Congo-Brazzaville: Pénurie de carburant - Les pompistes exigent des pots de vin avant de servir

Brazzaville, capitale du Congo, vit depuis quelque temps la pénurie de carburant. Aucune déclaration officielle de la part des responsables en charge du secteur.

Si pour certains, la pénurie vécue au mois de juin semblait être imputée à la collusion de deux trains marchandises, au village Ngondji, près de Pointe-Noire, celle que vivent actuellement les Brazzavillois demeure inexpliquée.

En effet, bien que quelques véhicules de livraison des produits pétroliers procèdent à des livraisons dans certaines stations-services, les longues files d'attente ne désemplissent guère. Une situation qui laisse interrogateurs les automobilistes souvent obligés de passer des heures d'attente pour espérer pourvoir leur réservoir d'un peu de carburant et circuler pendant un petit moment.

Dans le même temps, les langues se délient. Selon les observateurs et au regard de ce que vivent au quotidien la plupart des conducteurs, il ressort de tous que cette pénurie relève en partie des pompistes qui, disent-ils, créent la surenchère afin de se faire des poches.

Taxés d'être de mèche avec les « Khadaffi » (vendeurs occasionnels et de contre-bande), les pompistes exigent et même imposent, pendant la période de rareté du carburant, le paiement des sommes allant de 1000 à 3000 FCFA en fonction de la quantité demandée par le client.

Soudoyer pour être servi

« Pour un bidon de 25 litres d'essence, il m'a fallu verser un pourboire de 2000 FCFA au pompiste qui me l'a imposé avant même de me servir », nous a confié un chauffeur de taxi rencontré dans un point de vente au centre-ville.

« Les agents de l'ordre qui sont postés dans la plupart sont parfois à l'origine de ces magouilles. Ils introduisent, moyennant quelque chose, certains chauffeurs non alignés au détriment de ceux qui, parfois, font la queue des heures durant », précise un autre chauffeur visiblement embarrassé.

Selon de nombreux témoignages recueillis auprès des chauffeurs qui se disent abusés par les comportements des pompistes, ces derniers attendent les soirs pour faire la loi.

Le dernier cas en date de l'attitude des pompistes est celui vécu par un automobiliste, en date du 29 juillet, aux environs de 19 heures, toujours au centre-ville. Une jeune dame de service imposait à tout acheteur de carburant (Gasoil ou essence), le paiement d'une somme supplémentaire avant de se faire servir. « Bidon ou réservoir, na za na posa ya mbongo », disait-elle sans gêne. Ce qui se traduit par : « Que tu aies le bidon ou ta voiture, j'ai besoin d'argent ».

Sans doute en complicité avec son chef de vente terré quant à lui dans son bureau, celle-ci ne cessait de faire des va-et-vient vers son supérieur pour, certainement avoir son avis sur des cas où il lui semblait difficile d'exiger la rançon.

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