Cameroun: « Nous fonctionnons pratiquement sur le service minimum »

Claude Misse Ntone, directeur des transports ferroviaires.

M. le directeur, quels sont les défis du secteur ferroviaire au Cameroun en ce moment ? L'un des défis majeur, c'est la relance du secteur surtout la relance de l'activité voyageur avec l'Intercity entre Douala et Yaoundé. Depuis l'accident du 21 octobre 2016, ce train qui desservait les deux grandes métropoles a arrêté ses activités. Il est donc question de relancer ce secteur entre autres cet itinéraire. Il y a également le renforcement du transport de la ligne du Nord (Yaoundé-Ngaoundéré). Car aujourd'hui, nous fonctionnons pratiquement sur le service minimum. A côté, il y a les lignes dites sociales, ce sont les trains omnibus qui font les lignes Douala-Yaoundé, Belabo-Ngaoundéré et Mbanga-Kumba.

Je dois dire que depuis l'accident ferroviaire d'Eseka, il y a eu certes une baisse de régime dans le secteur mais l'activité continue. Il y a des mesures prises, à savoir l'acquisition des matériels roulants en cours, les travaux de renouvellement de la voie en cours et ceux envisagés. Il faut juste être un peu patient. La question des infrastructures et du matériel roulant est revenue sur la table du Comifer mercredi dernier. Est-ce qu'il y a des recommandations qui sont allées dans le sens du renouvellement de ces wagons voyageurs ? Avant l'accident d'Eseka, l'Etat s'était engagé dans un vaste programme d'acquisition du matériel roulant. Il y a eu l'acquisition des quarante voitures, dont certaines étaient impliquées dans ledit accident mais il était prévu par la suite l'acquisition de modules autorails et de quinze autres voitures. A terme on aurait 55 voitures et ces modules autorails.

Aujourd'hui, avec la situation que nous venons de décrire, l'Etat s'est à nouveau engagé dans un programme d'acquisition de 9 locomotives, 25 voitures voyageurs et 5 modules autorails. Ceci pour répondre à la demande assez forte des populations. En marge de ce vaste programme, l'Etat a entrepris la réhabilitation de 11 voitures du parc de l'ancienne Régifercam. Beaucoup de choses sont faites. Concernant les quatre locomotives dédiées essentiellement au transport voyageur, le chef de l'Etat a signé en janvier deux décrets d'habilitation, les conventions de financement sont signées et nous en sommes là aux dernières diligences avant la mise en vigueur du financement et nous espérons pouvoir accueillir ces locomotives au Cameroun dans les tout prochains jours.

Les voitures également sont assez avancées, elles devraient commencer à être fabriqués dans les prochains mois une fois que toutes les diligences y afférentes auront été accomplies. Nous nous projetons aujourd'hui par rapport au CHAN 2020 et à la CAN 2021. Donc, nous espérons croire que d'ici que ces événements-là aient commencé, le secteur ferroviaire pourra jouer sa partition. Depuis le début de l'année, on a enregistré des morts au niveau des passages à niveaux suite aux collisions, de mesures sont-elles envisagées ? Il y aura davantage des morts si on ne fait pas attention. Il y a une loi qui régit la police des chemins de fer qui précise que l'emprise ferroviaire doit être contenue à 35 m de chaque côté de la voie.

Mais aujourd'hui sur certaines parties du réseau notamment à Douala, on a des maisons, des commerces à proximité de la voie ferrée. Il y a des réflexions qui sont en cours. On a des bailleurs qui financent certains de nos projets, ils ne comprennent pas qu'on puisse déguerpir des gens sans les recaser mais la question est prise très au sérieux et elle revient à tous nos comités. On voudrait trouver des solutions définitives. Nous avons évoqué le fait d'associer les autorités traditionnelles et administratives pour la sensibilisation et la veille aussi.

Le Cameroun à travers le financement de la Banque mondiale vient d'automatiser six passages à niveaux, il est question de mettre en exploitation ces ouvrages qui vont permettre d'assurer la sécurité des personnes et d'éviter des cas de collision. Seulement le problème est plus lié aux passages à niveaux clandestins mais aussi à ceux autorisés qui ne sont pas aménagés ou gardés. Il est question en mener une étude pour avoir la situation de tous les passages à niveaux et remédier à la prolifération de ces ouvrages qui sont pour la plupart accidentogènes.

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