Congo-Kinshasa: Ébola à Goma - Kigali ferme sa frontière, Kinshasa objecte

À la suite du décès d'un deuxième cas d'Ébola et la détection d'un troisième à Goma, les autorités rwandaises ont décrété la fermeture de leur poste frontière avec interdiction de leurs ressortissants de se rendre au chef-lieu du Nord-Kivu. Une décision plutôt mal digérée par Kinshasa.

Une année après, la maladie à virus Ébola continue à faire des ravages en République démocratique du Congo (RDC), précisément en Ituri et au Nord-Kivu où l'on ne cesse de compter les morts. La ville de Goma, chef-lieu de la province Nord-Kivu, qui était jusque-là épargnée, vit des moments de psychose depuis le décès d'un cas confirmé d'Ébola et la confirmation d'un troisième cas de cette épidémie. Une situation qui a jeté le trouble parmi les habitants qui redoutent une propagation à vaste échelle de l'épidémie avec toute se conséquences qui pourraient en résulter.

Au Rwanda voisin où les nouvelles sont parvenues, les reflexes de protection ont vite été développés. À Kigali, l'on redoute que la maladie qui a déjà atteint Goma ne puisse traverser la frontière. À la grande et petite barrière, deux postes frontaliers entre les Gisenyi et Goma, les entrées et sorties sont, depuis lors, interdites du côté rwandais. La circulation des personnes, de part et d'autre de la frontière, connaît quelques perturbations qui plombent les activités commerciales dans la région.

Entre Goma et Gisenyi, la traversée est interdite, à la suite de la décision des autorités rwandaises de fermer le poste frontière. Les commerçants qui ont gagné la grande et petite barrière le jeudi 1er août n'ont hélas pu traverser. La restriction leur imposée tend à détruire, en un clin d'œil, plusieurs années d'investissements. Nonobstant les assurances des équipes de riposte qui continuent d'affirmer que la ville de Goma est hors danger après la découverte d'un troisième cas d'Ébola, Kigali reste figée sur sa position.

La décision des autorités de Kigali a été mal accueillie par Kinshasa qui l'a qualifié d'unilatérale tout en dénonçant sa non-conformité avec la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la libre circulation des personnes dans la région. « Les citoyens rwandais ne peuvent pas sortir pour Goma, tandis que les Congolais, eux, peuvent sortir de Gisenyi mais interdits d'y entrer. Cette décision préjudicie plusieurs Congolais et expatriés qui vivent à Gisenyi mais travaillent à Goma », peut-on lire dans le communiqué publié, à cet effet, par la présidence de la RDC.

Du côté des officiels rwandais, on continue de nier l'effectivité de la mesure prise. Une position qui contraste avec plusieurs témoignages des Congolais tenus en respect à la frontière par une police rwandaise apparemment aux ordres. C'est sur ces entrefaites qu'une réunion entre les autorités congolaises et rwandaises a été annoncée pour évoquer les dispositions à prendre en vue d'éviter la propagation du virus Ebola au Rwanda et dans toute la région des Grands lacs. Notons qu'un an après la déclaration officielle de l'épidémie, le cumul des cas est de deux mille sept cent un dont deux mille six cent sept confirmés et quatre-vingt-quatorze probables.

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