Congo-Kinshasa: François Grignon - «La solution au problème des ADF n'est pas que militaire»

communiqué de presse

- Le Représentant spécial adjoint ad intérim du Secrétaire Général de l'ONU en charge de la Protection et des Opérations, François Grignon, a achevé une visite de trois jours à Beni-ville et Territoire. Cette visite lui a permis d'écouter différents interlocuteurs qui ont exprimé leurs préoccupations concernant l'insécurité à Beni, particulièrement la problématique du groupe armé « Forces démocratiques alliées », ADF.

Au cours d'une rencontre avec une trentaine de femmes membres des organisations féminines, M. Grignon a été interpellé sur les souffrances des femmes du Nord-Kivu et celles du territoire de Beni en particulier. « Nous sommes les victimes directes de l'insécurité, nous sommes victimes à 80 pour cent, des massacres, kidnappings, mais aussi des violences sexuelles », a dit Albertine Mambo Zawadi, l'une des femmes participantes à la rencontre.

Sans ambages, elle a appelé la Brigade d'Intervention de la Force de la MONUSCO (FIB), « à se mettre en action », conformément à son mandat, pour sauver ce qui peut l'être encore. Mme Zawadi a insisté aussi sur le cas des enfants devenus actuellement la cible des ADF. « C'est un danger que Beni soit la zone de recrutement et de formation des enfants pour renforcer des groupes terroristes... C'est pourquoi l'intervention de la MONUSCO est importante », a-telle plaidé.

Le message de la société-civile de Mayi-Moya, zone en partie désertée par la population à cause de l'insécurité causée par les ADF, que François Grignon a également visitée, a été le même. « Nous voulons la paix... pour cela, nous voulons plus d'engagement de la FIB », ont dit les membres de la société-civile reçus par le chef adjoint de la MONUSCO.

La localité de Mayi-Moya dispose d'une base opérationnelle de la FIB installée au milieu d'une forêt dense, où il est presque impossible de distinguer une forme humaine, en plein jour à plus de 10 mètres. Là-bas, le contingent sud-africain, constitué d'une centaine de soldats aguerris avec une vingtaine de femmes, fait de la domination de terrain pour dissuader l'ennemi, installe des bases temporaires au besoin pour assurer la sécurité des civils dans les petits villages, faits des patrouilles pédestres et motorisées de nuit comme de jour et sécurise les marchés hebdomadaires.

La société civile locale reconnait ces efforts, mais elle demande plus : Engager les ADF pour qu'ils quittent la région afin de permettre aux populations de retrouver cette paix perdue depuis des lustres. Comme leurs collègues de Beni, ils ont demandé que des négociations soient ouvertes avec les ADF, si les actions militaires ne donnent pas les résultats escomptés.

François Grignon a dit comprendre les préoccupations de ses interlocuteurs. Concernant l'appel à la négociation avec les ADF, il a été aussi clair : « la solution n'est pas que militaire, mais le dialogue seul ne suffit pas, face à un mouvement qui a de l'armement militaire. Il faut donc une conjugaison de moyens », a-t-il dit, avant de conclure : « Il faut que les opérations reprennent. Et il y a la volonté pour ce faire, tant au niveau des autorités nationales que de notre côté ».

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