Centrafrique: L'utilisation du mercure dans l'exploitation de l'or est un danger pour les populations

En Centrafrique, une commission d'enquête parlementaire recommande l'arrêt de l'exploitation des mines d'or à Bozoum où quatre sociétés chinoises détiennent ces mines. Les députés évoquent un "désastre écologique".

Les conclusions de la commission parlementaire sont très alarmantes. Selon elle l'exploitation de l'or par les entreprises chinoises à Bozoum provoquent de graves conséquences. Au sein des populations riveraines, "les cas d'avortement sont en augmentation depuis la pollution" par exemple.

Les députés notent également la multiplication des décès dans les villages de pêcheurs et les difficultés d'accès à une eau propre à la consommation explique Roland Achille Bangué-Betangaye, rapporteur de la commision d'enquête parlementaire.

"Notre constat a été désolant dans la mesure les cours d'eau ont été endommagés de part et d'autre. Donc, nous avons rendu compte dans un document rendu public recommandant au gouvernement de demander aux entreprises chinoises d'arrêter immédiatement leur exploitation et de voir dans quelle mesure changer leur système d'exploitation."

Arrêt immédiat de l'exploitation de diamant et d'or à Bozoum

Selon la commission, ces entreprises minières chinoises n'ont pas respecté les règles environnementales. Conséquences : les poissons du fleuve ne sont plus dans l'eau et la santé de ceux qui vivent le long du fleuve est menacée par l'utilisation du mercure et du chlore. C'est ce qu'explique le député Bernard Dillah, chef de mission de l'enquête parlementaire.

"Nous avons fait ce travail parce que juridiquement les textes nous donnent cette possibilité et comme il y avait des plaintes des plaintes reccurentes de la population. Donc nous avons mis en place cette commission pour essayer de faire la lumière sur le problème. Dans le rapport, nous avons émis des recommandations. Et avec les résultats de l'analyse de l'eau, je crois que les autorités vont essayer de prendre au sérieux les recommandations que nous avons faites pour trouver une solution."

Le gouvernement a déjà annoncé l'arrêt de l'exploitation illicite et dangereuse des mines par les Chinois. Il reste à savoir pour combien de temps cette mesure sera maintenue et quelles seront les dispositions prises pour aider les villageois touchés par le problème.

L'utilisation des produits nocifs dans les mines répandue en Afrique

C'est le cas aussi au Mali où Mory Moussa Kanaté dirige l'Association malienne pour les activités environnementales pour la Sauvegarde de l'Environnement. Son organisation lutte contre l’utilisation du mercure et autres produits dangereux dans les mines d'or. "Les populations elles-mêmes ont commencé à sentir les impacts négatifs sur leur santé : le nombre de fausses couches a augmenté ces dernières années. Il y a de nouvelles maladies qui apparaissent chez les Hommes et les animaux. L'eau des puits leur donne des maux de ventre etc. Donc nous sommes entrain de les sensibiliser pour l'interdiction de l'utilisation du mercure et autres produits nocifs dans leur zone."

Forte concentration du mercure

Les scientifiques du laboratoire Lavoisier de Bangui, soutenu par l'Unesco, ont relevé une concentration de mercure quatre à vingt-six fois supérieure à sa valeur admissible dans les eaux de la rivière Ouham.

Dans sa déclaration du 27 juillet, le ministre des Mines avait vivement réagi face aux accusations de la commission d'enquête parlementaire qu'il qualifie de "manipulation politique ". Mais pour le député Jean Pierre MARA "l'Assemblée nationale a une responsabilité dans la mesure où le président sortant avait demandé la relecture de l'article 60 de la constitution - qui demande à l'Assemblée nationale de donner des autorisations au gouvernement dans le cadre des contrats miniers, forestiers etc.

A l'époque dit-il , la Cour constitutionnelle, avait purement et simplement modifier l'alinéa relatif au rôle de l'Assemblée dans l'analyse des conditions d'attribution des permis d'exploitation des ressources minières. "En dehors de la responsabilité institutionnelle, il y a aussi une responsabilité individuelle, communautaire et patriotique", conclut Jean Pierre MARA.

Sur le même sujet, regarder la vidéo ci-dessous : La ruée vers l'or fait des victimes au Ghana

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