Congo-Brazzaville: Installations sportives - Gymnases et stades dans le noir pour non - paiement des quittances

Les installations sportives de qualité dont le Congo a obtenu, à la fois pendant les municipalisations accélérées et l'organisation des 11es Jeux africains, sont privées d'électricité depuis plus d'un trimestre à cause du non- règlement des quittances qui s'élèvent à une importante somme d'un milliard.

La triste situation dans laquelle se trouvent les temples de sports congolais est la conséquence d'un manque de dialogue franc entre d'une part les gestionnaires de sports et le principal fournisseur en électricité d'autre part. Les enquêtes menées par la rédaction des Dépêches de Brazzaville témoignent à quel point les deux se rejettent la balle.

Le directeur des installations sportives est très remontée contre la façon de faire de l'E2C qui n'alimente plus les stades et gymnases sous tutelle du ministère des Sports et de l'éducation physique depuis presque trois mois. Selon lui, ces installations sont privées d'électricité parce qu'elles ont été classées dans la catégorie des grands consommateurs. « Ces ouvrages ne peuvent fonctionner qu'avec l'électricité. C'est étrange que nos amis de l'Energie électrique du Congo nous considèrent comme étant des grands consommateurs alors que ces installations ont été construites pour utilité publique », a expliqué Bernard Pépin Boungoula aux Dépêches de Brazzaville.

Ce qui est d'utilité publique, a-t-il indiqué, l'Etat ne tire aucun profit. Il confirme que ces installations ne sont pas utilisées à but lucratif. Elles sont mises à la disposition de la population congolaise à travers les associations pour qu'elles s'exercent dans le domaine du sport. Non approvisionnés en électricité, ces équipements sportifs pourraient prendre un grand coup, a dit Bernard Pépin Boungoula.

«... le matériel électronique qui s'y trouve risque de prendre un coup parce qu' il n'y a pas de courant. Il y a le matériel qui ne peut pas rester six jours sans être branché ne fût-ce que pour l'entretien. Aujourd'hui tout est dans le noir. Les amis de l'ex- SNE doivent se pencher du côté de la raison », a-t-il souhaité. Et de poursuivre : « Nous ne faisons pas du commerce. Si nous demandons un franc symbolique aux usagers qui veulent utiliser c'est pour l'entretien. Il y a des sanitaires, des vestiaires, donc il faut acheter les déodorants. Ces installations, c'est après cinquante ans d'indépendance que nous venons de les recevoir, elles ne doivent pas subir parce que la SNE a été privatisée », a-t-il déclaré.

Selon les informations mises à notre disposition, toutes les installations sportives du pays manquent actuellement d'électricité à cause d'une dette qui s'élève à un milliard de francs CFA que le ministre des Sports et de l'éducation physique doit faire face. « Nous sommes autour d'un milliard. Quand les amis chinois ont gagné les marchés des grands travaux pour réaliser la construction de ses ouvrages, ils ont pris des branchements en électricité. Pourquoi toutes ses dettes sont reversées au ministère des Sports(... ) », a-t-il notifié.

E2c denonce le manque de collaboration

Le directeur commercial de l'Energie électrique du Congo (E2C), Cyriac Abdon Mossongo Moudzanga, a apporté les précisions quant aux propos tenus par l'actuel directeur des installations sportives. Pour lui, l'Energie électrique du Congo, (E2C), créée des cendres de la Société nationale d'électricité est une société de gestion de patrimoine électrique de l'Etat congolais qui gère a titre transitoire l'installation du service public de l'électricité. Elle ne bénéficie pas des subventions de l'Etat comme c'était le cas avec la SNE. Sa gestion étant purement privée, E2C a le même statut que MTN, Airtel...

L'une des raisons qui ont conduit à la dissolution de la SNE, a-t-il expliqué, sont les contre-performances de l'ancienne société sur tous les plans. La nouvelle société, a-t-il dit, se doit de faire les résultats. C'est ainsi que pour assainir la situation commerciale de l'entreprise, «notre ancien directeur général, M. Louis Kanoha Elenga avait adressé une correspondance au ministre des Sports en ce qui concerne le recouvrement des créances au sein des infrastructures sportives de la République. Ce courrier date du 24 août 2018. Lorsque ce courrier a été adressé, une commission mixte a été mise en place entre les deux structures pour faire le point des créances de toutes les installations. Les équipes conjointes ont travaillé et nous sommes arrivés à arrêter les créances de ses structures. Malheureusement, nous n'avons pas pu conclure un procès-verbal ... nos amis du ministère des Sports ne voulaient pas payer les consommations de l'électricité ».

Cyriac Abdon Mossongo Moudzanga a même affirmé que la société avait débuté les négociations avec le département des Sports. L'objectif de E2C, a-t-il rappelé, n'était pas de suspendre la fourniture de l'électricité dans ses installations. E2C voulait que les deux parties s'accordent sur le montant de la dette afin que le ministère des Sports prenne conscience de l'engagement de payer avec les maigres moyens issus des recettes. « Le 16 avril 2019, notre directeur général adjoint a fait une première correspondance de rappel au directeur de cabinet du ministre des Sports... Nous avons annexé ce courrier avec l'état récapitulatif des impayés de ses différentes installations sportives de tous le pays», a-t-il laissé entendre.

Le directeur commercial de l'Energie électrique du Congo a ajouté que cette dette augmente au fil des jours. « Nous avons reçu l'accusé de réception de la dernière lettre datant du 29 avril mais, jusqu'à présent, nous attendons toujours la réponse. Chaque jour qui passe, le montant augmente, il est mieux que le ministère collabore avec nous ». La franche collaboration, c'est ce qui a manqué durant ces derniers mois.

Bernard Pépin Boungoula l'a par ailleurs reconnu que samedi dernier pour des raisons de mises au vert des Diables rouges cadets qui doivent se rendre en Italie pour un tournoi, le centre de formation a payé 400 000 francs à l'E2C afin que l'électricité soit rétablie pour une période de 30 jours.

Par ailleurs, le directeur commercial a reconnu que lors du décès du Pr Henri Joseph Parra les responsables du gymnase Nicole- Oba avaient fait un acompte parce que la cérémonie d'hommage était programmée dans ce gymnase. « Nous avons rétabli l'électricité pour permettre à ce que la manifestation se passe bien. C'est le cas avec le gymnase Henri-Elendé où se déroulait une compétition de volleyball », a-t-il commenté.

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