Algérie: Limogeage du ministre de la justice L'arbre ne doit pas cacher la forêt

M. Zeghmati Belkacem, ancien Procureur général de la Cour d'Alger, est nommé nouveau ministre de la justice en Algérie
31 Juillet 2019
analyse

La nouvelle a surpris plus d'un si fait que d'aucuns ont vite fait de parler de coup de tonnerre dans le ciel algérien. En effet, le président par intérim, Abdelkader Bensalah, a mis fin, hier, 31 juillet 2019, aux fonctions de Slimane Brahimi, jusque-là ministre de la Justice.

Quelles peuvent être les raisons de ce limogeage soudain et surprenant qui intervient à un moment où les autorités algériennes sont aux abois ; en témoignent les manifs de rue hebdomadaires ?

Difficile d'y répondre, tant la présidence algérienne n'avance officiellement aucun motif. Pour le moins, on sait que le désormais ex-Garde des Sceaux est soupçonné d'avoir voulu protéger un de ses ex-mentors en la personne de Tayeb Louh impliqué dans plusieurs scandales de corruption et d'agir dans les intérêts du Général Ghali Belkecir, par ailleurs ex-patron de la gendarmerie algérienne.

Si l'on en croit les médias algériens, Slimane Brahimi « vouait effectivement une allégeance à la famille Belkecir» qui a propulsé son fils et ce, sans grande expérience ni mérite professionnel, à la tête d'un tribunal sensible et stratégique en Algérie.

D'aucuns voient dans l'opération mains propres en cours en Algérie, une pure diversion

En guise de reconnaissance, celui qui était jusqu'hier, ministre de la Justice, a camouflé toutes les plaintes et tous les dossiers compromettants à l'égard de l'épouse de l'ex-patron de la gendarmerie nationale qu'il consultait, du reste, dans ses prises de décisions importantes.

De quoi apporter de l'eau au moulin des contestataires dont l'une des revendications principales est « l'accomplissement de l'indépendance de la Justice algérienne ».

La rue algérienne a donc raison quand elle demande le départ de tous ceux-là qui, depuis une vingtaine d'années, sont aux affaires. Tout se passe, en effet, comme s'il s'agit d'une mafia organisée qui dirige le pays avec pour souci principal, de se servir et non de servir le peuple algérien.

Et c'est peu dire que le cas Brahimi n'est pas isolé. L'arbre ne doit pas cacher la forêt. Car toutes les autorités intérimaires, à commencer par Abdelkader Bensalah et Ahmed Gaïd Salah qui, soit dit en passant, rejette les propositions du panel de médiateurs, ne sont pas exempts de reproches et n'ont plutôt pour souci que de protéger leurs arrières.

C'est pourquoi d'aucuns voient dans l'opération mains propres en cours en Algérie, une pure diversion destinée à desserrer l'étau autour des dirigeants de la transition.

B.O

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