Maroc: Ingénieur informatique, un oiseau de plus en plus rare au Maroc

La chaîne Arte met en lumière la forte mobilité des compétences marocaines en France dans le domaine du web

Chaque année plus de 600 ingénieurs informatiques quitteraient le Maroc pour se rendre en Europe, et principalement en France, selon un reportage réalisé par la chaîne franco-allemande «Arte». Intitulée «Maroc : l'économie numérique en manque de cerveaux», la vidéo survole en moins de 3 minutes un phénomène qui va crescendo depuis quelques années, au point que les entreprises du secteur informatique et de la communication se trouvent confrontées à un besoin de plus en plus comblé par des ingénieurs informatiques venus d'autres pays africains.

«Plus de neuf Marocains sur dix se disent prêts à quitter le Maroc pour chercher un meilleur avenir à l'étranger». C'est par ce constat que les auteurs entament leur reportage, avant de s'attarder sur Zakaria, un jeune Marocain ayant choisi de devenir développeur web «en connaissance de cause, explique-t-on. Encouragé par la multiplication des offres sur les réseaux sociaux, des salaires trois fois supérieurs en France, et de meilleures conditions de vie.

Cette opportunité est généralement proposée par des cabinets de recrutement qui font le pont entre les start-up françaises et les jeunes développeurs web marocains. Comme l'a décrit Zakaria dans le reportage, il suffit de répondre à une offre d'emploi sur Internet ciblant des Marocains, Tunisiens et autres Algériens, diplômés en ingénierie informatique. Dans le cas du Maroc, s'ensuit un entretien groupé dont les résultats sont révélés le jour même. Pour les candidats retenus, tout est pris en charge par l'employeur français. Procédure de visa accélérée, billet d'avion et aide à l'installation.

En fin de compte, et à la lumière de ses éléments, il n'est pas très étonnant que les jeunes Marocains lorgnent un avenir meilleur ailleurs. Toutefois, cela n'est pas sans conséquences, comme l'a assuré, dans ledit reportage, le PDG d'une société exerçant dans le domaine de la technologie de l'information : «C'est un problème sérieux puisque les derniers chiffres font état de plusieurs centaines de profils qui quittent le territoire chaque année. Il faut faire attention pour trouver un bon équilibre et ne pas dépouiller tout un pays de ce type de profil. Car l'Europe a aussi besoin que des pays comme le Maroc puissent se développer».

En tout cas, une chose est sûre : la pénurie constatée au niveau des ingénieurs informatiques a offert l'occasion à des jeunes issus d'autres pays africains, à l'instar de Fréjus. Cet Ivoirien a assuré au micro d'Arte que l'Europe n'est pas l'unique choix qui existe : «On a toujours tendance à croire que pour nous, le meilleur c'est d'aller en Europe, mais au Maroc aussi il existe de très belles opportunités».

Enfin, la chaîne franco-allemande conclut son reportage en émettant de forts doutes sur la capacité des ingénieurs africains à résorber le besoin croissant dans ce domaine. Et de souligner que le gouvernement français planche sur un projet de partenariat avec le Maroc. Objectif : inciter les talents marocains à revenir au Royaume pour faire profiter leur pays de l'expérience qu'ils auront acquise dans les grands groupes français.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Libération

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.