU reste déterminée à aider le peuple somalien dans sa quête de paix, de stabilité et de développement », a souligné M. Haq.

Note :

Les Expert indépendants font partie de ce que l'on appelle les Procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les Procédures spéciales - qui rassemblent le plus grand groupe d'experts indépendants du système des droits de l'homme de l'ONU - est l'appellation générale donnée aux mécanismes indépendants d'établissement des faits et de surveillance du Conseil, qui traitent soit de la situation particulière de pays, soit de questions thématiques dans le monde entier. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire. Ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et siègent à titre individuel.

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