Libye: Guerre - Vers une ouverture d'un front au sud?

Photo: RFI
Des forces de l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar affrontent des jihadistes dans la zone d'une marché de Benghazi, le 20 mai (image d'illustration).

En Libye, la frappe qui a eu lieu dimanche 4 août au soir contre le quartier Al-Qalaa à Morzouk reste entourée de beaucoup d'incertitudes, notamment sur son bilan. Le gouvernement de Tripoli attribue cette frappe au camp de son adversaire, le maréchal Haftar.

Il parle de « dizaines de morts et de blessés parmi les civils », ce qu'aucune source indépendante ne confirme. Une chose est sûre, la guerre en Libye semble prendre un nouveau tournant avec la multiplication des frappes aériennes à l'intérieur du pays, surtout dans le sud.

Les combats qui ont débuté il y a une semaine, à l'intérieur de l'oasis de Mourzouk, située à 900 km au sud de la capitale, sont manifestement liés à ceux qui ont lieu à Tripoli.

Selon le porte-parole de l'armée nationale libyenne (ANL), c'est Moussa Hassan al-Tabaoui, qui a été visé par les frappes de Mourzouk. Pour l'ANL, cet homme ferait partie des blessés.

La semaine dernière, les combats ont commencé, quand al-Tabaoui, un chef de milices Toubou, nommé par Tripoli, à la tête d'une force « protection du sud », est entré à Morzouk en usant de la force.

Des violences ont alors eu lieu, conduisant à la mort de plusieurs personnes dont des civils. Cette ville était aux mains de Khalifa Haftar depuis février dernier.

Une escalade programmée

Cet épisode des frappes à Morzouk intervient juste quelques heures après d'autres frappes de l'ANL.

Des drones ont alors visé un centre situé à Sdada, au sud-ouest de Misrata. Six personnes ont été tuées et pas n'importe lesquelles. Parmi eux figurent au moins quatre responsables jihadistes, localement connus pour leur appartenance aux groupes extrémistes chassés de l'est.

Le général al-Mabrouk al-Ghazoui, de l'ANL, explique que ces frappes ont permis de prévenir une attaque de la base militaire d'Al-Joufra au sud. Selon lui, les jihadistes avaient en leur possesssion des drones turcs qui ont également été détruits.

Début de l'escalade en juillet

Cette propagation des frappes à d'autres villes du pays a débuté à la fin du mois dernier. Le 27 juillet, des drones partis de Misrata ont réussi à détruire des avions de transport d'Ukraine, tuant un aviateur ukrainien, en frappant la base militaire d'Al-Joufra au sud, une base de l'ANL.

La réponse des forces du maréchal Haftar est arrivée à l'aube du 28 juillet. Des drones de l'ANL ont alors visé pour la première fois la piste de l'aéroport de l'académie militaire de Misrata.

Des frappes qui ont été renouvelées ce mardi 6 août et qui ont visé « des moyens de défense anti-aériens ainsi qu'un très grand avion turc transportant des munitions, des drones et des missiles polyvalents », a indiqué sur Facebook le centre d'information des forces pro-Haftar.

Selon le général al-Mabrouk al-Ghazoui, les miliciens touchés appartenaient aux conseils de Choura d'Ajdabya, de Darna et de Misrata, aux brigades de défense de Benghazi voire même à al-Qaida.

Il précise que les milices n'hésitent pas à se lier aux terroristes à chaque fois que leurs intérêts se conjuguent contre leur « ennemi commun » c'est-à-dire, les forces de Khalifa Haftar.

La précision de ces frappes de l'ANL, et les personnes qui ont été visées depuis le début de l'offensive de Khalifa Haftar, sont dues selon des observateurs à des renseignements qui lui sont fournis par des intelligences étrangères.

Ces extrémistes se cachaient dans le centre de lutte contre le terrorisme constitué en 2016 durant la guerre contre l'organisation État islamique à Syrte.

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